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Chronique

Une solution ?

Journal de Québec
Yvon Pedneault
04/11/2010 00h00 
Chronique - Une solution ?
 


De prime abord, les penseurs du Centre Bell croyaient vraiment que Scott Gomez et Brian Gionta retrouveraient leur élan de la saison 2005-2006, alors qu’ils avaient combiné leurs efforts pour présenter aux Devils du New Jersey une fiche combinée de 81 buts et 92 mentions d'assistance pour un grand total de 173 points.... avec ne l’oublions pas, il y avait Patrik Elias à leurs côtés, ce même Elias qui, lui aussi, est plongé dans une profonde léthargie cette année.

Bob Gainey, à l’époque, et son groupe ne voyaient pas aussi grand, mais dans leur analyse de la situation, ils s’imaginaient que les deux joueurs, avec de nouvelles responsabilités, s’acclimateraient rapidement à leur nouveau rôle. Les résultats, sans être impressionnants, furent tout de même intéressants. En tous les cas, leur contribution lors du spectaculaire parcours du printemps dernier fut plus que satisfaisante. Gionta a inscrit neuf buts et six passes, alors que Gomez a marqué deux buts et obtenu 12 mentions d’assistance.

Au cours du calendrier régulier, sans parler d’une contribution modeste, il reste tout de même que les deux joueurs n'ont menacé aucun record offensif, se partageant 40 buts (28 par Gionta) et 65 assistances (47 par Gomez), pour un total de 105 points.

Par contre, les deux joueurs se sont intégrés rapidement à leur nouvel environnement, devenant des joueurs de référence dans le vestiaire et partageant leur expérience des séries éliminatoires. Gionta a exercé un impact si remarqué qu’on lui a confié cette année le rôle de capitaine de l’équipe.

Un début de saison

On avait donc le droit de s’attendre à un solide début de saison de la part des deux joueurs, deux membres de l’unité de six attaquants identifiés pour mener l’attaque. Après un mois et un match, ils ont carrément fait chou blanc, soulevant même l’inquiétude chez les dirigeants des Canadiens.

Dans les réunions à portes fermées, quand Pierre Gauthier et Jacques Martin font le bilan de la situation, ils cherchent des solutions. Ils savent très bien que si les deux joueurs ne sortent pas de l’anonymat, les Canadiens, éventuellement, seront dans le trouble. On ne gagne pas avec une seule ligne productive dans cette ligue, c’est impossible.

Carey Price a beau jouer à la hauteur de son talent, la défense peut toujours soulever un mur, mais il reste que l’attaque doit se démarquer. Et pour arriver à des résultats, il faut que tout le monde soit dans le coup. Présentement, Scott Gomez et Brian Gionta occupent le 234e rang chez les buteurs de la Ligue nationale. Ils sont au 248e rang au chapitre des assistances et pour le total des points (1-2=3 pts), ils figurent au 293e échelon.

On ne peut plus demander à Gomez d’être le joueur de centre de 2005-2006. Cet exploit, il n’a jamais pu le répéter au cours des cinq dernières années. Au contraire, lors des deux dernières saisons, il fut incapable d’atteindre le plateau des 60 points. Dans le cas de Gionta, il y a toujours de l’espoir de le voir inscrire 25 à 30 buts, puisque l’an dernier, il a marqué 28 buts, son plus haut total depuis sa saison spectaculaire de 48 buts en 2005-2006.

Que faire?

Quelle est donc la solution?

Jacques Martin a tenté plusieurs expériences, déléguant différents ailiers gauches. Mardi soir, à Columbus, il a brisé son meilleur trio, celui de Andrei Kostitsyn, Tomas Plekanec et Michael Cammalleri dans l’espoir de faire produire les deux joueurs. Kostitsyn s’est retrouvé sur le flanc gauche et il a réalisé un jeu parfait pour Gionta. Mais, le capitaine a raté la cible.

Cependant, est-ce vraiment la solution?

Doit-on briser ce qui fonctionne bien pour résoudre un problème?

Ne risque-t-on pas de créer deux problèmes?

Je veux bien croire que Gionta et Gomez ont connu une saison magique au New Jersey mais, dans les faits, c’était il y a cinq ans et les deux joueurs n’ont plus les mêmes ressources.

La solution, c’est peut-être de répartir les tâches différemment.

Gomez et Gionta ne produisent plus sur le même trio. Je ne sais pas si les deux joueurs présenteraient des statistiques plus attrayantes si on avait été patient avec Benoit Pouliot, mais bon, on ne le saura jamais.

Ce qu’on sait, c’est que Gionta et Gomez ne produisent pas sur le même trio. Faire évoluer les deux joueurs sur des trios différents est sans doute un scénario qui effleure l’esprit de Martin. Les expériences tentées au cours des dernières semaines n’ont donné aucun résultat concluant.

Il doit aussi ternir compte qu’on ne doit pas évaluer Gomez en fonction du salaire qu’il touche, ça ne concorde pas du tout. Et il le sait très bien. Quand Gainey a fait l’acquisition de Gomez, il y a 16 mois, il a sauvé la face de Glen Sather et des Rangers de New York aux prises avec un contrat colossal et un joueur limité à 60 points par année. Également, Gainey pensait avoir résolu en partie un problème.

Ayant fait chou blanc dans sa tentative d’amener Vincent Lecavalier à Montréal, l’acquisition d’un joueur de centre était devenue une priorité. Il y en avait un disponible : Gomez. Mais ce n’est plus le Gomez de 2005-2006.



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