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Chronique

Mouvement à l'inverse

Journal de Québec
Yvon Pedneault
06/09/2010 10h29 
Chronique - Mouvement à l'inverse
 


On croit de plus en plus, chez les penseurs du Centre Bell, avoir pris la bonne décision dans le dossier Jaroslav Halak contre Carey Price. Bien que plus de 5 000 personnes soient venues saluer le Slovaque samedi, alors qu'il était de passage à Montréal dans le cadre d'un programme de financement pour venir en aide à l'hôpital Ste-Justine, on croit que les derniers événements ajoutent encore plus de poids au choix de Price.

Ce qu'on pourrait reprocher à Pierre Gauthier et à ses conseillers, c'est de ne pas avoir retenu les services de Price avec un contrat en bonne et due forme avant d'échanger Halak. Sur ce plan, les décideurs du Canadien défendent leur théorie. Il aurait été impossible d'en venir à une entente avec Price avant le 1er juillet, et la situation pressait les dirigeants de l'équipe à conclure cette transaction avec les Blues de St. Louis.

Les événements des dernières semaines donnent raison à Gauthier.

L'évaluation des gardiens dans la Ligue nationale s'est considérablement amenuisée au cours de la dernière saison, si-non depuis quelques années. On est loin de l'époque de Patrick Roy ou encore des belles années de Martin Brodeur, alors que les deux gardiens avaient donné à leur profession tous ses attributs. Sur le plan financier, les gardiens les plus intimidants étaient aussi bien rémunérés qu'un marqueur de 50 buts.

Faut-il croire que les Red Wings de Detroit, avec Chris Osgood et les Blackhawks de Chicago, avec Antti Niemi ont changé la donne ? Que l'importance d'un gardien étoile en séries éliminatoires ne présente plus la même signification ?

Les «pauvres» gardiens

Sur le marché des joueurs autonomes sans compensation, les "pauvres gardiens" ont été ignorés, alors qu'on croyait qu'ils étaient pour monopoliser l'attention. Evgeni Nabokov a dû s'expatrier en Russie pour obtenir plus d'argent, son dossier de 40 victoires par saison n'attirant pas les curieux. Aux dernières nouvelles, José Théodore était toujours sans emploi malgré une solide saison avec les Capitals de Washington.

Ray Emery a été licencié par les Flyers de Philadelphie. Les Blackhawks n'ont pas voulu accorder un contrat de 2,75 M$ à Niemi en raison des ennuis qu'ils éprouvent avec le plafond salarial. Et voilà que Niemi signe une entente d'un an, à raison de 2 M$ avec les Sharks de San Jose.

Marty Turco, qui avait pratiquement besoin d'un camion de la Well Fargo pour aller déposer ses chèques, pourra maintenant utiliser son propre véhicule. Les Blackhawks l'ont embauché à raison de 1,3 M$ par saison. L'an dernier, les Stars de Dallas lui versaient un salaire de plus de 5,5 M$. Également, on apprendrait que les Canucks de Vancouver ont fait brûler des lampions, dans l'espoir que la Ligue nationale déclare illégal le contrat de Roberto Luongo, qu'on ne s'en étonnerait pas du tout.

Les directeurs généraux de la Ligue ont carrément modifié leur stratégie relativement à l'embauche des gardiens. Un peu comme le fait Ken Holland depuis des années, ils ont modifié l'enveloppe budgétaire pour les gardiens. Elle est moins imposante et on préfère maintenant gonfler le budget pour les attaquants et les défenseurs, au détriment des gardiens.

À la suite des événements des dernières semaines, surtout depuis que les Blackhawks ont laissé filer Niemi pour ensuite embaucher Turco à moitié prix, j'imagine que les dirigeants des Blues de St. Louis doivent s'interroger quant à leur stratégie dans le cas de Halak.

Ont-ils pris une décision trop rapide ?

Halak contre Niemi

Sans rien enlever à Halak, remarquable le printemps dernier, les Blues, qui évoluent dans la même division que les Blackhawks, auraient sans doute réfléchi longuement avant de conclure une transaction avec le Canadien s'ils avaient su que Niemi était disponible pour la somme de 2 M$.

Il est toujours plus facile d'analyser la situation après les faits. Par conséquent, les Blues ne regrettent pas leur décision parce qu'ils ont un gardien pour les dix prochaines années. Mais avec un plafond salarial qui, assurément, prend du recul au cours des prochaines années, ce sont les gardiens qui paient présentement la facture, une facture salée, avouons-le. Qui avait pensé que le gardien des champions de la coupe Stanley attendrait à la fin du mois d'août, ou au début du mois de septembre, pour trouver un employeur ? Et encore a-t-il fallu qu'il accepte les conditions de Sharks, au détriment des siennes.

Habituellement, le gardien qui a enlevé la coupe Stanley jouit d'une foule d'arguments pour gagner le gros lot. Pourtant, ce n'est plus le cas.




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