Membres Canoe.ca

Hockey

Québec dérange

Journal de Québec
Yvon Pedneault
27/08/2011 09h35 
Hockey - Québec dérange
Yvon Pedneault  


Celle de freiner l’élan de Quebecor. On voulait stopper l’entreprise québécoise comme on l’avait fait dans le dossier du Centre Bell et du Canadien dans le but d’assurer la rentabilité des actifs de l’entreprise.

Mais que la famille Molson soit derrière Bell ainsi que le groupe Evenko, il y a de quoi se poser de sérieuses questions sur les intentions des propriétaires du Canadien. On peut facilement traduire que la famille Molson n’est pas du tout entichée par la venue d’une formation de la Ligue nationale à l’autre bout de l’autoroute Jean- Lesage. Qu’elle ne souhaite pas appuyer la démarche de Quebecor dans son modèle d’affaires pour convaincre les propriétaires de la ligue de lui accorder leur soutien. Les propriétaires du Tricolore veulent protéger le monopole qu’ils exercent présentement en étant l’unique formation du hockey de la Ligue nationale dans la province de Québec.

Parce que, dans les faits, supposons que la ville de Québec octroie le contrat de gestion à Evenko dont les principaux actionnaires sont les membres de la famille Molson et Bell, quel est l’intérêt de ces deux entreprises à voir le retour de la Ligue nationale à Québec?

Aucun. Bien au contraire, Québec dérange. Parce qu’une équipe avec plusieurs francophones et avec un plan de gestion bien structuré pour attirer une clientèle déjà attachée au Tricolore coupe la tarte en deux. Moins de revenus potentiels pour la famille Molson, Bell et le Canadien, sans oublier le monde du spectacle qui aura le choix entre deux amphithéâtres répondant au standard d’aujourd’hui, Québec devient non seulement une équipe empiétant dans les plates bandes dans la grande machine tricolore, mais aussi, elle pourra accueillir les grands noms du spectacle.

Modèle d'affaires

On oblige alors les penseurs du Canadien à revoir leur modèle d’affaires comme c’était le cas il y a vingt ans. Depuis le départ des Nordiques, le Canadien n’a pas déployé trop d’effort pour valoriser les joueurs du Québec comme l’avait si bien fait Serge Savard alors qu’il était le directeur général de l’équipe.

Que Geoff Molson affirme qu’il a, par le biais de Evenko, déposé une offre au maire Regis Labeaume pour la gestion de l’amphithéâtre, mais qu’il n’a pas l’impression d’être un dérangeur, ça va contre toute logique. Dans ce dossier, et comme l’écrivait avec tellement de justesse Mathieu Turbide, hier matin, dans la livraison du Journal, «en entretenant qu’elle veut réellement gérer le futur amphithéâtre de Québec, Molson donne des munitions à ceux qui exigent un appel d’offres. Même si, dans ce dossier précis, cela peut retarder et même faire dérailler le projet de retour d’une équipe de la LNH à Québec. On a vu ce que ça a donné dans la controverse sur le projet de loi 204.»

Du déjà vu?

En s’attardant sur les actions de la famille Molson, de Bell et de tous les actionnaires du Canadien, on ne peut pas faire autrement que de revenir en 1978 et 1979 alors que les Nordiques de l’Association mondiale avec Marcel Aubut à la présidence tentaient, avec trois autres formations, de gagner les rangs de la Ligue nationale.

La Brasserie Molson et le club de hockey Canadien s’opposèrent à la fusion entre les deux ligues créant ainsi beaucoup de réactions à travers le pays, les entrepôts de Molson à Winnipeg étant assaillis par les amateurs furieux.

Les gens de Québec rêvent du retour du hockey professionnel dans leur ville. Ils ont fait connaître leurs états d’âme lors de la marche bleue, ils ont démontré leur enthousiasme tout au cours de la saison dans différents amphithéâtres de la ligue, et, comme en 1979, ils ont droit à ce qu’on leur accorde, au même titre que Winnipeg cette année, une autre chance. Si la famille Molson a à coeur les intérêts du Québec, qu’elle agisse en conséquence. Elle n’a aucune raison valable de se mêler de ce dossier. Pour satisfaire ses actionnaires, notamment Bell, elle embarque sur un terrain passablement glissant. Celui de la compétition au niveau des entreprises de communications.

La perspective de voir Quebecor devenir le joueur le plus important dans la construction de l’amphithéâtre de Québec et de la venue d’une concession de la Ligue nationale déplaît à Bell. Cette société a mis tout en oeuvre pour stopper Quebecor dans sa tentative d’acquérir le Canadien. Elle cherche à en faire autant du côté de Québec.

Geoff Molson ne le dit pas ouvertement, mais c’est la conclusion qu’on doit tirer de la présente situation.

Pas d'intérêt

Le maire Labeaume a tout compris. Il y a des gens qui veulent son amphithéâtre, mais qui n’ont guère d’intérêt pour une autre équipe de hockey au Québec.

Quand ça fait 15 ans qu’on exerce un monopole, on ne veut pas être dérangé dans la gestion de l’entreprise. Le monopole, c’est cool. On peut faire n’importe quoi, et ça passe. Par conséquent, quand un autre joueur se présente sur le même terrain, il faut l’écarter.

Québec a les moyens pour résister…




[an error occurred while processing this directive]
  DANS LE SPORT
[an error occurred while processing this directive]
Dossiers
[an error occurred while processing this directive]