Yvon Pedneault

Chronique de Yvon Pedneault


Yvon Pedneault
Journal de Québec

La nouvelle tendance

Contrat - La nouvelle tendance


Yvon Pedneault

Ce qu’on croyait improbable se veut maintenant une nouvelle tendance.

Les fameux contrats comportant une clause interdisant une équipe d’échanger un joueur ont été mis à l’épreuve au cours du week-end et les résultats étonnent.

Robyn Regehr a attendu quelques heures avant de permettre à Jay Feaster, le directeur général des Flames de Calgary, de l’échanger aux Sabres de Buffalo. Quelques minutes auparavant, Brian Campbell et son lourd contrat de plus de 7 millions $ prenaient la direction de la Floride en retour de Rostislav Olesz.

Et, comme dans le cas de Regehr, il a fallu que Campbell donne son autorisation aux Blackhawks de Chicago.

Est-ce la nouvelle tendance?

Quand un joueur reçoit un appel de son employeur et qu’on lui demande s’il souhaite abandonner la clause interdisant une transaction, cela signifie que l’équipe ne tient plus nécessairement à ses services. Cependant, le joueur a toujours l’option de dire non ou de choisir une équipe si on lui fournit cette opportunité.

Brad Richards, des Stars de Dallas, a cependant dit non à son patron, Joe Nieuwendyk, qui aurait pu obtenir un autre joueur, sachant fort bien que Richards ne reviendra pas au Texas. Pourquoi a-t-il refusé? Richards dit qu’il ne veut pas indisposer l’équipe qui réclame ses services, parce qu’il ne peut pas garantir qu’il signera une entente. Et puis après? Il aurait pu accorder à Nieuwendyk et aux Stars la chance d’obtenir un joueur. Ce n’était pourtant pas si compliqué.

De toute façon, au cours des derniers jours, plusieurs directeurs généraux ont testé le marché des transactions. Les Flyers de Philadelphie qui, il y a à peine un an, participaient à la grande finale de la coupe Stanley, ont effectué un grand ménage. On ne croyait jamais que Mike Richards et Jeff Carter, deux joueurs sur qui les Flyers entendaient bien investir temps, argent, et développement, seraient chassés de Philadelphie aussi rapidement.

Pourtant, ils semblaient avoir des contrats blindés, des ententes de plus de 10 ans. Mais Paul Holmgren n’a pas apprécié du tout le comportement des deux joueurs au cours des derniers mois. Il a clairement indiqué qu’il ne pensait pas que les Flyers gagneraient finalement la coupe Stanley avec les deux joueurs et qu’il ne pouvait plus attendre une autre saison.

Pourquoi?

Quand on signe des ententes de plusieurs années, un directeur général doit s’assurer de se garder des options. Holmgren avait accordé des ententes de plus de 10 ans aux deux jeunes joueurs, mais il avait l’option de pouvoir les échanger avant qu’ils ne s’engagent dans la troisième année de leur entente.

Holmgren a du flair.

On vient de faire la preuve qu’un athlète, même profitant d’un statut particulier, n’est plus à l’abri d’un changement. Les équipes sont prêtes à donner des salaires qui frôlent parfois l’indécence, mais elles découvrent de plus en plus des moyens pour corriger leurs erreurs, ou encore, pour faire payer à l’athlète ses écarts de conduite.

Richards et Carter n’étaient pas, semble-t-il, des joueurs disciplinés. On sait que le capitaine des Flyers et le défenseur Chris Pronger n’ont jamais fait bon ménage. Lors du point de presse, au lendemain de l’élimination des Flyers contre les Bruins de Boston, Peter Laviolette confirmait qu’il avait eu des problèmes avec Richards.

Dans le cas de Carter, on venait de lui consentir un contrat de plus de 10 ans. Que s’est-il passé pour qu’un an plus tard, il change d’adresse? Ce n’est sûrement pas l’embauche du gardien Ilya Bryzgalov qui explique tout.

Entre-temps, les directeurs généraux, plus à l’aise avec le plafond salarial et le plancher salarial, ne craignent plus d’exposer des joueurs bénéficiant d’un très bon statut au marché des transactions.

En envoyant Regehr à Buffalo, Jay Feaster a pu accorder une entente de cinq ans à Alex Tanguay. En accueillant Brian Campbell, Dale Tallon règle en partie son problème avec le plancher salarial, puisqu’il avait, avant la transaction, un engagement de 18 millions $ seulement, donc, il devait dépenser plus de 30 millions $.

Campbell est un défenseur surévalué, mais en Floride, on pourra lui accorder plus de temps de jeu, ce qu’il n’avait plus à Chicago, avec la présence de Duncan Keith et Brent Seabrook.

Le plafond salarial à 64,3 millions $ et le plancher salarial à 48,3 millions $ invitent les directeurs généraux à adopter une nouvelle philosophie. Pierre Gauthier profitera-t-il de la situation pour modifier la masse salariale des Canadiens?

Deux des plus hauts salariés, Scott Gomez et Brian Gionta, ne seront pas supérieurs à ce qu’ils ont démontré depuis deux ans. En tous les cas, le contraire serait étonnant. Dans le contexte actuel, avec des sommets au chapitre du plafond salarial et du plancher salarial, le moment n’est-il pas bien choisi pour apporter les correctifs qui s’imposent?


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