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Chronique

Des curieux

Journal de Québec
Yvon Pedneault
11/11/2010 00h12 
Chronique - Des curieux
 


Le bras droit de Gary Bettman confirme que le retour de Québec dans la Ligue nationale attire les curieux. Le contraire aurait été décevant.

Si les Coyotes de Phoenix, qui attirent en moyenne 7000 personnes par match, sont courtisés par un financier de Chicago, Matthew Hulsizer, la ville de Québec ne peut que soulever un intérêt chez des investisseurs téméraires.

Au cours des dernières années, plusieurs hommes d’affaires ont plongé dans le sport professionnel afin de réaliser un coup fumant. Ils ont voulu profiter d’une situation : on achète à bas prix et on vend à un prix élevé.

Mais, quand la bourse vous fait un pied-de-nez, c’est là que les problèmes surgissent. Tom Hicks était un millionnaire très en vue dans la région de Dallas.

Aujourd’hui, ses deux propriétés sportives sont dirigées par des syndics.

Si vous consultez régulièrement les sommaires des matchs de la LNH, vous avez sûrement noté que ça ne fonctionne pas tellement bien dans certaines villes. Pas seulement à Phoenix, mais aussi à Columbus, à Sunrise, en Floride, à Atlanta, à Raleigh, à Denver et à Tampa, où on attire les gens avec des promotions.

À St. Louis, les principaux actionnaires veulent se départir des parts qu’ils détiennent dans la formation des Blues. Ils ont besoin de liquidités pour soutenir les autres sociétés dans lesquelles ils sont impliqués. Dans un tel contexte, un commissaire clairvoyant doit s’assurer d’avoir un plan «B». Québec cadre parfaitement dans la stratégie de Gary Bettman pour une raison : il a en main un modèle d’affaires déposé par Pierre-Karl Péladeau et la société Quebecor.

Que des curieux aient pointé le nez est tout à fait normal. Mais ont-ils les capacités de gestion pour rentabiliser une entreprise dans un petit marché? Ont-ils déposé des modèles d’affaires en tenant compte de la réalité du marché de Québec?

Bettman ne commettra jamais l’erreur de confier la concession de Québec à des intérêts étrangers. La survie d’une équipe passe avant tout par l’intérêt que témoignent les investisseurs locaux. Une formation de la Ligue nationale doit miser sur des gens capables de dresser une gestion efficace pour assurer la santé financière de l’entreprise.

Une équipe de la Ligue nationale doit avoir comme objectif de vendre 18 000 billets pour 48 représentations. Pour 48 matchs. Et dans un marché comme Québec, le propriétaire n’a pas le droit à l’erreur. D’une part, il doit miser sur des gens rusés pour que le produit sur la surface de jeu réponde à des standards élevés. Également, il doit créer un département de marketing qui parviendra à remplir l’amphithéâtre.

Le plan de Bettman passe par le transfert d’une concession dans une ville où les actionnaires auront les ressources pour s’ajuster aux exigences du sport professionnel. C’est pourquoi le modèle d’affaires de Québecor s’avère une solution sans risque pour les penseurs du hockey de la LNH.

Quant aux investisseurs qui ont pressenti le maire Labeaume, ça devient intéressant. Cela confirme que le dossier d’un nouvel amphithéâtre progresse et qu’éventuellement, le gouvernement fédéral devra se prononcer.

On désirait un coup de pouce du secteur privé. Possiblement que le gouvernement conservateur sera justement confronté avec cette perspective.

Du pareil au même

On a beau modifier la concept de sélection des joueurs en prévision du match des étoiles, ça va changer quoi au juste? Rien du tout.

Au niveau de la compétition, on n’osera pas appliquer des mises en échec, comme le veut la consigne. On ne tirera pas à bout portant, de crainte de blesser le gardien ou encore d’atteindre un joueur à la cheville.

Le match des étoiles de la Ligue nationale est une perte de temps, parce qu’il n’offre aucun enjeu.

Le baseball majeur a la meilleure formule, parce qu'elle implique deux ligues qui s’affrontent et l'équipe gagnante offre à sa ligue l’avantage du terrain lors de la présentation de la Série mondiale.

Autre point : le baseball garde ses attributs pendant le match des étoiles. Les lanceurs tirent des balles rapides, les frappeurs s’élancent pour la longue balle. À la défense, on réalise des jeux spectaculaires.

Bref, on respecte le sport.

Le football de la NFL présente son match des étoiles une semaine avant le Super Bowl et surtout, dans un endroit particulier, Hawaii. Ce match n’a aucune importance mais au moins, on se garde bien de le présenter à la mi-saison. Je ne pense pas que le hockey gagne des points en présentant un match des étoiles, bien au contraire. Si au moins il y avait un enjeu… comme en 1987 alors qu’on avait présenté Rendez-vous 87 à Québec.

Le match des étoiles sert plutôt les intérêts des penseurs de la Ligue nationale qui profitent d’une trève de quatre jours pour inviter les commanditaires et les amis de l’organisation à faire la fête.

Sur le plan de la compétition, on passera.



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