Dominique La Haye
Canoë

Un rapport fédéral conseille de taxer les boissons sucrées

Dominique La Haye

Les boissons sucrées devraient être taxées pour combattre la «crise de l'obésité» au pays, suggère un rapport sénatorial rendu public mardi.

Le document d'une cinquantaine de pages trace un portrait alarmant du phénomène grandissant, qui place le Canada au cinquième rang des pays industrialisés en matière d'obésité chez les adultes et au sixième rang chez les enfants.

Les États-Unis et le Mexique arrivent respectivement au premier et au deuxième rang, suivis de la Nouvelle-Zélande et de l'Australie.

Le rapport souligne que, depuis 1980, le taux d'obésité a doublé chez les adultes et triplé chez les enfants.

Cette obésité a un prix, indique le document, qui établit entre 4,6 milliards $ et 7,1 milliards $ les coûts en soins de santé et en perte de productivité.

Mais surtout, l'obésité fauche des vies, alors qu'entre 48 000 et 60 000 Canadiens meurent chaque année de maladies liées à un excès de poids.

21 recommandations

Après avoir entendu une soixantaine d'experts, entre février 2014 et juin 2015, les sénateurs membres du comité ont émis 21 recommandations au gouvernement fédéral.

Les sénateurs notent qu'au Mexique, l'ajout d'une taxe de 10 % sur les boissons sucrées a permis d'en réduire la consommation de 12 %.

«L'objectif n'est pas de générer plus de revenus, mais d'essayer de faire en sorte que les gens changent leurs habitudes et y pensent à deux fois avant d'acheter des boissons sucrées», a fait valoir le sénateur Art Eggleton.

Cette idée a immédiatement été critiquée par la Fédération canadienne des contribuables. «La seule chose que cette taxe sur le sucre va amincir, ce sont les portefeuilles des Canadiens», a réagi le porte-parole Aaron Wudrick.

Selon la Coalition québécoise sur la problématique du poids, une telle taxe permettrait au contraire d'envoyer un «signal clair» à la population que les boissons avec sucre ajouté ont des effets «néfastes» sur la santé.

Les sénateurs suggèrent en outre qu'une révision complète du Guide alimentaire canadien jugé désuet soit entreprise sans l'intervention du secteur agroalimentaire. Ils veulent aussi imposer l'étiquetage nutritionnel sur le devant de l'emballage, ainsi que sur les menus distribués et affichés dans les restaurants.

Dans le but de vaincre le fléau de l'obésité, le rapport presse par ailleurs Ottawa de lancer une campagne nationale de sensibilisation, de concert avec les provinces.

L'exemple du Québec

Le document propose également que le Canada prenne exemple sur le Québec, où la publicité destinée aux enfants est interdite en ce qui a trait aux aliments et aux boissons.

Une baisse de 13 % de la consommation d'aliments de type restauration rapide au Québec serait attribuable à cette mesure législative. C'est aussi dans cette province que le taux d'obésité chez les enfants âgés de 6 à 11 ans est le plus faible au pays et où plus de fruits et légumes sont consommés.

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