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Chronique

Opportunistes et intelligents

Journal de Québec
Yvon Pedneault
10/10/2011 02h46 
Chronique - Opportunistes et intelligents
Solide devant le filet du Canadien, le gardien Carey Price a gâché le party des partisans des Jets. 
© Reuters


Plusieurs ont payé un prix de fou pour assister à ce match historique. Le Canadien versus les Jets à Winnipeg après plus de 15 ans d’absence. On ne pouvait choisir un meilleur scénario d’autant plus que le commissaire Gary Bettman fut celui qui suggéra que le visiteur pour l’occasion soit le Tricolore.

Pourtant, celui qui avait le meilleur siège dans l’édifice, hier, n’a pas versé un seul rond. Au contraire, on le paie pour occuper une place privilégiée. Carey Price a gâché le party, pas de doute. On pensait bien que le Canadien, après un revers à Toronto, jeudi soir, alors se faire matraquer par une équipe soulevée par un public bruyant, enthousiaste, célébrant le retour de la Ligue nationale au Manitoba.

On se disait que les joueurs des Jets – les ex-Thrashers – allaient envahir le territoire du Canadien comme des enragés, qu’ils allaient frapper les petits défenseurs adverses, qu’ils avaient toutes les conditions gagnantes de leur côté.

Sauf que le Canadien, dans l’adversité, réserve parfois des surprises.

Que Price ait été le meilleur joueur du match n’étonnera pas. Le Canadien a gagné un match comme il le fera en plusieurs occasions au cours du calendrier régulier. C’est sa marque de commerce. Un gardien brillant.

Une défense fragile, mais qui sait répliquer au bon moment.

Une attaque qui frappe si on lui offre l’opportunité de s’évader et d’aller tester le gardien adverse.

Et un groupe qui profite des largesses des officiels.

Que s’est-il passé en début de rencontre ? Les partisans des Jets n’avaient pas encore terminé les célébrations que Michael Cammalleri s’interposa. L’échappé, un tir foudroyant par-dessus l’épaule du gardien Ondrej Pavelec.

Quelques minutes, Cammelleri quittait les lieux en boitant.

Ensuite, ce fut Jarolav Spacek.

MARTIN EST UN EXCELLENT JONGLEUR

Comment le penseur Martin a-t-il composé avec ses effectifs après la perte de deux joueurs aussi importants?

Voyons voir: Josh Gorges, 20.50 minutes. Hal Gill, 19.42, Alexi Emelin 16.27 minutes, Raphael Diaz 17.55, le dépanneur Yannick Weber 17.16 et bien sûr P.K. Subban, 25.45 minutes.

L’utilisation de Emelin et de Diaz correspond exactement à ce qu’un entraîneur doit faire dans de telles circonstances.

À Subban et à Gorges de tirer sur les guides.

Par moments, les Jets ont poussé. Ils ont poussé fort comme l’avaient fait les Leafs, quelques jours plus tôt. Les défenseurs sont petits, alors la stratégie de l’adversaire n’est pas tellement compliquée : pousser les p’tits défenseurs dans le territoire de Price. Cela a fonctionné.

C’est-à-dire que cela a fonctionné, mais Price était aux aguets. Diaz et Gorges n’ont pas fait le poids face à Nik Antropov, mais pour le reste, on ne peut pas dire que les défenseurs du Canadien n’ont pas effectué leur boulot correctement, à l’intérieur de leurs possibilités, j’entends.

Combien de rebonds les joueurs du Canadien ont-ils accordés à leurs rivaux ? Pas beaucoup.

On peut même les compter sur les doigts d’une seule main.

LE BUT DE WEBER ASSOMME LES JETS

À l’attaque, le Tricolore a été beaucoup plus efficace au chapitre de créer des revirements. Johnny Oduya s’est fait prendre deux fois. Résultat deux buts. Mais, le but qui a knockouté les Jets est celui de Weber en supériorité numérique.

Dustin Byfuglien n’avait aucune raison d’être au banc des pénalités, il aurait dû être sur la patinoire et bousculer le Canadien alors que la marque était de 2-1. On admettra que Brian Gionta avait créé autant d’obstruction que Byfuglien.

Pour tout dire, le vrai coupable, c’était Gionta. Les arbitres ont erré et cette décision a confirmé l’issue du match.

Une équipe alerte va capitaliser surtout quand la situation lui permet de travailler à quatre contre trois. Tu ne peux pas louper une telle opportunité. Donc, le Canadien s’est relevé après un effort très décevant à Toronto.

Il s’est relevé de belles façons.

Un point qu’on doit retenir de cette rencontre. Le penseur Martin a été sévèrement critiqué pour l’emploi du temps de Erik Cole en supériorité numérique lors du premier match. Hier, ce fut pire. Au total : 13.52 minutes. 1.38 minute en supériorité numérique.

Mais, force est de reconnaître que, cette fois-ci, Cole a fourni au penseur Martin plusieurs arguments pour justifier son emploi du temps.

Mais, on ne s’y arrêtera pas trop longtemps, après tout, Price et Tomas Plekanec ont pris les choses en main…

Un beau party et le gardien du Tricolore tenait à y prendre une part active.

De quoi faire rêver

Gary Bettman a, espère-ton, capté le message.

L’avenir de sa ligue passe avant tout par le nord. Pas le plan Nord du premier ministre, Jean Charest, mais au nord des États-Unis. Winnipeg était en liesse, hier, alors que les Jets affrontaient le Canadien.

Une salle comble, ce sera ainsi pour les cinq prochaines années. Combien de concessions aux États-Unis peuvent miser sur un appui aussi impressionnant ? Pas beaucoup.

J’imagine que les partisans des Nordiques devaient rêver en partageant, j’en suis convaincu, l’enthousiasme des amateurs de hockey du Manitoba.

Le commissaire était à Winnipeg, hier, et il a sûrement compris que le hockey habite avant tout au nord.

Que le hockey dans le désert de l’Arizona, ça ne peut pas fonctionner. Winnipeg lui a livré un message clair, hier après-midi.

Ce sont les amateurs qui assurent la rentabilité d’une ligue. Ce sont ceux qui font tourner les tourniquets et qui assurent la santé financière d’une société comme la Ligue nationale de hockey.

Québec n’attend que le moment pour en faire autant.

Avez-vous déjà pensé un instant ce que sera le retour des Nordiques à Québec ?

Un bon début…

José Théodore sera le premier à le reconnaître.

Il n’y avait rien de rassurant dans les résultats produits dans le cadre du calendrier des matchs préparatoires.

Samedi soir, Théo a obtenu le feu vert de Kevin Dineen, le nouvel entraineur des Panthers de la Floride.

En fin de soirée, l’ex-gardien inscrivait un jeu blanc, les Panthers, avec 10 nouveaux joueurs, enregistraient une victoire de 2-0.

Pour bien illustrer toute la confiance que peut avoir Peter Laviolette, l’entraineur des Flyers de Philadelphie, envers Sean Couturier, il a utilisé son joueur de 18 ans, dans les derniers instants du match contre les Bruins, les Flyers ont gagné 2-1…

David Perron a reçu une ovation debout de la part des partisans des Blues de St. Louis, samedi soir, lors de la présentation des joueurs de l’équipe. On ne sait toutefois pas quand il sera en mesure de reprendre un entraînement intensif avec ses coéquipiers…




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