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Chronique de Paul Rivard

Ultra violente LNH

24h
19/04/2012 11h56 
Chronique de Paul Rivard - Ultra violente LNH
Paul Rivard 


Chaque matin, je me lève et je découvre un nouveau hockeyeur tombé au combat. Victime d'un autre de ces coups violents qu'on s'était pourtant juré de faire disparaître.

Au lieu des gestes, ce sont les joueurs qui disparaissent.

Plus que jamais, dans ce printemps 2012 de la LNH, le terme «éliminatoires» comporte une deuxième signification. Comme dans «éliminer un être humain» en l'assommant. Et si possible, pour longtemps.

Car, pour éliminer une équipe, c'est toujours plus facile si on a d'abord écarté du chemin quelque-uns de ses meilleurs éléments.

La violence au hockey est pire que jamais.

Dénonciation générale

Pas très original, comme sujet, j'en conviens.

Un sujet qui tapisse journaux, pages web ou espaces télévisuels depuis plusieurs jours consécutifs. Car, déjà, vous aurez dû lire ou entendre les mêmes propos de la part des Réjean Tremblay, Marc DeFoy, Albert Ladouceur, Jean-Charles Lajoie, Ron Fournier, François Gagnon, Mathias Brunet, Dany Dubé, Jean Dion et la quinzaine d'autres commentateurs, ex-joueurs ou ex-entraîneurs qui participent aux émissions de débats sur les ondes de la télé ou de la radio.

Et pourtant, nous n'avons pas le choix de le relever.

Dès que le jour se lève, vous vous installez devant un de vos écrans, grands ou petits, et un nouveau grain s'est ajouté au chapelet de coups salauds exécutés par ces matamores sur patins. Au moment où vous parcourez cette chronique, elle est déjà un peu obsolète puisqu'il y manque ce qui a dû arriver quelques minutes, quelques heures auparavant.

Shanahan a bien changé

On croyait avoir atteint le fond du baril. Puis on croyait que les vagues de blessures graves et de carrières brisées avaient allumé une faible lueur de jugement dans la tête des athlètes et des dirigeants de ce circuit. Non.

On pensait que les arbitres ressortiraient leurs sifflets. Non.

On pensait que l'arrivée de Brendan Shanahan, comme préfet de discipline, avait sonné la fin de la récréation. Non. Après des débuts prometteurs et une nouvelle technique de vidéos explicatives, le bon Brendan s'est métamorphosé en un Colin Campbell de triste mémoire et livre des punitions gênantes, encore basées sur la réputation des joueurs. Les vedettes s'en sortent… seuls les gorilles passent à la moulinette.

Haut le coeur

Je n'ai pas vu tous les coups. À la blague, je pourrais ajouter que je n'ai pas le temps. Ces fous furieux agressent leurs adversaires plus vite qu'on n'a le temps de taper Youtube sur notre clavier d'ordinateur. Mais j'en ai vu suffisamment.

Je suis incapable de me sortir de la tête, le comportement sauvage d'un Shea Weber (Nashville) qui, après avoir frappé par derrière Henrik Zetterberg (Detroit), en a rajouté en empoignant sa tête pour en frapper la bande d'un geste quasi assassin. Une amende de 2500 $ pour Weber, pas de suspension.

Ça, c'est un exemple. Je pourrais en ajouter des tas, dont celui de Aaron Asham (Pittsburgh) ou le dernier en lice, dont a été victime Marian Hossa (Chicago), lorsque je me suis levé, ce mercredi matin.

Et, comme je l'écrivais plus haut, il y en a probablement eu un autre la nuit précédant le moment où vous aurez lu ceci ou toute autre chronique du genre, les rendant obsolètes jour après jour.

Les détails manqueront, le fond demeurera.

La LNH a perdu le contrôle, ses joueurs aussi (l'ont-ils déjà eu?).

Priez pour votre joueur favori. Pour sa carrière et… pour sa vie.




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