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Chronique de Paul Rivard

Le ranch du hockey (2)

24h
Paul Rivard
12/10/2012 16h21 
Chronique de Paul Rivard - Le ranch du hockey (2)
 


Voici le troisième volet d'un débat que je ne pensais pas créer en écrivant ma chronique du 24 septembre dernier.

Alors, si vous venez de découvrir cet échange entre mon collègue Enrico Ciccone et moi-même, je vous suggère d'y aller chronologiquement en parcourant le premier volet, puis la réplique d'Enrico.

Cela étant dit, cher Enrico, je suis désolé que tu aies senti le besoin de «t'excuser au nom TVA Sports», auprès de ce joueur de hockey que tu n'as pas nommé. Tu n'avais d'ailleurs pas à t'excuser, car ce texte dont tu n'as pas apprécié le ton ne représentait que mon opinion, et non la tienne ou même celle de l'entreprise pour laquelle nous travaillons tous les deux.

N'oublie jamais ce message sous-jacent à chaque éditorial, tant à la télé, à la radio, dans le journal que sur Internet : «Les propos contenus dans ce texte ne reflètent pas l'opinion de la direction et n'engage que son auteur.» Ça m'inclut, ça t'inclut et ça inclut tous ceux et celles qui livrent leur opinion dans nos médias ou ceux de la compétition.

Comme tu l'as rapporté dans ton texte, j'ai «persisté et signé». En effet, car mes opinions sont toujours signées. C'est la base du journalisme, une base qui vaut son pesant d'or en cette époque où les courriels et médias sociaux permettent à trop de gens de se cacher sous des pseudonymes.

Point d'insulte, juste de l'humour

La conversation que nous avons eue au bureau était intéressante. Je n'en rapporterai pas tous les détails, mais je retiendrai ceci : à la fin de notre échange, tu comprenais la démarche de ma chronique, mais c'est finalement mon dernier paragraphe, de deux lignes et demie, qui t'a choqué.

«Mais comme ils sont payés très cher la livre, ces pur-sang devraient continuer de brouter l'herbe qu'on leur offre et de rentrer bien calmement à l'écurie, le soir venu. Et le ranch continuera de fonctionner de la bonne façon.»

Pour toi, je traitais les joueurs d'animaux. Ce n'est pas le cas.

Comme je te l'ai expliqué, et je l'explique ici aux lecteurs ainsi qu'à tout autre joueur de hockey pouvant être offusqué, cette fin de chronique est une conclusion légère et humoristique. Un clin d'œil.

Le reste de ma démarche tenait à peu près à ceci :

La comparaison de Jim Devellano, que j'encensais pour sa franchise, est une allégorie de l'entrepreneuriat sportif. Les propriétaires, dans le sport professionnel comme dans tout autre secteur de l'économie prennent des risques et investissent leur l'argent.

Ils sont donc responsables de leur opulence, s'ils gèrent bien, mais aussi de leur échec, s'ils gèrent mal où si la conjoncture économique leur est défavorable. Les SEULS responsables.

Même les patrons les plus sympathiques demeurent des patrons et ceux qui risquent. Quand des employés veulent gagner plus d'argent ou même demander un partage des revenus avec l'employeur, le patron a bien le droit de décider d'augmenter, ou pas, ses travailleurs. Et il a le droit de refuser d'ouvrir ses livres et de partager ses revenus avec ceux qu'il a embauchés. Aussi simple que ça.

Permets-moi de citer un passage de notre conversation. Comme je te le disais, mon expérience comme entrepreneur (producteur) m'a permis de goûter aux joies d'une entreprise qui rapportait de l'argent, mais aussi aux difficultés qu'entraînent de mauvaises décisions ou de mauvais investissements. J'étais le seul responsable.

J'ai toujours été humain avec les gens que ma compagnie embauchait et je ne les traitais pas comme des animaux, ils le confirmeront. Mais un gérant doit gérer et un travailleur doit travailler. Pour le reste, tant mieux si le tout se fait dans l'harmonie.

Même chose dans le sport : un propriétaire d'équipe possède et un joueur joue. Même si le second fait faire de l'argent au premier, c'est la loi du marché. Le joueur demeure un employé.

J'admire les joueurs et... les ex-joueurs

Ça me ramène à la conclusion de ma chronique. J'ai utilisé le mot «pur-sang» et non «bétail». Car c'est exactement ce que je pense des athlètes professionnels. Ce sont des pur-sang, des êtres d'exception et les meilleurs de leur discipline.

Je suis le premier à les applaudir et les encenser. Je suis un fan. Je suis aussi le premier à NE PAS critiquer les salaires exorbitants qu'ils reçoivent parce que je comprends que c'est l'offre et la demande, dans le sport-spectacle, qui ont créé ces montants. Ils le méritent amplement, dans ce contexte, comme des artistes de la chanson ou du cinéma méritent ces sommes astronomiques.

Une dernière note, Enrico.

Je ne suis pas le premier, ni le dernier à prendre le côté des propriétaires. Quant à toi, tu as un réflexe bien justifié de défendre les joueurs et c'est parfait comme ça.

Ton expérience dans la LNH comme joueur et agent de joueur fait de toi un intervenant hors pair lorsque vient le temps de commenter des situations. C'est pour ça que tu as une belle deuxième carrière à la télé, à trois émissions, 110%, la Zone et le Match, sur autant de réseaux. Des émissions dont l'ADN a toujours été les débats.

Et pour de bons débats, tu sais que ça prend des opinions diverses. Des opinions comme la tienne... et comme la mienne.

Sans rancune, collègue.




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