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Bertrand Raymond

Un boulet pour Carbonneau


28/04/2007 07h43 

On ne va quand même pas laisser un athlète, toujours le même, perturber notre été à tout moment.

Il me semble qu'on a fait le tour du jardin avec Alex Kovalev. On a déjà amplement fait écho à ses revendications et à ses jérémiades qui, dans certains cas, ont constitué une insulte à notre intelligence.

Ou ce gars-là ne comprend pas les véritables raisons qui ont incité son entraîneur à limiter son emploi du temps sur la glace, ou il se moque totalement de tout le monde. Retenez la seconde option.

Il est intelligent, Kovalev. Il semble avoir assimilé assez aisément le système capitaliste. En fait, il est allé à l'école de Vladimir Malakhov, qui a obligé le hockey professionnel à le payer pour se débarrasser de lui. Il regarde aller Alexei Yashin, à qui les Islanders pourraient verser jusqu'à 25 millions pour le sortir de Long Island, en se disant sans doute qu'il n'est pas plus fou que les deux autres.

Le truc est gros comme le Kremlin. Il jette tout le blâme sur le Canadien et sur son entraîneur en les accusant d'être responsables d'une saison misérable qui le prive actuellement d'une place dans l'équipe nationale de son pays en vue des championnats mondiaux. Bref, il continue d'exaspérer ses employeurs jusqu'à ce qu'ils baissent les bras et qu'ils acceptent de racheter son contrat.

Dans un tel cas, Kovalev serait assuré d'une somme de 1,5 million de dollars pour les quatre prochaines années. Il pourrait probablement aller chercher la même somme ailleurs par la suite. Les deux tiers des directeurs généraux de la Ligue nationale se diraient sans doute qu'un Kovalev, à un salaire annuel de 1,5 M$, ne constituerait pas un grand risque. Pourtant, c'en serait un encore.

La Sibérie de l'Amérique

En imputant tous les torts au Canadien, il irait empocher d'autres millions ailleurs en laissant planer un peu partout à travers la ligue que Montréal est la Sibérie de l'Amérique.

Pourtant, aucune ville, à part sa Togliatti natale peut-être, ne l'a placé plus haut sur le piédestal de l'adulation. Aucune ville ne lui a pardonné aussi facilement ses soirs de relâche.

Ailleurs, on l'aurait regardé se traîner les savates avec une certaine indifférence. Ici, on adore, on critique, on adresse des reproches, on crie, on chiale, puis on pardonne.

Pas dans la bonne ville

Dans le cadre de l'émission Au-dessus de la mêlée, jeudi soir, Mario Langlois a réalisé une entrevue avec un journaliste russe, Pavel Alendrovich, qui est aussi le biographe de cet athlète en disgrâce à Montréal.

On se serait adressé à son relationniste personnel qu'on n'y aurait vu aucune différence. Il a notamment cité le premier entraîneur de Kovalev, l'homme qui est responsable de ce qu'il est devenu comme joueur, Vladimir Yurzinov.

Kovalev est un joueur avec lequel il n'est pas facile de travailler, admet Yurzinov. Il faut sentir son âme. Il ne faut pas lui faire subir de pression. Il ne faut pas le confronter.

Une garderie avec ça?

Quand Bob Gainey lui a accordé 18 millions, ne croyait-il pas avoir sous la main un athlète aguerri que la pression n'affectait pas ? Si tout ça est vrai, Kovalev aurait dû savoir avant de signer ce contrat qu'il n'était pas dans la bonne ville.

Kovalev joue finement ses cartes en affirmant qu'il aime l'équipe et ses coéquipiers et qu'il ne désire pas quitter Montréal. Malgré tout, en plantant par deux fois l'organisation du Canadien à travers le monde et en écorchant chaque fois Guy Carbonneau au passage, il s'est placé habilement dans une situation de non-retour.

Si le Canadien lui montre la porte en lui versant 6 M$ de trop, vous pouvez parier qu'il va déclarer haut et fort qu'il était prêt à continuer à aider la cause de l'équipe. N'importe quoi pour polir son image.

On comprend l'attitude de Carbonneau à son endroit. Tous les entraîneurs aux prises avec des athlètes talentueux qui ne font rien pour les aider à gagner en viennent à les détester. Quand ils se remettent en marche, ils les aiment à nouveau.

Toutefois, entre Kovalev et Carbonneau, ça fait trop longtemps que ça dure. Le fossé est devenu beaucoup trop large entre eux pour qu'ils puissent s'entendre à nouveau un jour.

À l'heure limite des transactions, Gainey ne s'est pas porté au secours de son entraîneur.

Il se voit maintenant offrir une autre occasion de le faire en le libérant de ce boulet que Carbonneau traîne malgré lui dans ses plans de match.

Pendant combien de temps encore Gainey peut-il jongler avec la pomme pourrie qui va finir par contaminer tout le reste?

Heureux 60e anniversaire

L'une des plus illustres familles de hockey du Québec, qui a donné deux joueurs au Canadien, célèbre aujourd'hui, avec la discrétion qui l'a toujours caractérisée, le 60e anniversaire de mariage de Marie-Claire et Émile Bouchard.

On fêtera ce rare événement entre Bouchard, dans une salle de réception de l'immeuble habité par ce couple princier, pour reprendre l'expression de leur fils Jean.

Une fête toute simple, très familiale, qui réunira les cinq enfants et les sept petits-enfants de l'ancien capitaine et de sa toujours belle compagne des six dernières décennies.

Les Bouchard sont des gens charmants. La personnalité de leurs enfants nous en dit beaucoup sur l'éducation qu'ils ont reçue.

«Mon père a toujours été un homme respectueux. Quand il s'est marié, à 27 ans, il vouvoyait encore ma mère. Il a toujours été un homme d'une grande politesse», rappelle Pierre, l'aîné.

Les enfants de Marie-Claire et Émile se réjouissent de pouvoir encore célébrer un événement comme celui-là à leurs côtés. Dans le cas de l'ancien capitaine du Canadien, la santé tient le coup. Le coeur est fatigué, mais la tête reste solide.

À ce merveilleux couple, un heureux 60e anniversaire. On lève notre verre à votre bonheur et à votre santé.

Doan: c'est méprisant

C'était déjà insultant de constater que Hockey Canada n'a nullement tenu compte des commentaires désobligeants proférés par Shane Doan à l'endroit d'un quatuor d'officiels du Québec, mais d'apprendre qu'il est maintenant le capitaine de l'équipe nationale, c'est carrément méprisant et ça frise la provocation.

Doan n'a pas trop à se soucier du fait français au sein de l'équipe canadienne puisque l'unique Québécois retenu est Matthew Lombardi, qui est de souche anglophone, même s'il s'exprime parfaitement en français.

De toute façon, quand on s'appelle Matthew, on ne risque pas trop de se faire traiter de fucking frog.




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