Membres Canoe.ca

Chronique

Dans le même bateau

Journal de Québec Yvon Pedneault
29/07/2010 01h44 - Mise à jour 29/07/2010 08h47
Chronique - Dans le même bateau
 


Que Richard Peddie, le grand manitou de Maple Leafs Sports And Entertainment, déclare que le Canadien commet une «grosse» erreur en donnant congé à Pierre Boivin, sur un point, fait miroiter les efforts déployés par le président sortant. Il appuie son commentaire en précisant que le Tricolore était une entreprise passablement désorganisée, une société qui n’avait aucun modèle d’affaires à son arrivée. Et, en l’espace de quelques années, le Canadien devint une entreprise florissante, montrant des profits élevés et permettant à George Gillett fils de mettre des billes dans ses poches.

Sur ce plan, il a entièrement raison.

Pierre Boivin, au niveau des affaires, a été un bon président.

Comme Richard Peddie, au niveau des affaires, est un bon président.

Les actionnaires dans le cas des Leafs et le propriétaire dans le cas du Tricolore exigent des résultats, mais surtout, exigent des profits. Boivin s’est acquitté de sa tâche de façon exceptionnelle au niveau des dollars. Mais, sur la surface de jeu, c’est une autre histoire.

Son cheminement s’apparente beaucoup à celui de Peddie quand on analyse rapidement les réalisations des deux hommes :

* Des entreprises menées avec rigueur.

* Des sociétés sportives qui réalisent de gros profits malgré la hausse constante des salaires.

* La valeur des deux entreprises a connu un essor considérable au fil des dernières années.

* Doit-on rappeler que le Canadien a été vendu pour un peu plus d’un demi-milliard de dollars ?

* Doit-on rappeler que les Leafs représentent la concession la plus riche et la plus importante du hockey ?

* Les deux entreprises font salle comble à chaque match.

* Les deux entreprises montrent les revenus les plus élevés de la ligue.

* Les deux sociétés sont celles qui contribuent le plus au partage des revenus.

Dans le cas de Pierre Boivin — on ne peut pas en dire autant de Peddie et des Leafs parce que l’histoire de cette concession ne se compare aucunement à celle du Tricolore —, donc, dans le cas du président sortant, il a su exploiter l’histoire de l’entreprise, surtout dans les moments de crise et dans le cadre du centenaire de l’équipe, parvenant ainsi à camoufler les résultats sur la patinoire.

Boivin aura accompli de belles choses au niveau de la communauté avec la création de la Fondation pour l’enfance et aussi la construction de patinoires dans différents quartiers de la ville de Montréal. Cependant, il y a une tache à son curriculum vitae : on lui reprochera d’avoir négligé la filière québécoise. Contrairement à la gestion Corey/Savard, des années 80 et du début des années 90, le Canadien d’aujourd’hui n’a jamais fait une priorité de la filière québécoise avec les résultats que l’on connaît.

À Toronto, l’arrivée de Brian Burke a fait oublier le passage de John Ferguson fils. Par conséquent, Peddie, souvent sur le gril, profite maintenant d’une certaine sérénité d’autant plus que Burke adore les projecteurs, donc, sur la place publique, il dirige la circulation.

Les Leafs cherchent à imiter le Canadien au niveau de l’implication dans la communauté, mais Peddie aurait des cours à suivre de la part de Boivin. Les deux hommes n’ont cependant pas réussi à relancer leur entreprise sportive. Ils ont multiplié les changements sans réussir à connaître des résultats répondant aux attentes d’un public qui est fidèle depuis le lock-out.

Une erreur ?

Quand Peddie dit que le Canadien commet une grosse erreur en laissant filer Boivin, c’est mal juger la présente situation. L’ex-président, à n’en pas douter, trouvera une entreprise qui saura profiter de son expertise, de son sens de l’organisation et d’un modèle d’affaires qu’il a toujours prôné, celui basé sur la rigueur et sur le contrôle des dépenses.

Cependant, il y a un an, quand les frères Molson ont acheté le Canadien, il était évident que Boivin quitterait dans un avenir rapproché. Quand le propriétaire affirme qu’il sera omniprésent dans les décisions de l’entreprise, quand il déclare qu’il aura son bureau au Centre Bell, ça veut tout dire.

Geoff Molson a acheté l’équipe et il entend diriger l’entreprise à sa façon.

Pourquoi payer un président plus de 1 M$ par année pour prendre des décisions qui doivent être entérinées ensuite par le patron et que ce patron à son bureau à quelques pas de l’autre ?



[an error occurred while processing this directive]
  DANS LE SPORT
[an error occurred while processing this directive]
Dossiers
[an error occurred while processing this directive]