Gentside Découverte

Voilà pourquoi il nous reste toujours de la place pour le dessert

Voilà pourquoi il nous reste toujours de la place pour le dessert

Et ce n'est pas un simple excès de gourmandise.Photo Gentside Découverte

C’est une vérité universelle, peu importe à quel point l’estomac est plein pendant un repas, il existera toujours une petite place pour le dessert. Un pur excès de gourmandise? Peut-être mais il y a une explication scientifique à cela et elle se cache au coeur même de notre organisme et notamment de notre cerveau, d'après les scientifiques.

Au cours de l'évolution, deux systèmes se sont mis en place au sein de notre organisme pour contrôler notre appétit. D'une part, les signaux chimiques produits par l'estomac et d'autre part, les centres du plaisir présents dans le cerveau. Normalement, ces deux systèmes co-existent et s'entendent pour nous faire comprendre que nous sommes pleins et que nous pouvons arrêter de manger. 

Sauf qu'il arrive que les deux systèmes se retrouvent déséquilibrés. Par exemple, quand nous avons affaire à des mets sucrés ou gras. Les signaux chimiques produits par l’estomac ne sont alors plus capables de surpasser les centres de plaisir du cerveau. «C'est ce qui se produit avec le dessert», a expliqué le Dr Nora Volkow, célèbre neuroscientifique américaine. 

«Il vous apporte un aliment qui peut passer outre les signaux de satiété, alors même si vous n’avez plus faim, vous le mangez pour le plaisir qu’il engendre», a poursuivi l'expert citée par le Daily Mail. En d'autres termes, face à votre petit péché mignon, bien que votre estomac vous indique qu'il est plein, les centres du plaisir de votre cerveau vont eux vous crier «Vas-y!».

Satiété contre plaisir

Les signaux chimiques provenant de l'estomac sont à l'origine de ce qu'on appelle la satiété. «Le sentiment de satiété, qui est une composante centrale du système, est déclenché lorsque l’estomac est étiré au-delà d’un certain seuil», a précisé lors d'une conférence tenue en 2012, le Dr Volkow, directrice du National Institute on Brug Abuse dans le Maryland.

«À ce moment-là, des signaux chimiques et neuronaux sont envoyés au cerveau lui donnant l’instruction d’arrêter de manger. Ce mécanisme a évolué au cours des centaines de milliers d’années d’évolution humaine et il nous a bien aidés dans un environnement qui n’était pas particulièrement riche en matière de nourriture, encore moins en aliments caloriques», a-t-elle poursuivi.

Le second système très complexe se trouve lui dans le cerveau même et contrôle notre motivation à manger et le plaisir que nous prenons dans cette action. Les deux systèmes sont ainsi constamment en train de communiquer entre eux afin de contrôler l’apport calorique et donc le poids. Le problème est qu'aujourd'hui, notre environnement a bien changé (pour la plupart).

Nous sommes entourés d’aliments sucrés ou gras qui ont la particularité de stimuler à outrance les centres du plaisir du cerveau. Une concurrence à laquelle les signaux provenant de l’estomac plein ont du mal à faire face. Néanmoins, ce n'est peut-être pas le même phénomène qui agit dans notre envie irrésistible de dessert.

Le rassasiement sensoriel spécifique

D'après certains scientifiques, un autre phénomène jouerait également: le «rassasiement sensoriel spécifique» (RSS). Concrètement, cette théorie suggère que le sentiment de rassasiement est étroitement lié aux sens et notamment au goût. Manger trop d'un aliment finirait ainsi par lasser l'organisme ce qui conduirait à la satiété.

En d'autres termes, trop de patates tuent la patate. Si vous apercevez tout à coup un autre aliment au goût bien différent, vous découvrirez que vous n'avez plus d'appétit pour finir vos patates par contre vous aurez soudainement de l'appétit pour vous jeter sur le fromage. «Nous pouvons en avoir assez d’une sorte d’aliment, mais avoir encore de l’appétit pour autre chose», a résumé le Guardian.

Selon une définition parue dans la revue Appetite: «Le concept de rassasiement sensoriel spécifique (RSS) décrit la diminution progressive, jusqu’au rassasiement, du plaisir tiré de la consommation d’un aliment déterminé alors que le plaisir lié à d’autres aliments présentant des caractéristiques sensorielles différentes n’est pas affecté».

Comme nous sommes omnivores, nous pouvons manger des aliments très variés. Ce mécanisme de RSS nous permettrait ainsi d’éviter de manger sans cesse notre nourriture préférée mais plutôt d'opter pour d'autres aliments contenant probablement d'autres nutriments indispensables à notre organisme, s'opposant alors à d'éventuelles carences.

Si vous ne parvenez jamais à résister à un dessert, maintenant vous savez pourquoi mais attention quand même à la suralimentation! Parfois, ça ne fait pas de mal de résister à son petit plaisir...

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