Plusieurs ont payé un prix de fou
pour assister à ce match historique.
Le Canadien versus les Jets à Winnipeg
après plus de 15 ans d’absence. On ne pouvait
choisir un meilleur scénario d’autant
plus que le commissaire Gary Bettman fut
celui qui suggéra que le visiteur pour l’occasion
soit le Tricolore.
Pourtant, celui qui avait le meilleur siège
dans l’édifice, hier, n’a pas versé un seul
rond. Au contraire, on le paie pour occuper
une place privilégiée. Carey Price a gâché le
party, pas de doute. On pensait bien que le
Canadien, après un revers à Toronto, jeudi
soir, alors se faire matraquer par une
équipe soulevée par un public bruyant, enthousiaste,
célébrant le retour de la Ligue
nationale au Manitoba.
On se disait que les joueurs des Jets – les
ex-Thrashers – allaient
envahir le territoire du
Canadien comme des
enragés, qu’ils allaient
frapper les petits défenseurs
adverses, qu’ils
avaient toutes les conditions
gagnantes de leur
côté.
Sauf que le Canadien,
dans l’adversité, réserve
parfois des surprises.
Que Price ait été le
meilleur joueur du match n’étonnera pas. Le
Canadien a gagné un match comme il le fera
en plusieurs occasions au cours du calendrier
régulier. C’est sa marque de commerce.
Un gardien brillant.
Une défense fragile, mais qui sait répliquer
au bon moment.
Une attaque qui frappe si on lui offre l’opportunité
de s’évader et d’aller tester le gardien
adverse.
Et un groupe qui profite des largesses des
officiels.
Que s’est-il passé en début de rencontre ?
Les partisans des Jets n’avaient pas encore
terminé les célébrations que Michael
Cammalleri s’interposa. L’échappé, un tir
foudroyant par-dessus l’épaule du gardien
Ondrej Pavelec.
Quelques minutes, Cammelleri quittait
les lieux en boitant.
Ensuite, ce fut Jarolav Spacek.
MARTIN EST UN EXCELLENT
JONGLEUR
Comment le penseur Martin a-t-il composé
avec ses effectifs après la perte de deux
joueurs aussi importants?
Voyons voir: Josh Gorges, 20.50 minutes.
Hal Gill, 19.42, Alexi Emelin 16.27 minutes,
Raphael Diaz 17.55, le dépanneur Yannick
Weber 17.16 et bien sûr P.K. Subban, 25.45
minutes.
L’utilisation de Emelin et de Diaz correspond
exactement à ce qu’un entraîneur doit
faire dans de telles circonstances.
À Subban et à Gorges de tirer sur les
guides.
Par moments, les Jets ont poussé. Ils ont
poussé fort comme l’avaient fait les Leafs,
quelques jours plus tôt. Les défenseurs sont
petits, alors la stratégie de l’adversaire n’est
pas tellement compliquée : pousser les p’tits
défenseurs dans le territoire de Price.
Cela a fonctionné.
C’est-à-dire que cela a fonctionné, mais
Price était aux aguets. Diaz et Gorges n’ont
pas fait le poids face à Nik Antropov, mais
pour le reste, on ne peut pas dire que les défenseurs
du Canadien n’ont pas effectué
leur boulot correctement, à l’intérieur de
leurs possibilités, j’entends.
Combien de rebonds les joueurs du Canadien
ont-ils accordés à leurs rivaux ?
Pas beaucoup.
On peut même les compter sur les doigts
d’une seule main.
LE BUT DE WEBER
ASSOMME LES JETS
À l’attaque, le Tricolore a été beaucoup
plus efficace au chapitre de créer des revirements.
Johnny Oduya s’est fait prendre
deux fois. Résultat deux buts. Mais, le but
qui a knockouté les Jets est celui de Weber
en supériorité numérique.
Dustin Byfuglien n’avait aucune raison
d’être au banc des pénalités, il aurait dû
être sur la patinoire et bousculer le Canadien
alors que la marque était de 2-1. On admettra
que Brian Gionta avait créé autant
d’obstruction que Byfuglien.
Pour tout dire, le vrai coupable, c’était
Gionta. Les arbitres ont erré et cette décision
a confirmé l’issue du match.
Une équipe alerte va capitaliser surtout
quand la situation lui permet de travailler à
quatre contre trois. Tu ne peux pas louper
une telle opportunité. Donc, le Canadien
s’est relevé après un effort très décevant à
Toronto.
Il s’est relevé de belles façons.
Un point qu’on doit retenir de cette rencontre.
Le penseur Martin a été sévèrement
critiqué pour l’emploi du temps de Erik
Cole en supériorité numérique lors du premier
match. Hier, ce fut pire. Au total : 13.52
minutes. 1.38 minute en supériorité numérique.
Mais, force est de reconnaître que, cette
fois-ci, Cole a fourni au penseur Martin plusieurs
arguments pour justifier son emploi
du temps.
Mais, on ne s’y arrêtera pas trop longtemps,
après tout, Price et Tomas Plekanec
ont pris les choses en main…
Un beau party et le gardien du Tricolore
tenait à y prendre une part active.
De quoi
faire rêver
Gary Bettman a, espère-ton,
capté le message.
L’avenir de sa ligue passe
avant tout par le nord. Pas le
plan Nord du premier ministre,
Jean Charest, mais au
nord des États-Unis. Winnipeg
était en liesse, hier, alors
que les Jets affrontaient le Canadien.
Une salle comble, ce sera
ainsi pour les cinq prochaines
années. Combien de concessions
aux États-Unis peuvent
miser sur un appui aussi impressionnant
? Pas beaucoup.
J’imagine que les partisans
des Nordiques devaient rêver
en partageant, j’en suis
convaincu, l’enthousiasme
des amateurs de hockey du
Manitoba.
Le commissaire était à
Winnipeg, hier, et il a sûrement
compris que le hockey
habite avant tout au nord.
Que le hockey dans le désert
de l’Arizona, ça ne peut pas
fonctionner. Winnipeg lui a livré
un message clair, hier
après-midi.
Ce sont les amateurs qui assurent
la rentabilité d’une
ligue. Ce sont ceux qui font
tourner les tourniquets et qui
assurent la santé financière
d’une société comme la Ligue
nationale de hockey.
Québec n’attend que le moment
pour en faire autant.
Avez-vous déjà pensé un instant
ce que sera le retour des
Nordiques à Québec ?
Un bon début…
José Théodore sera le premier
à le reconnaître.
Il n’y avait rien de rassurant
dans les résultats produits
dans le cadre du calendrier
des matchs préparatoires.
Samedi soir, Théo a obtenu
le feu vert de Kevin Dineen, le
nouvel entraineur des Panthers
de la Floride.
En fin de soirée, l’ex-gardien
inscrivait un jeu blanc,
les Panthers, avec 10 nouveaux
joueurs, enregistraient
une victoire de 2-0.
Pour bien illustrer toute la
confiance que peut avoir Peter
Laviolette, l’entraineur
des Flyers de Philadelphie,
envers Sean Couturier, il a
utilisé son joueur de 18 ans,
dans les derniers instants du
match contre les Bruins, les
Flyers ont gagné 2-1…
David
Perron a reçu une ovation debout
de la part des partisans
des Blues de St. Louis, samedi
soir, lors de la présentation
des joueurs de l’équipe. On ne
sait toutefois pas quand il
sera en mesure de reprendre
un entraînement intensif
avec ses coéquipiers…