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Chronique de Paul Rivard

#*@¤!#$%?&* !!!

Canoe.ca  - Paul Rivard
17/10/2007 11h48 
Chronique de Paul Rivard - #*@¤!#$%?&* !!!
 


J’ai écrit cette chronique le lundi 15 octobre, en cette journée nationale du chialage. Je l’ai écrit en un temps record (45 minutes, relecture et correction comprises)

Pourquoi écrire là-dessus? Et si vite?

Pas pour chialer. Non. Mais parce que j’ai rarement été inspiré aussi rapidement et aussi clairement par un sujet.

Mais encore?...

Parce que c’est ce que je fais régulièrement, chialer. Même si j’aime mieux trouver d’autres termes, plus subtils, comme remettre en question, critiquer, désapprouver, reprocher, dénoncer. Ça fait moins «chialeux».

D’ailleurs, même s’ils ne l’avoueront pas, la grande majorité des chroniqueurs, traitant de sport ou pas, vont éventuellement produire 85 % de leurs chroniques par le biais de réflexions ou de propos teintés de négativisme. Qu’il s’agisse de situations navrantes qu’ils veulent décrier, de faits ou de gestes inacceptables ou simplement répréhensibles, d’occasions ratées ou de mauvaises prestations par nos athlètes, nos politiciens ou nos artistes, etc.

Certains n’oseront l’avouer mais c’est du chialage, à différents degrés. Appelons un chat, un chat.

Quelle trouvaille!

Ainsi, j’étais dans la voiture, revenant de ma séance d’entraînement du lundi, lorsque j’entends le présentateur, à la radio souligner le caractère très spécial de cette journée.

Sauf que… Qui a décrété que le 15 octobre était la journée nationale du chialage? Impossible de le savoir. Même mes «googleuses» recherches ne m’ont rien donné d’autre que 44 pages web dont les provenances était toutes reliées à Corus ou à sa station de nouvelles continues, Info-690, où j’avais entendu la chose.

Peu importe. Qu’elle soit officielle ou non, qu’elle ait été l’invention pure et simple de l’animateur, cette «célébration» et son annonce ont fait du chemin. Et que dire des mini-consultations de type vox-pop, recueillies par le biais de leur boîte vocale, alors qu’on demandait aux gens de chialer sur un sujet, en cette journée très spéciale.

Je me suis mis à sourire en pensant à la vitesse avec laquelle cette vague de chialage allait se répandre dans chaque résidence ou dans chaque entreprise, simplement par le biais d’une personne ayant entendu la nouvelle à la radio ou qui l’aurait entendue d’un conjoint, d’un ami ou d’une collègue.

Un coup génial de manifestation collective exponentielle qui rejoignait instantanément nos pulsions internes de gens frustrés, par tout et par rien, dans nos vies routinières.

Il fallait entendre ces messages, livrés sur la boîte vocale. Tout le monde y passait. Tous les sujets. Et alors… je me suis dit. «Cou’donc, ce n’est pas différent des autres journées». On a simplement donné un nom à cette pétarade de complaintes, c’est tout.

C’est alors que j’ai pensé au monde du sport.

Notre sport national

J’ai repassé en mémoire, du mieux que je pouvais, ces émissions des «Amateurs de Sports» et de «Bonsoir les Sportif» à l’autre station de radio de Corus, CKAC-Sports ainsi que les débats de 110 %, à TQS, et maintenant de la Zone, à la SRC. Les courriers du lecteur et les éditoriaux. Finalement, j’en conclus que c’est tous les jours, la journée nationale du chialage.

Car, essentiellement, c’est aussi notre sport national que de pester, grogner, houspiller, décrier, dénigrer, blâmer, «bitcher», réprouver, attaquer, discréditer, descendre, défaire, démolir, condamner, vilipender. Donc, conséquemment, chialer.

Car, comme client, nous en avons le droit (C’est d’ailleurs le seul droit qu’il nous reste après avoir payé le gros prix pour assister à aux prestations des athlètes grassement payés). Pour tant de gens dont la vie est soit, morne et sans éclat, ou qui se retrouvent à travers ces Dieux du Stade, le sport est un divertissement dans lequel, à défaut d’investir beaucoup d’argent, il s’investissent eux-mêmes. Tellement fort, que c’est comme si l’athlète ou l’équipe leur devait quelque chose. Alors quand ce n’est pas bon. On chiale.

Ça ne fait pas avancer le débat… mais c’est comme ça!

En conclusion, il me reste à vous faire remarquer ceci. La réaction des mêmes amateurs ou journalistes n’est-elle pas totalement à l’opposé lorsque leur formation favorite est dans une séquence positive?

On n’en voit plus clair et on leur prédit les grands honneurs. «Ça sent la Coupe!»; «Préparons la parade!». Alors, c’est ce qu’on baptise: la journée nationale de l’encensement.

Mais celle-là, vous en conviendrez, revient pas mal moins souvent, dans une année.



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