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La chronique d'Yvon Pedneault

Une expérience inoubliable

Yvon Pedneault
19/09/2009 07h48 

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La chronique d'Yvon Pedneault - Une expérience inoubliable
 


Cette maudite guerre qui n'en finit plus. On a l'impression de vivre un autre Vietnam. Et, chaque semaine, un soldat canadien meurt.

Ils sont 131 à avoir perdu la vie.

Pourquoi le Canada participe-t-il à cette opération ? D'autant plus qu'on a l'impression que malgré tous les efforts des forces militaires campées dans ce pays, on fera tout de même chou blanc.

Pourquoi laisser nos troupes en Afghanistan ? Pourquoi les exposer ainsi à l'horreur ?

Guy Lafleur voit le conflit d'un autre oeil. Il voit la guerre en Afghanistan avec une plus grande ouverture parce qu'il arrive de là-bas. Il est allé visiter les troupes canadiennes. Pendant une semaine, pareballe bien attaché à la poitrine, il a vécu à leurs côtés, il a vécu leur quotidien. C'était son deuxième voyage, mais c'était une première expérience pour Patrice Brisebois qui accompagnait le Démon blond.

L'ex-champion marqueur de la Ligue nationale m'expliquait, hier ma-tin, que les forces armées ont accompli un travail colossal au fil des ans. Qu'on n'a aucune idée de ce que les militaires ont réussi comme tour de force. On perçoit mal ce conflit, dit-il. Il avait passé quelques jours chez les soldats canadiens en Afghanistan, en 2006. Ce qu'ils ont accompli au fil des dernières années est phénoménal, s'empresse-t-il d'ajouter.

Cependant, il admet que l'économie basée à plus de 50 % sur l'opium et la marijuana constitue un problème majeur.

Il ne faut pas croire que ces genslà sont des idiots. Ils vivent dans la confrontation depuis plus de 40 ans. Ils ont même réussi à chasser les Soviétiques du pays, il y a plusieurs années.

Raison de plus pour s'interroger sur la présence du Canada en Afghanistan.

DES RÉSULTATS CONCRETS

Lafleur assure que les efforts déployés dans ce pays vont mener à des résultats concrets. Déjà, il y a une amélioration au niveau de la qualité de vie. Des écoles ont été bâties, les gens peuvent maintenant vivre avec plus de liberté.

Mais 131 vies perdues...

Guy Lafleur laisse tomber un "je sais". Par contre, quand il jase avec les militaires, quand il partage avec eux leur passion, leur sens du devoir et le goût de la justice, il saisit rapidement pourquoi ils se sont enrôlés dans l'armée. Il a rencontré des soldats qui ont choisi les forces armées sur un coup de tête. D'autres ont décidé que l'armée était leur plan de carrière.

Entre deux matchs de hockey balle, alors que le mercure valse entre 35 et 45 degrés Celsius, il s'arrête à la cafétéria. Il visite les bunkers. Et il pose des questions.

Pourquoi ?

Parce qu'il s'agit de leur profession. C'est la réponse qu'on lui donne à la question : pourquoi prendre un tel risque ? Ils connaissent les enjeux et ils acceptent quotidiennement de partager leur boulot avec le danger. Au fil des conversations, on l'informe sur la façon dont les kamikazes se préparent pour les attaques. Les soldats lui mentionnent qu'ils peuvent difficilement flairer leur présence parce que les kamikazes se mêlent à la foule sans laisser voir des indices pouvant soulever des soupçons.

LES KAMIKAZES

On lui parle des ennuis qu'éprouvent présentement les militaires parce que les taliban améliorent leur arsenal. Aujourd'hui, lui a-t-on appris, les taliban utilisent des bombes créées à même le plastique. Or, avec leurs détecteurs de métal, ils ne peuvent plus déceler ces nouvelles bombes.

Guy Lafleur raconte tout ça en insistant sur le fait que les militaires subissent tous les jours un entrainement pour être prêts à défendre les droits de la personne. Ils se préparent pour la guerre. On leur enseigne comment se comporter face à tels ou tels événements. Mais, une fois sur le terrain, une fois embarqués dans la réalité, les consignes changent.

Cette guerre à laquelle ils se préparent n'offre jamais le même scénario que celle simulée dans les champs d'entrainement. Et pour une raison.

Quand tu débarques en Afghanistan, cette fois-ci, c'est pour vrai.

Mais, comme me l'expliquait "Flower", ils sont prêts pour ça. Ils se sont entrainés pour ça. Ils ont accepté de joindre les forces armées pour ça.

Guy Lafleur va retourner en Afghanistan. Possiblement à l'automne prochain. "C'est étrange, admet-il, dans mon cas, la peur ne m'a pas envahi. " En tous les cas, en aucun moment, il n'a pensé au danger qui le guette. Pas même quand une alerte générale a interrompu la discussion qu'il entretenait avec des militaires sur différents sujets. Il les a vus quitter le bunker en toute hâte parce qu'une bombe venait d'éclater pas très loin du camp.

Il veut y retourner pour appuyer les troupes canadiennes. Pour les encourager. Il veut y retourner pour partager de bons moments avec elles.

Et il a ressenti que les militaires apprécient au plus haut point sa présence.



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