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Chronique de Paul Rivard

Médaillé d'or de la sottise

24h
24/11/2012 16h36 
Chronique de Paul Rivard - Médaillé d'or de la sottise
 


Adam Van Koeverden a fait preuve d'un manque de jugement aux dimensions olympiques. Ce kayakiste réputé vient de prouver que le talent qui lui a permis de grimper 12 fois sur le podium, tant aux Jeux qu'aux Championnats du monde, ne lui garantissait pas le monopole du discernement.

Ainsi, les médias sociaux ont fait de nouvelles victimes, ce 24 novembre.

D'abord, ce quadruple médaillé olympique, fierté de son pays au cours des dix dernières années, a été victime de sa frustation chronique et, surtout d'une absence de bon sens en écrivant ce message fielleux.

Puis, de l'autre côté, les joueurs de football du Rouge et Or de l'Université Laval, champions canadiens, ainsi que les gens de cette institution et beaucoup de québécois sont les victimes d'une attaque aussi gratuite que stupide par le biais d'un court message sur Twitter.

«Je déteste Laval. J'ai été là une fois et j'ai vraiment détesté. Laval, vous puez! Je ne vous aime réellement pas. Rien de personnel, mais... », a-t-il débité, tout en concluant le message avec force termes orduriers.

Adam, l'éternel frustré

C'était à Londres, le 8 août dernier. Van Koeverden venait de mériter une médaille d'argent dans l'épreuve du 1000 mètres en kayak monoplace (K-1), sa quatrième médaille olympique en carrière, dans le cadre de trois J.O.

De passage pour l'incontournable fête des médaillés à la Maison du Canada, l'athlète s'est tout à coup lancé dans une diatribe où il se livrait à un vibrant plaidoyer pour ces sports dits «amateurs». Avec des reproches à peine voilés aux médias qui n'en ont que pour le hockey, le beau Adam avait notamment dit ceci :

«Je suis dévasté lorsque je vois des manchettes dans les journaux sur les échanges dans la Ligue nationale de hockey quand mes amis sont en compétition outre-mer. Je suis tanné de voir des manchettes sur la date limite des transactions pendant que des Canadiens talentueux se dévouent dans l'indifférence.»

De retour à l'hôtel vers 1h00 du matin, j'y retrouve tous mes collègues anglophones de l'Agence QMI. Je leur raconte la sortie du kayakiste et voilà l'éditorialiste torontois Steve Simmons qui me regarde avec un petit sourire en coin. «Il a dit ça ? Encore? Rien de nouveau, Paul, il dit ça tout le temps. Aucun intérêt!»

La nouvelle avait valu un article, au Québec, en raison du contexte. Mais pour ce qui est du reste du pays, il semble que nos amis du reste du pays avaient l'habitude d'entendre chiâler Van Koeverden. C'est donc sans surprise, mais avec une autre grande déception que j'ai vu passer cette pathétique démonstration de frustration de la part de l'Ontarien, samedi matin.

Piètres excuses

Sachez tout de même que, devant le tollé soulevé du côté Québécois, Van Koeverden a retiré son message et a présenté ses excuses par ce second message :

«Je suis désolé si j'ai insulté qui que ce soit. Je suis désolé pour mon choix de mots. Je ne faisais qu'encourager mon équipe à un match de football, rien de plus. Passez une bonne journée!» a-t-il écrit.

«RIEN DE PLUS» ??? Mais non... ce n'est pas «rien de plus». C'est trop facile de s'excuser en diminuant la responsabilité de son geste. Il aurait dû plutôt parler d'une pathétique crampe au cerveau. L'aura qui entoure une telle personnalité et la gloire qu'elle lui attire vient avec une énorme responsabilité. Le devoir de surveiller les gestes et les paroles. Car une statue de sa dimension peut rapidement être déboulonnée et tomber de ce piedestal si fragile.

Le président du Comité olympique canadien, Marcel Aubut était du nombre de ceux qui ont fait part de leur grande déception à Van Koeverden. Monsieur Aubut a par la suite salué les excuses de son olympien.

Bien du talent... peu de jugement

Le débat sera vite clos, dans le reste du Canada, compte tenu que cette formidable machine Rouge et Or vient embêter le reste du football universitaire canadien, année après année. Combien n'ont pas pensé ce que Van Koeverden a écrit à la face du pays.

Mais ici, je crois qu'on risque d'associer longtemps Van Koeverden à ce sot message, lancé sur Twitter, par un soir de frustration.

Sans rien lui retirer de sa superbe carrière d'Olympien, il semble qu'il soit ce type de personne qui auront toujours des raison de se plaindre, de dénigrer quelqu'un ou de se plaindre de quelque chose. Un frustré, un éternel insatisfait.

Ou, pour résumer, un être avec bien du talent, mais peu de jugement.




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