On ne reviendra pas sur les décisions prises par Bob Gainey au cours de l'entre-saison.
Il devait modifier l'image de son équipe, il l'a fait. Il devait ajouter des éléments nouveaux à l'attaque, il l'a fait. Il devait apporter plus de profondeur à la défense, il l'a fait.
Maintenant, a-t-il pris les bonnes décisions? Ça, c'est une autre histoire mais on est au début du mois de novembre, alors peut-on s'accorder encore quelques semaines avant de porter un jugement? Et, en bout de ligne, ce seront les frères Molson qui devront corriger la situation, ce sera leur rôle de s'assurer que leur organisation s'en va dans la bonne direction.
Les blessures de Andrei Markov, Ryan O'Byrne et Hall Gill, l'arrivée de nouveaux joueurs et une chimie à développer, un gardien qui a un mal fou à coller les bonnes performances, ont assurément des incidences sur le rendement de l'équipe. Mais, ça s'applique également aux autres formations de la Ligue nationale alors que les visites à l'infirmerie se multiplient.
Prenez par exemple les derniers matchs du weekend : Cam Ward coupé à une jambe. Jason Williams, fracture du tibia de la jambe droite. Chris Drury pourrait rater des matchs en raison d'une commotion cérébrale. Brendon Dubinsky : possible fracture d'un poignet.
Kristopher Letang, blessé à une jambe.
Mais, quand l'entraîneur affirme qu'il a réduit ses effectifs parce qu'il recherchait un but et qu'il tenait à utiliser ceux qui veulent aller au front pour réaliser l'objectif, les blessures, le nouveau personnel, la chimie, ne doivent pas servir d'excuses.
L'EFFORT AU TRAVAIL
L'effort au travail, ça se mesure par la détermination, par la volonté de puiser dans ses ressources et par le goût de la compétition.
Jusqu'ici, Jacques Martin a accordé à chacun des joueurs une chance d'assumer des responsabilités accrues.
Il a donné des chances à Andrei Kostitsyn de répondre aux attentes de la direction : les résultats ne sont pas là.
Il a offert à Glen Metropolit de jouer sur le troisième trio : il n'a pas déçu.
Tout récemment, il confiait à Maxim Lapierre et à Guillaume Latendresse de seconder le meilleur joueur de centre de l'équipe, Tomas Plekanec. Les résultats ne sont pas concluants. Et, samedi soir, Martin n'a pas apprécié du tout l'effort déployé par les deux joueurs et c'est la raison pour laquelle il les a cloués au banc.
Bon, faut-il être patient envers les deux joueurs? Sans doute. Par contre, quand deux patineurs, Tom Pyatt et surtout Ryan White, débarquent de Hamilton et viennent pousser dans le dos de certains joueurs de l'équipe, l'entraîneur n'a pas d'autres choix : ils les utilisent.
Latendresse et Lapierre bénéficient actuellement d'une tribune exceptionnelle, celle d'évoluer sur la deuxième ligne d'attaque avec Plekanec. Ce sont des occasions
que tu ne dois pas rater, pas à ce niveau. Tu dois saisir cette chance.
Face au Lightning de Tampa Bay, c'était justement une occasion de laisser une solide impression. Les joueurs du Lightning, surtout avec Ryan Malone, sont plus costauds. Ils ont réussi quelques bons plaqués, samedi, surtout en échec-avant. C'est dans de telles situations que Latendresse et Lapierre doivent s'imposer. C'est justement leur rôle d'aller déranger la défense adverse, d'aller se planter devant le gardien.
INTERROGATION
C'est aussi leur responsabilité de bien travailler dans les trois zones. Leur contribution ne doit pas se limiter à la zone offensive mais ils doivent s'impliquer dans leur pro-pre territoire.
J'observais Jacques Martin, en point de presse, samedi soir, et il doit s'interroger sur les effectifs, sur leur capacité de produire mais surtout sur leur effort au boulot. C'est ça qui est le plus difficile à accepter pour un entraîneur, d'autant plus que Martin est à la recherche de deux joueurs pour appuyer le travail de Plekanec.
Ça fait depuis le début de la saison qu'il tente toutes sortes de combinaisons, au point qu'on se demande s'il ne devrait pas se donner encore quelques matchs avec les mêmes trios avant de penser à d'autres changements.
Cependant, comment peut-on garder le statu quo quand c'est l'effort au travail qui est remis en question?
Parce que, si je résume bien ses propos, il a cloué des joueurs au banc parce qu'il recherchait avant tout des patineurs capables de lutter, de batailler pour chaque espace sur la surface de jeu.
C'est surtout ça qui est inquiétant...