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Le Grand Prix du Canada est sauvé!

Martin Leclerc - Journal de Montréal
18/11/2003 06h01 

Le Grand Prix du Canada est enfin sauvé! Le promoteur montréalais Normand Legault, appuyé par les gouvernements fédéral et québécois, vient de s’entendre avec Bernie Ecclestone sur le montant d’une compensation financière qui permettra aux dix écuries de F-1 de continuer de courir à Montréal malgré l’interdiction de commandites du tabac.

Il s’agit d’une très grande victoire pour Legault, qui se démène depuis plus de trois mois pour éviter que le nom de Montréal soit rayé du calendrier du championnat du monde à cause de l’entrée en vigueur des dernières dispositions de la loi antitabac.

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    À l’heure de tombée, hier, le promoteur montréalais n’avait pas encore retourné nos appels.

    Toutefois, dans le milieu des grands constructeurs d’automobiles, tant en Europe qu’en Amérique du Nord, la réinscription définitive du Grand Prix au calendrier de 2004 s’était répandue comme une traînée de poudre durant toute la journée.

    Les écuries ont en effet été informées qu’il n’y a plus d’astérisque figurant au côté du nom du Grand Prix du Canada et que l’épreuve sera disputée le 13 juin 2004 comme prévu.

    Depuis le mois d’août dernier, les grands constructeurs impliqués en F-1 avaient fait l’objet d’un lobbying intensif et inusité de la part des deux paliers de gouvernement, dont les ministres Jean-Marc Fournier (Québec) et Martin Cauchon (Ottawa) avaient même visité le paddock du Grand Prix de Hongrie.

    En septembre, l’appui d’une majorité de constructeurs à la survie du Grand Prix avait incité Bernie Ecclestone à retourner à la table de négociations, comme cela avait été annoncé en primeur dans nos pages.

    Depuis ce temps, le tsar de la F-1 tentait de négocier avec Legault un montant compensatoire permettant aux écuries de revenir courir à Montréal sans qu’elles puissent souffrir de l’impossibilité d’afficher leurs commandites de cigarettes.

    Ecclestone recevra plus de 20 millions $ US

    Selon les informations recueillies par le Journal de Montréal, les parties se sont finalement entendues sur une compensation avoisinant les 30 millions de dollars canadiens, soit un peu plus de 20 millions $ US.

    À moins qu’un spectaculaire revirement soit survenu au cours des dernières semaines, il semble que Legault devra personnellement assumer plus de la moitié de cette somme.

    Le dernier scénario à l’étude faisait état d’une participation conjointe de 5 à 8 millions $ US de la part de Québec et d’Ottawa.

    Cette compensation de 20 millions $ US sera versée seulement cette année. Cela signifie que jusqu’à la fin du contrat liant Legault et Ecclestone, en 2006, les monoplaces de F-1 continueront de circuler sur l’île Notre-Dame sans publicité de cigarettes, et sans que les écuries reçoivent de compensation supplémentaire.

    Bernie Ecclestone, qui souhaitait au départ recevoir une compensation de 30 millions $ US, déboursera de sa propre poche le manque à gagner des écuries, s’il y a lieu.

    18 Grand Prix ? Pas sûr…

    Ce règlement tardif (la majorité des billets du Grand Prix se vend durant la période des fêtes) est attribuable à l’accumulation d’une foule de facteurs et circonstances qui ont parfois joué en faveur du Canada.

    Outre la pression exercée par les constructeurs et les manufacturiers impliqués en F-1, on note que la survie de plusieurs autres Grand Prix a été remise en question au cours des dernières semaines.

    Au Brésil, un tribunal de première instance vient d’interdire aux autorités municipales de São Paulo d’injecter de l’argent dans le Grand Prix de 2004, à cause des importantes pertes financières encourues cette année.

    La cause a été portée en appel mais pour l’instant, il faut considérer qu’il n’y aura pas de Grand Prix au Brésil l’été prochain.

    Par ailleurs, le Grand Prix de France est toujours sur la corde raide en raison des difficultés financières de son promoteur.

    Enfin, si les problèmes politiques qui font rage au Moyen-Orient ne s’apaisent pas rapidement, il semble que la première édition du Grand Prix de Bahreïn (la troisième épreuve de la saison 2004) puisse être annulée.

    Le royaume de Bahreïn est en effet situé à deux pas de Ryad, la capitale de l’Arabie saoudite, qui a récemment été secouée par de violents attentats terroristes.

    Il est donc loin d’être acquis que 18 épreuves figureront au calendrier l’an prochain.


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