Membres Canoe.ca

Chronique

Éviter le pire

Journal de Québec
Yvon Pedneault
10/11/2011 02h53 
Chronique - Éviter le pire
Les Oilers ont choisi l’extrême parce que leur marché ne s’y opposait pas. 
© Reuters


On observe les Oilers et on se demande si le Canadien n'aurait pas dû emprunter la même voie pour relancer la concession.

Montréal étant Montréal, ce n'était pas l'option à envisager. Les amateurs ont été habitués à l'excellence. Pendant des années, l'organisation fut l'une des plus prolifiques du sport professionnel.

Elle fut un modèle pour les autres équipes.

Depuis 1995, alors que Serge Savard était cavalièrement chassé des bureaux administratifs, on ne peut pas dire que l'organisation a gâté les partisans. Il y a eu quelques moments exaltants, il y a deux ans entre autres, alors que le Tricolore atteignit la finale de l'Association de l'Est, mais le parcours des 16 dernières années a été marqué par bien des déceptions.

La meilleure solution n'aurait-elle pas été de cesser de col-mater des brèches avec des joueurs passablement usés? Ou encore des anciennes vedettes rendues au bout de leur carrière? N'aurait-il pas été préférable de prendre un virage complet et de bâtir avec des choix de repêchage, avec des joueurs talentueux, avec des patineurs voués à un bel avenir?

Pas à Montréal.

Mais vous savez quoi?

Le Canadien aurait pu se bâtir une équipe de premier plan s'il avait démontré un meilleur jugement dans l'embauche du personnel et aussi dans le recrutement des jeunes joueurs.

Les Oilers ont choisi l'extrême parce que leur marché ne s'y opposait pas. Les partisans des Oilers ont connu de belles années avec Gretzky, Messier, Kurri, Anderson et compagnie. À partir des années 90, après la dernière conquête de la coupe Stanley avec Messier, ils ont tenté de composer avec des vétérans, avec des joueurs rejetés par d'autres organisations.

Ils ont cherché à maintenir certains standards, mais les joueurs autonomes n'avaient aucun intérêt à débarquer dans le Nord de l'Alberta, comme ils n'avaient pas d'intérêt à s'arrêter à Montréal, parce que, disaient-ils, l'équipe n'allait nulle part. Les Oilers, donc, ont choisi de faire le grand ménage.

Ils ont prévenu les amateurs que ce serait une expérience passablement dure et frustrante, mais avaient-ils vraiment le choix? Non.

PAS ENVISAGEABLE

Cette perspective, elle était également à la portée du Canadien, mais les dirigeants n'ont jamais voulu l'envisager. Il fallait trouver un moyen pour améliorer les standards et ça passait avant tout par une administration dynamique, brillante et rusée.

Pas sûr que Bob Gainey ait rempli ce mandat.

Pierre Gauthier? Attendons encore.

Sous le régime Gainey, l'organisation aurait pu faire des pas de géants. Mais, on a loupé plusieurs opportunités d'ajouter des joueurs qui auraient exercé un impact au sein de l'équipe.

On a négligé également un marché particulier, un marché qui se démarque de tous les autres de la Ligue nationale en raison de sa culture. On a fermé les yeux sur le produit local.

Pendant plusieurs saisons, il n'y avait aucun recruteur à temps plein attaché à la couverture de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, alors qu'à l'époque de Serge Savard, Ça aurait été un sacrilège de ne pas couvrir les activités de la ligue. Au cours de son passage comme directeur général, Savard et son groupe n'ont rien accompli de bien spectaculaire en première ronde, mais grâce à une couverture élargie de la LHJMQ, ils ont pu compenser avec des patineurs comme Claude Lemieux, Stéphane Richer, Patrice Brisebois, Patrick Roy, Sergio Momesso, des joueurs sélectionnés en deuxième ronde.

Des athlètes qui ont largement contribué aux succès de l'équipe.

Imaginez un instant si le Canadien avait recruté Patrice Bergeron, il y a quelques années, et s'il avait arrêté son choix sur Claude Giroux, un Franco-Ontarien jouant à Hull au lieu de David Fisher.

Imaginez un instant si Bob Gainey avait écouté André Savard plutôt que de lui tourner le dos, Savard qui insistait pour que le Canadien repêche le centre Jeff Carter plutôt que Andrei Kostitsyn.

Ou encore si Gainey avait recruté Zach Parise. Ou encore Ryan Getzlaf, ou Corey Perry.

FAIRE LES BONS CHOIX

Ajoutons ces noms à ceux de Max Pacioretty, de Carey Price et de P.K. Subban, vous avez une équipe passablement différente. L'arrivée de ces joueurs aurait évité des erreurs comme celle d'échanger Ryan McDonagh aux Rangers pour Scott Gomez. Le défenseur américain est aujourd'hui considéré comme le deuxième meilleur arrière de cette équipe. On n'aurait sûrement pas dépensé une fortune pour faire l'acquisition de Brian Gionta.

Ç'aurait donné comme possibilité, et je pense aux deux premiers trios:

Max Pacioretty avec Claude Giroux et Michaël Cammalleri. Également, Erik Cole avec Patrice Bergeron et Zach Parise.

À la défensive, P.K. Subban aurait éventuellement retrouvé Andrei Markov. Et Ryan McDonagh évoluerait possiblement avec Josh Gorges.

Par conséquent, il n'est pas toujours nécessaire de faire un virage complet comme l'on choisit de le faire les Oilers d'Edmonton. Il faut savoir composer avec les éléments.

Il faut aussi comprendre le marché dans lequel on travaille...

C'est ça le secret.

* * *

GUY DESORMEAUX: UN CRÉATEUR

C'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris le décès de Guy DesOrmeaux, l'un des grands artisans du succès du Réseau des Sports. Guy était le grand manitou de la programmation en compagnie de l'unique Gaston Laporte. Avec le président Gerry Janneteau, il plongea dans l'inconnu avec toute son expérience et avec l'expertise acquise après plusieurs années à Radio-Canada.

Il fut un conseiller. Il fut un ami.

Il fut un patron qui tendait une oreille attentive à tous ceux qui lui demandaient des conseils ou encore à tous ceux qui avaient des suggestions pour améliorer le produit.

Il n'est pas demeuré longtemps à RDS, mais il a passé suffisamment de temps pour s'assurer que le réseau avait été lancé sur la bonne voie...

Il était là sur la galerie de la presse du vieux Forum pour le lancement du hockey de la LNH à RDS, il était là pour s'assurer que tout irait bien pour Pierre Houde et moi. C'était une nouvelle aventure et il adorait ce genre de défi.

Il en était fier.

À la famille éprouvée, j'offre mes plus sincères condoléances. Le sport à la télé vient de perdre un grand serviteur...




[an error occurred while processing this directive]
  DANS LE SPORT
[an error occurred while processing this directive]
Dossiers
[an error occurred while processing this directive]