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Hommage à Jean Béliveau

Une vie qui n'a pas été à l'abri des coups durs

Journal de Montréal Bertrand Raymond
Le Journal de Montréal
29/03/2007 09h55 
La générosité et l'esprit de famille de Jean Béliveau ont pris tout leur sens quand le mari de sa fille Hélène, un policier de carrière, a succombé au stress du métier.

Le choc a été terrible, pour elle d'abord et pour toute la famille.

«Quand quelqu'un a frappé à la porte pour m'apprendre la terrible nouvelle, j'ai cru mourir, raconte Élise Béliveau. Jean était en route vers le Forum. Je m'inquiétais pour lui. Comment allait-il encaisser un choc pareil ? À son arrivée au Forum, des policiers l'attendaient pour tout lui raconter.»

Elle affirme qu'ils n'ont jamais eu à ramasser leur fille à la petite cuillère. Comme son père, Hélène est renfermée et ne se livre pas facilement. Elle a traversé l'épreuve en absorbant la douleur au fond d'elle-même.»

Béliveau a tout pris sur lui en entourant de ses longs bras cette belle petite couvée que représentaient ses petites-filles Mylène et Magalie, respectivement âgées de cinq et trois ans. Le grand-papa est devenu leur père adoptif par la force des choses.

Il était l'homme idéal pour ce genre de situation. Il leur a dispensé une éducation familiale, de l'encouragement et de l'amour. Il n'a jamais cessé de veiller sur elles, aussi paternellement que financièrement.

«Il a été notre bouée de sauvetage, reconnaît Hélène. Personnellement, je ne me souviens pas des trois années qui ont suivi. Je refoulais constamment mes émotions. En surface, il fallait que je sois forte, mais quand j'étais seule, c'était autre chose.»

Hélène déclare avec une fierté évidente qu'elle a vécu une très belle relation père-fille. Son père, très accaparé par sa carrière, n'a pu profiter pleinement des 15 premières années de son existence, mais ils se sont bien repris depuis 35 ans.

«J'aurai 50 ans dans deux semaines, avoue-t-elle. Je suis heureuse de le dire parce que j'aime bien vieillir de la façon que je le fais. J'ai une belle vie. Plus ça va et plus je l'apprécie.»

Quand la maladie frappe

Les gens riches et célèbres connaissent leur part d'ennuis comme tout le monde. Les Béliveau n'y ont pas échappé.

À une autre occasion, la nouvelle a cogné dur quand Béliveau a appris qu'il avait une tumeur maligne à la gorge. Il était dans le cabinet du médecin avec Élise quand le verdict est tombé.

Il a été un long moment sans parler, se limitant à absorber les explications du spécialiste. Élise était dévastée.

«C'était comme si on s'était emparé d'une hache et qu'on m'avait sectionnée en deux, dit-elle. J'ai ressenti un très grand choc intérieur. Je voyais tout en noir. Puis, Jean a simplement dit au médecin: «Qu'est-ce qu'on fait maintenant?»

Dans la voiture, sur le chemin du retour, rien n'a été dit. Pendant deux jours, ce fut le silence total dans la maison. La mauvaise nouvelle continuait de ravager Béliveau. Le chagrin et la peur étouffaient sa femme.

«Comme il est un homme renfermé, il gardait ses émotions pour lui, dit-elle. Moi, j'avais seulement le goût de pleurer, mais je ne voulais pas le faire devant lui. Puis, un matin, on a pris la décision de se battre. On l'a fait ensemble.»

Son cancer est en rémission, ce qui n'étonne pas sa fille.

«J'étais sûr qu'il s'en sortirait, mentionne Hélène. C'est un trait de ma personnalité. J'avais peur, mais je ne voulais pas entretenir des pensées négatives.»

Outre le fait que le public connaissait l'existence de ce cancer, la façon avec laquelle les Béliveau ont traversé cette période difficile est demeurée relativement secrète.

«Dans la famille, on garde les choses pour nous, ajoute Hélène. On le ressent quand c'est le temps de se rapprocher. On le sent quand quelqu'un a besoin de réconfort.»




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