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Chronique de Paul Rivard

Un bien louCHe gazouillis

24h Paul Rivard
02/06/2011 11h22 
Chronique de Paul Rivard - Un bien louCHe gazouillis
 


En vous livrant, la semaine dernière, une chronique sur la réalité «twittesque» des communications modernes, je ne croyais certes pas vous revenir sept jours plus tard avec un autre épisode sur ce média social et... viral.

J’écrivais qu’une des nouveautés positives pour l’amateur de sport – et nous, journalistes - était cette émergence des équipes et des organisations elles-mêmes sur le site de micro-bloggage.

L’exemple des Canadiens de Montréal est probant. Au lieu d’attendre un fax, comme dans l’antiquité, ou un courriel, les journalistes reçoivent les nouvelles du Tricolore sur Twitter. Voilà qui aurait pu surprendre de la part d’une organisation traditionnelle et, surtout, rigoureuse. Sauf qu’elle s’est adaptée à la réalité du 21e siècle.

Le 31 mai, toutefois, la majorité des journalistes ont affiché un sourcil dubitatif en voyant apparaître le gazouillis (tweet) suivant: «Selon plusieurs sources, Hal Gill serait près de signer un contrat d’une saison avec les Canadiens.» Ces «sources», c’était Bruce Garrioch, du Ottawa Sun, avec confirmation subséquente par Renaud Lavoie, de RDS.

Que les journalistes avancent des primeurs, peu importe les risques qu’ils feraient encourir à leur crédibilité (ou à celle de leur employeur), c’est une chose.

Que l’organisation sportive la plus prestigieuse du Québec utilise ce moyen, DE LA MÊME FAÇON que les médias, c’en est une autre et là, je ne suis plus sûr. D’ailleurs, je suis pas mal sûr que je ne suis plus sûr.

Un jeu dangereux pour le CH

Comment les Canadiens, utilisant l’outil favori des journalistes, le conditionnel, pouvaient-ils écrire que leur propre joueur «serait» sur le point de signer son contrat?

Voyons... ils doivent bien le savoir, s’il va signer, c’est LEUR joueur. Comment peuvent-ils jouer ce p’tit jeu-là alors qu’ils connaissent la réponse? C’est à en perdre son latin.

Après avoir fait le tour des quelques collègues, je me suis rendu compte à quel point ils étaient étonnés d’une telle démarche par le CH. Et il fallait voir la «twittosphère» québécoise s’emballer dans l’heure qui a suivi pour être confortés dans cette évaluation.

Si je me fais l’avocat du diable, je vous dirai que les comptes Twitter des équipes sportives visent d’abord et avant tout à renseigner leurs partisans et à les fidéliser.

À leur offrir une valeur ajoutée et les informer aussi rapidement que le sont les journalistes professionnels quant aux nouvelles concernant les joueurs. Soit.

Qui plus est, même si les médias adorent cette forme de communications des équipes, ils ne doivent pas oublier que Twitter est avant tout destiné aux fans. Tant mieux si les médias s’en servent.

Quand même... je demeure sceptique.

Peu importe l’époque, la mode ou autres innovations, la «marque» du CH doit être au-dessus de tout et éviter de fragiliser sa crédibilité. Les rumeurs et fausses nouvelles pleuvent littéralement, chaque jour, sur Twitter et le Tricolore ne peut pas et ne doit pas embarquer là-dedans.

Même si c’est fait professionnellement, même si c’est pour la bonne cause... celle de ses admirateurs.

Chaque fois que les Canadiens écrivent à propos de leurs joueurs, ça doit être au présent. Ça doit être officiel!



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