On cherche toujours des solutions.
Que faire pour augmenter
le nombre de buts
dans la Ligue nationale de hockey?
Les penseurs du hockey professionnel
se sont penchés sur le sujet au cours
des dernières semaines, alors que Brendan
Shanahan, le nouveau préfet de discipline,
a invité plusieurs intervenants
à participer à de nombreuses expériences.
L’objectif de cet exercice?
Améliorer l’attaque.
Les suggestions sont nombreuses.
J’en retiens deux:
- Ne plus permettre à l’équipe pénalisée
de lancer la rondelle à l’autre bout de
la patinoire. Elle pourrait toujours le
faire, mais ça deviendrait un dégagement
refusé.
- Garder le joueur
pénalisé au banc
pendant toute la durée
de sa punition.
Il faut cependant
bien comprendre
que tant et aussi
longtemps que les
gardiens domineront
comme ils le font depuis
25 ans, on
risque de faire chou
blanc.
Récemment, j’ai eu l’occasion de jaser
avec Jacques Lemaire, qui travaillera
pour les Devils du New Jersey au cours
de la prochaine saison.
POINT DE VUE INTÉRESSANT
L’ex-entraîneur suit l’actualité de très
près, il est toujours très sensible aux
changements qu’on tente d’apporter au
hockey moderne et il a toujours un point
de vue intéressant sur les sujets débattus
par les intervenants.
D’ailleurs, je me suis toujours posé la
question. Pourquoi la ligue ne profitet-
elle pas de l’expertise d’un homme de
hockey comme Lemaire quand il s’agit
de discuter de l’avenir du hockey ?
« Ce qui me dérange, me dit-il, c’est
qu’on cherche des solutions, mais qu’on
revient toujours à la case départ. La semaine
dernière, ils parlaient de la possibilité
d’empêcher l’équipe écoulant le
temps en infériorité numérique de dégager
jusqu’à l’autre bout de la patinoire?
Je ne comprends pas. On fait ça depuis
que le hockey existe. Peut-on trouver une
autre solution ? »
Lemaire, comme joueur, était un spécialiste
dans l’art d’écouler le temps
quand son équipe avait un joueur en
moins.
Comme entraîneur, il a mis au point
des stratégies pour limiter les dégâts et
les résultats ont été spectaculaires. Par
contre, je ne suis pas tout à fait en désaccord
avec la perspective d’empêcher une
équipe de dégager son territoire.
Depuis toujours, on refuse à une
équipe le droit de dégager son territoire
quand elle évolue à forces égales.
Cependant, dès qu’une équipe voit un
de ses joueurs commettre une faute, on
lui accorde un privilège, celui de pouvoir
dégager son territoire parce qu’elle a un
ou deux joueurs en moins.
« On joue ainsi depuis toujours, réplique
Lemaire. Cependant, je serais plutôt
d’accord si on élargissait la zone offensive.»
Quoi ?
« Si une équipe doit écouler le temps à
court d’un homme, elle garde le droit de
dégager la zone offensive en tentant de
tirer à l’autre bout de la surface de jeu.
Cependant, si la rondelle ne traverse pas
la ligne rouge du centre, l’équipe en attaque
pourra poursuivre son élan sans
égard à la ligne bleue.
« En d’autres termes, si la rondelle ne
dépasse pas la ligne rouge, le joueur de
l’équipe en attaque prend possession du
disque et cette équipe peut garder un ou
deux joueurs près du filet sans s’inquiéter
d’un arrêt de jeu. »
Intéressant.
« Je ne suis cependant pas en désaccord
avec la suggestion que le joueur devrait
passer deux minutes au complet au
banc des pénalités. C’est un système
qu’on a déjà utilisé et je me demande encore
pourquoi on l’a aboli. »
À CAUSE DU CANADIEN
Parce qu’une équipe comme le Canadien,
alors qu’elle dominait outrageusement
la Ligue nationale dans les années
1950, marquait des buts à profusion.
Si on veut améliorer l’attaque, peut-être
est-ce la solution, qui sait ?
Par contre, qu’on cesse de se tourner
du côté des gardiens. On étudie encore la
possibilité de modifier leur équipement,
ce qui est absolument ridicule.
Les joueurs évoluent maintenant avec
des bâtons ultralégers et ils frappent la
rondelle avec encore plus de vélocité, et
on veut amenuiser l’équipement des gardiens.
C’est un non-sens.
SHANAHAN S’IMPOSE
J’aime bien Shanahan, je pense qu’il
va rallier bien des gens à sa cause. Il
vient à peine de raccrocher et, pendant le
lock-out, il avait créé un comité pour étudier
les règlements du hockey professionnel
et trouver des moyens pour améliorer
le spectacle.
Depuis sa nomination comme préfet
de discipline, mais surtout dans son rôle
de vice-président hockey, il n’a pas tardé
à s’imposer.
Il a plusieurs idées, mais saura-t-il
convaincre les directeurs généraux ? Ça,
c’est une autre histoire.
Par contre, il a bonne réputation et on
se fie à son jugement. En cours de route,
son plus grand défi sera de convaincre
les vieux routiers, les directeurs généraux
qui n’aiment pas les changements,
ceux qui veulent que le hockey garde ses
traditions.
Dans le dossier des commotions cérébrales,
pourra-t-il appliquer le règlement
48 comme il l’entend ?
Je crois que oui. Il vient d’instaurer
une nouvelle méthode de gestion en affirmant
que, dorénavant, quand une suspension
sera imposée à un joueur, il expliquera
sa décision en montrant les
séquences de l’incident tout en commentant
le geste posé par le joueur fautif.
C’est déjà ça.