Valérie Chouinard
Agence QMI

Manque-t-il d'ambulances à Québec?

Manque-t-il d'ambulances à Québec?

Photo d'archives

Valérie Chouinard

Pour une troisième fois depuis jeudi, le syndicat des ambulanciers a fait une sortie pour dénoncer les délais trop longs d'intervention en raison, selon eux, d'un manque d'effectifs sur le territoire de Québec.

Le plus récent événement est survenu tôt dimanche matin. Vers 4 h10, les secours ont reçu un appel provenant d'une résidence du secteur de Beauport. Une femme dans la cinquantaine souffrait de problème respiratoire.

C'était une patiente des soins palliatifs. Une infirmière était sur place et pratiquait des manoeuvres de réanimation en attendant les paramédics.

Mais l'ambulance la plus près se trouvait dans le secteur de Lebourgneuf. Dix-sept minutes ont été nécessaires avant qu'elle se rendre sur place.

«Si (l'ambulance) était partie de Beauport, ça aurait pris 4 à 5 minutes maximum!» a témoigné le président de l'Association des travailleurs du préhospitalier, Frédéric Maheux.

La femme est finalement décédée d'un arrêt cardio-respiratoire dans l'ambulance, en direction du centre hospitalier.

«On ne pourra jamais dire que dû à l'attente, les gens sont décédés, on ne le saura jamais. Mais, par contre ce qu'on sait c'est que les chances de survie se sont beaucoup améliorées. Les soins sont administrés plus rapidement. Souvent, dans certains cas, chaque minute compte.»

Ce que le syndicat demande au gouvernement, c'est l'ajout de 10 véhicules sur une période de 24 heures.

«C'est pour être capable de combler les manques en ville», a ajouté un représentant des relations de travail pour la Fédération des employés du pré hospitalier du Québec, Jean-François Gagné.

C'est l'un des ambulanciers en service la nuit dernière, Samuel Légaré, qui a partagé l'histoire et sa frustration sur les médias sociaux.

«On met des gens en danger, et je trouve ça inacceptable qu'on n'ait pas encore eu réponse à cette demande régionale. On a besoin d'ambulances», a témoigné la porte-parole responsable de la Capitale-Nationale pour le Parti Québécois, Agnès Maltais, qui n'en est pas à sa première sortie aux côtés des ambulanciers ces derniers jours.

La Coalition avenir Québec s'est également rangée du côté du syndicat.

«Ça nous remet à l'esprit tout ce problème que l'on dénonce depuis longtemps, de ce manque d'ambulances dans la région de la Capitale-Nationale, dans la région de Chaudière-Appalaches. C'est malheureusement pas le premier cas que l'on entend», a rappelé la députée de la CAQ dans Louis-Hébert, Geneviève Guilbault. Elle faisait référence aux deux décès survenus la semaine dernière en 24 heures dans la région de Québec.

De la poudre aux yeux

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, croit plutôt que le syndicat veut inquiéter la population. Les paramédics sont en moyens de pression et sans contrat de travail depuis mars 2015.

«Il y a un an, nous étions dans la même situation et les choses allaient bien. Et soudainement, parce qu'on est en négociation, ça irait mal. Je n'y crois pas. Les ambulanciers et les paramédics font de l'excellent travail. Ils sont en négociation. Je tiens à rassurer la population: les services sont au rendez-vous en quantité et en qualité.»



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