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À Subban de décider…

Journal de Québec
Yvon Pedneault
26/01/2012 02h20 
Canadiens - À Subban de décider…
P.K. Subban aime être sous les projecteurs. 
© Jocelyn Malette/ Agence QMI


PK. Subban est un jeune homme qui a une confiance inébranlable en ses moyens. Sinon, oserait-il défier Randy Ladouceur?

J'écoutais le jeune défenseur de 22 ans alors qu'il fournissait des explications après qu'il eut essuyé les remarques pas très flatteuses de l'entraîneur-adjoint.

Il expliquait que cela appartient au monde du sport. Que Ladouceur avait sans doute raison d'agir ainsi... mais il s'empressa d'ajouter qu'il y aura d'autres échanges entre les deux hommes.

Provocation? Arrogance? Personnalité?

À vous de choisir et vous aurez sans doute raison. P.K. accepte les reproches de Ladouceur, mais dans les faits, il soutient qu'il a raison. Donc, Ladouceur peut lever le ton, il ne dérange pas Subban. Arrogance? À 22 ans, habituellement, on se comporte comme un athlète qui étudie les règles du jeu, un athlète qui se prépare à prendre les guides, mais qui a encore besoin d'un peu de temps. P.K. n'a pas de temps à perdre. C'est à sa façon ou on repassera.

Personnalité? On admettra qu'il dérange bien du monde, que ce soit dans le vestiaire ou encore dans les bureaux administratifs. Cependant, c'est lui et on peut toujours dire qu'il faut le changer, qu'il faut lui faire entendre raison, mais veut-il changer? P.K. Subban aime ce qu'il est.

Au cours des derniers jours, outre les deux discussions animées avec Ladouceur, Subban fait la manchette parce que, soudainement, son nom anime les rumeurs et les habitués des réseaux sociaux. Les observateurs de la Ligue nationale gardent aussi l'oeil ouvert sous prétexte qu'à Montréal, si on a échangé Michael Cammalleri au lendemain de sa déclaration incendiaire, pendant encore combien de temps va-t-on donner l'absolution à un défenseur de 22 ans?

L'ABSENCE DE MARKOV

Le problème dans ce dossier, c'est que le Canadien est dans une situation inconfortable. Andrei Markov est sur la touche et au train où vont les choses, on a le droit de se demander s'il jouera un autre match avec le Canadien. Ma foi, ça fait deux ans qu'on ne le voit plus. Par conséquent, Subban est le seul défenseur qui montre de belles qualités, même s'il connaît une saison bien en deçà des attentes.

Il va commettre des erreurs. C'est un défenseur à risques, comme l'est Erik Karlsson avec les Sénateurs ou comme l'a toujours été Mike Green avec les Capitals. Ils sont des joueurs spectaculaires, parfois flamboyants, mais ils sont aussi capables du pire.

Il faut vivre avec leurs qualités comme il faut savoir composer avec leurs défauts. Ce que fait si bien Paul MacLean avec Karlsson.

Dans son intervention avec les membres de la presse, Subban disait: «Je ne peux pas contrôler les rumeurs à mon sujet. Moi, j'ai un boulot à faire, je tente de bien le faire. Montréal est une ville particulière pour un hockeyeur, mais c'est une ville que j'aime.»

Politicien sur les bords, mais aussi très sûr de lui-même aussi. C'est ce que les jeunes athlètes pensent de plus en plus et ils le disent très souvent à mots couverts comme c'est le cas pour le défenseur du Canadien. Si ça ne fait pas ici, ça fera ailleurs. Pas de doute.

IL CONTRÔLE LA SITUATION

Par contre, je ne suis pas d'accord avec Subban quand il affirme qu'il ne contrôle pas les rumeurs de transaction. Au contraire.

Son style particulier, sa personnalité particulière, ses agissements particuliers font qu'il est un athlète qui se démarque et qui provoque. Subban aime provoquer. C'est clair. Il adore être sous les projecteurs. Quand il y a de la controverse, joue-t-il à l'autruche? Pas du tout.

Au contraire, il se pointe devant les caméras et les projecteurs, il répond à toutes les questions. Il contrôle la situation. On a beau dire qu'il a 22 ans, mais il a appris rapidement à retenir l'attention parce que c'est un rôle qui lui plait. Il sait que plusieurs de ses coéquipiers détestent sa façon de faire.

Mais, c'est P.K. Subban. Ça ne le préoccupe aucunement.

Donc, il manipule la vérité quand il précise qu'il ne peut pas contrôler les rumeurs. C'est faux. S'il se comportait comme un athlète de pointe de 22 ans qui a encore beaucoup à apprendre et qui veut vraiment exercer un impact majeur au sein de sa formation, il prendrait les grands moyens pour obtenir un statut de joueur étoile.

Il s'agit d'un long processus. Pour certains, ça prend quelques années. Pour d'autres, c'est plus rapide.

P.K. Subban est-il bousculé par le temps ? Le Canadien a-t-il créé un environnement qui ne lui permet pas de lever le pied de temps à autre ? On veut qu'il soit bon, on veut qu'il se démarque des autres, on lui donne les missions les plus difficiles. On l'expose aux meilleurs trios de l'adversaire.

UN RÔLE QU'IL DÉSIRE

On lui demande d'être un joueur unique sans lui donner l'occasion de souffler un peu.

Mais, c'est un rôle qu'il adore. On lui donne beaucoup de responsabilités, parfois trop pour un jeune athlète, mais c'est ce qu'il désire.

L'expérience est parfois un professeur cruel. P.K. Subban s'en fout. On peut reprocher une foule de choses aux décideurs du Centre Bell, à Pierre Gauthier et à ce penseur de Bob Gainey, mais il n'y a qu'une personne qui va décider de son avenir à Montréal.

C'est P.K. Subban. Le Canadien lui a donné ce privilège...




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