Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas, dans le cas des Canadiens de Montréal. Et dans mon cas aussi, forcément.
La semaine dernière, alors que le CH croupissait au fond du baril, j’ai fait remonter à la surface ces vieilles blagues qui viennent toujours hanter nos idoles quand ils sont en pleine traversée du désert. Tout ça appuyé par un sondage qui ne laissait pas de doute sur l’impatience du public devant le début de saison médiocre de ses favoris.
Quatre jours et trois victoires inespérées plus tard, envolées les blagues et oublié le sondage. Et me voilà, gros Jean comme devant, à refaire l’exercice.
Comme c’est (presque) toujours le cas dans de tels revirements de situation, les partisans ont retourné leur veste et se préparent à remettre les petits drapeaux à l’effigie des Canadiens sur leurs voitures. Jacques Martin n’est plus là à commenter les sondages négatifs ou son congédiement potentiel, mais discoure plutôt avec les scribes sur la possibilité, très ténue, de le voir porter la moustache au cours du prochain mois, dans le cadre du mouvement caritatif Movember. Oui… tout un changement.
À quoi s’attendre?
Le 4 novembre, retour à l’action après un inhabituel congé de cinq jours. Quelle équipe verrons-nous sur la glace, à Ottawa et au Madison Square Garden de NY? Puis ensuite? Cette bande hardie, menée par un gardien tellement solide qu’il a mérité le titre de joueur de la semaine dans la LNH? Ou un groupe désorganisé incapable de générer la moindre attaque constante et dont le jeu d’impuissance le place en tête d’un classement peu enviable? Et toujours mené par un gardien qui n’a pas grand-chose à se reprocher depuis le début de la saison… avouons-le. Qui? Le Tricolore ou «l’Incolore»?
Prudence. Trois victoires consécutives ne garantissent pas aux fervents amateurs de hockey que leur équipe va flirter avec les premiers échelons du classement, aux Fêtes.
Connaissez-vous l’expression: «Never get too high… never get too low», sorte de mantra pour les athlètes et, surtout pour les entraîneurs?
Je l’ai entendue pour la première fois dans la bouche du vénérable gérant des Expos, Felipe Alou. Ce sage mentor s’exprimait ainsi au moment où son équipe surfait sur une vague de succès et il visait à empêcher les médias tout comme les fans de partir en peur et d’être trop euphoriques. On comprend que la même recommandation s’avérait utile dans le cas des mauvaises passes.
«Faut pas trop s’exciter… faut pas trop se décourager», serait une traduction libre. «Respirez par le nez!» en serait l’équivalent adéquat dans notre langage coloré d’amateurs de sports.
Il y aura encore quelques phases de montagnes russes, cette saison. Les partisans et leurs objecteurs de conscience (nous, les journalistes) devront rester zen et attendre avril avant de sabrer le champagne ou de se déchirer chemise sur la place publique.
Mais je doute que quiconque suive cette prescription. On ne change pas du jour au lendemain.