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Chronique de Paul Rivard

Série (non) mondiale

24h
24/10/2012 11h10 
Chronique de Paul Rivard - Série (non) mondiale
 


C'est ce temps de l'année où les feuilles tombent dans une partie de l'Amérique, mais où la fébrilité monte aux États-Unis et au Canada, à l'occasion de cette grande classique automnale du baseball.

D'entrée, rappelons que le baseball est un sport né au pays de l'Oncle Sam. Et qui dit États-Unis, dit «nombril du monde». Même si on en parle au sens figuré, il n'est pas surprenant que les Américains osent, sans la moindre gêne, appeler leur finale nationale «La Série mondiale». Mais il suffit d'y réfléchir quelques instants pour conclure que cette série est tout SAUF «mondiale».

Heureusement, depuis que des concessions ont été accordées au Canada et, qui plus est, que Toronto soit devenue en 1992 et 1993 la première équipe canadienne à enlever les grands honneurs, ce titre pompeux pouvait au moins couvrir deux pays du monde au lieu d'un seul. Mais tout de même...

Les origines du «monde»

On se perd en explications sur l'utilisation du qualificatif World dans cet événement qui fut longtemps et exclusivement étatsunien.

Avant le 20e siècle, cette grande finale se sera appelée successivement la Temple Cup et la Chronical-Telegraph Cup. Mais, selon le journaliste Simon Winchester, c'est un journal nommé New York World qui aurait commandité la grande finale, au début des années 1900, et qui serait à l'origine de l'appellation qui a cours, aujourd'hui encore.

Quand à l'autre mot, Series, c'est tout simplement l'équivalent anglais du mot français «série». Trop souvent, toutefois, il est traduit par «les Séries mondiales». À tort. En deux mots, l'événement ne se décline ni au pluriel... ni à l'échelle de la planète.

Et pourtant. Dieu sait qu'il serait temps qu'une véritable série mondiale voit le jour. Des équipes du Mexique, de la République Dominicaine, de Cuba, de Porto-Rico, du Vénézuela, du Japon, de Taïwan, de la Corée du Sud et du Canada pourraient au moins, à défaut d'aspirer à la victoire, démontrer que le «monde» du baseball n'est pas limité que par les frontières américaines.

Je vous l'accorde, les Américains s'en tireraient avec les grands honneurs pour quelques décennies encore, mais au moins, la grande finale serait vraiment mondiale.

Il y a bien une Classique mondiale du baseball, dont la troisième édition sera tenue en 2013. Même si elle est organisée conjointement avec le naseball majeur et son syndicat de joueurs, ainsi que par la Fédération internationale de baseball, ses matchs sont disputées pendant les camps d'entraînement du printemps. Vous devinez que le calibre n'est pas des plus relevés et que ses participants sont les laissés-pour-contre du baseball que l'on connaît.

Le terme a fait des petits

Autre note intéressante en terminant, le terme «World Series», après avoir été si longtemps associé au baseball, a été récupéré par plusieurs autres disciplines.

D'abord, toujours au baseball, il y a la Série mondiale des universités américaines puis des Petites Ligues (joueurs de 11 et 12 ans).

Et, au fil des ans, vous avez sûrement entendu parler de la Série mondiale du golf, du poker, du blackjack, des arts martiaux et même des fléchettes. Il y a même eu la Série mondiale du cricket... mais elle n'a pas duré longtemps.

Mais la plus inusitée des Séries mondiales doit bien être la Série mondiale de l'ornithologie. Une compétition où les participants obtiennent des points en repérant ou en entendant différentes espèces d'oiseaux. Et, à l'instar du monde du baseball, on accole l'épithète «mondiale» à une compétition qui se limite à une territoire beaucoup plus restreint que la planète, soit le... New Jersey !




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