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Chronique de Paul Rivard

Ces Jeux qu'on ne voit pas

24h
Paul Rivard
03/08/2012 07h28 
Chronique de Paul Rivard - Ces Jeux qu'on ne voit pas
 


Les Jeux de Londres battent leur plein, dans la prestigieuse ville de Londres, depuis le 27 juillet.

Pas mal de soleil et pas trop de pluie dans ce pays que le cliché dit baigné par les ondées.

Oui, mais les compétitions Paul ? Quelles sont tes impressions ?

Euh… Je ne sais pas, je n'ai rien vu, ou presque.

Mis à part les compétitions de plongeons des Québécois, auquelles j'ai assisté, je n'ai rien vu. Rien, nada, niet, el zipo.

Pas même la cérémonie d'ouverture ? Eh non. Pas même la cérémonie d'ouverture, mis à part les discours, à la fin et le début de la prestation de Paul McCartney. Pour le reste, je me suis rattrapé sur Youtube, le lendemain, quand on m'a assaisonné de ces commentaires élogieux quelques fois, dithyrambiques d'autres fois. Mon coup de cœur restera la prestation de «Mister Bean», car pour une rare fois, on a su intégrer de l'humour et de l'auto-dérision britannique dans ces cérémonies habituellement traditionnelles. Spectaculaires toujours, mais traditionnelles.

Je sais, ça paraît bizarre et décevant de savoir que des reporters vont aux Jeux Olympiques mais qu'ils ne voient que très peu des compétitions. C'est que même si nous rapportons des résultats des Québécois en action, notre mandat est d'aller sur le terrain, réaliser des entrevues avec nos représentants et bien faire sentir cette atmosphère londonienne à nos concitoyens québécois. De temps en temps, en attendant une athlète dans une salle de presse, j'attrapais une des courses de Michael Phelps ou un bout de la consécration sur deux roues pour l'Anglais Bradley Wiggins. Le premier est devenu l'athlète le plus décoré de l'histoire olympique atteignant le cap des 20 médailles tandis que le second a la rare distinction d'avoir gagné le Tour de France et l'épreuve olympique dans un intervalle de 11 jours.

Je ne sais pas si je réaliserai mes deux (petits) rêves. Aller voir un match de tennis à Wimbledon ou une rencontre de basketball impliquant la Dream Team américaine qui, même si elle tue toute compétition, demeure une assurance de spectacle total.

Nos journées, dont la plus courte est d'une douzaine d'heures, sont caractérisées par de la recherche, des transits entre l'hôtel et le centre-ville, entre le bureau et les sites olympiques. Et des marches incessantes.

Découvrir une ville

Moi qui fait beaucoup d'exercice physique, je n'ai pas visité un gym ou effectué le moindre mètre à vélo. Mais je reviendrai au pays «top shape» comme on dit.

Seule consolation, ces déplacements incessants me permettent aussi de bien voir la ville. Pas toute évidemment, mais des points névralgiques ou incontournables qui sauront meubler mes souvenirs et un album de photos à jamais.

Bien sûr, Big Ben et le Parlement, c'est touristique. Le Pont de Londres et le Palais de Buckingham, c'est cliché. Picadilly Circus et Trafalgar Square, c'est pour les brochures. Mais comme c'est le cas avec Paris et sa Tour Eiffel, Barcelone et sa cathédrale Sagrada Familia, New York et son Empire State Building, je les regarde béatement en appréciant le fait d'être là. J'ai l'impression de me retrouver dans les films où ces constructions mythiques me sont apparues depuis l'enfance. Et je me trouve chanceux d'être là, simplement.

La routine des Jeux

J'ai eu le privilège de me retrouver cinq fois à des Jeux Olympiques, au cours de ma carrière.

Chacune des expériences me préparait pour la suivante et me permettait de mieux la vivre. Et ainsi de suite.

On sait maintenant que nous sommes un peu anxieux en arrivant dans une autre ville, certaines immenses. Il faut apprivoiser les lieux, les endroits où nous aurons à aller et travailler ainsi que les sites olympiques. Le système de transport en commun également. L'immense Séoul et la petite Nagano. La grande Barcelone n'est pas la mignonne Lillehammer. Calgary n'a rien à voir avec la prestigieuse Londres. Mais chaque fois, la cité dévoile ses charmes et la formidable capacité d'adaptation de l'être humain fait oublier en quelques jours les appréhensions.

Au retour, peu importe le niveau d'épuisement, on ne peut que remercier la vie de nous offrir de telles expériences.

De temps en temps, on retourne dans l'album photo et on se paie un beau retour en arrière.

Ces Jeux que je ne vois pas… mais cette ville que j'ai très bien vue. Et aimée.



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