Il n'existe qu'une façon de régler l'épineux problème
des Coyotes de Phoenix et la solution
passe par le transfert de l'équipe.
Rien n'a évolué depuis que la LNH a acheté la faillite des
Coyotes. Depuis deux ans, en partenariat avec les 29 propriétaires,la ligue administre cette organisation moribonde. Ça
grogne dans les coulisses. Les propriétaires en ont assez de
financer une rivale alors qu'ils jonglent avec leurs budgets.
Le commissaire Gary Bettman s'entête à garder une
équipe dans le désert qui évolue devant des gradins vides.
Le message se voulait pourtant clair lorsque les Coyotes
n'ont pu bâtir sur les succès de foule qu'ils ont obtenus dans
les séries éliminatoires. La saison suivante, l'engouement
s'évaporait de nouveau.
Bettman s'entête à chercher un investisseur qui laissera
l'équipe en Arizona. Il veut prouver qu'il a raison au détriment
de son produit. Jusqu'à maintenant, toutes les négociations
entreprises par la LNH ont débouché dans un culde-
sac.
Ni Matthew Hulsizer, ni Jerry Reinsdorf, les acheteurs
potentiels les plus connus, n'ont réussi
à conclure une entente. Bill Daly, le bras
droit de Bettman, prétend toujours que
des groupes de l'Arizona démontrent de
l'intérêt. Il ramène sur le plateau Greg
Jamison, un ancien dirigeant des
Sharks de San Jose, et John Kaites, un
lobbyiste de l'Arizona.
Mais les véritables acheteurs se trouvent
à Québec ou dans des villes dont on
entend peu parler.
Irritation chez la mairesse
Bettman perd des appuis à Glendale. La mairesse Elain
Scruggs en a assez du comportement de Bettman; elle se
voulait sa plus précieuse alliée. La politicienne estime que
le commissaire exige un prix astronomique pour les
Coyotes qui ne reflète pas le marché actuel. La vente des
Blues de Saint-Louis (130 millions $ ) a été la goutte qui a
fait déborder le vase.
Bettman exige plus ou moins 170 millions pour les
Coyotes. Dans son dernier classement, le magazine Forbes
évaluait la franchise à 36 millions, ce qui représente la valeur
de l'équipe dans son environnement actuel.
Cette somme ne pourrait pas s'avérer le prix à payer. Si
tel était le cas, Pierre Karl Péladeau n'aurait qu'à fouiller
dans sa poche arrière.
« La vente de l'équipe ne relève pas de notre compétence,
mais de celle de la LNH, a commenté Mme Scruggs au quotidien
Arizona Republic. Nous ne sommes pas en contrôle de
la situation et, honnêtement, j'en ai assez que la ville de
Glendale soit accusée pour son incapacité à mener le dossier
de la vente à bon port. »
La mairesse ajoute que la LNH doit se réjouir en voyant
les médias mettre le blâme sur la ville, ce qui détourne l'attention
sur « le fait qu'elle n'accomplit pas son travail de
vendeur. »
Des appuis perdus
La LNH se trouve dans une situation particulière qui
l'avantage. Elle occupe le Jobing.com Arena, un amphithéâtre
municipal, qui perdrait davantage d'argent si les
Coyotes partaient en laissant 41 journées sans activité. La
Ville de Glendale a investi 50 millions au cours des deux dernières
saisons pour maintenir les opérations au Jobing.com
Arena. Elle versera un autre 25 millions si les Coyotes débutent
la saison 2012-2013 en Arizona.
Cette perspective déplaît à plusieurs élus du Conseil municipal.
Glendale supporte une dette de 1,1 milliard dont 40
% découle des sites d'entraînement des équipes de baseball,
de l'amphithéâtre et du Centre de congrès. Des conseillers
réclament des projets à long terme et non à court terme qui
permettront d'éponger cette dette.