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Des scientifiques ont trouvé la solution aux aisselles malodorantes

Des scientifiques ont trouvé la solution aux aisselles malodorantes

La transpiration excessive peut s'avérer plutôt handicapante au quotidien.Photo Gentside Découverte

La transpiration excessive peut s'avérer plutôt handicapante au quotidien. En particulier, lorsqu'elle est accompagnée d'odeurs pas toujours agréables. Mais des scientifiques de l'Université de Californie ont peut-être trouvé la solution pour lutter contre ce petit problème et ce, sans avoir recours à des produits chimiques.

Ils développent actuellement un produit composé de bactéries qui permettrait d'éliminer les odeurs sur le long-terme. Grâce à une étude clinique dont les résultats ont été présentés au Karolinska Dermatology Symposium à Stockholm en Suède le mois dernier, Chris Callewart et son équipe s’attaquent à présent à la sélection des bactéries qui composeront le «déodorant».

«C’est très cool et l’idée est bonne», a commenté pour The New Scientist Emma Allen-Vercoe de l’Université de Guelph en Ontario. «Certaines personnes souffrent d’odeurs corporelles qui peuvent vraiment être invivables».

Une étude sur des jumeaux

La peau est, comme les intestins et bien d’autres organes, tapissée d’une flore bactérienne. Ce ne sont pas des bactéries mauvaises, bien au contraire, elles vivent en symbiose sur et dans notre corps. Le microbiome de la peau varie en fonction des différentes zones. Ce sont ainsi les bactéries qui vivent au niveau des aisselles qui sont responsables de la production de composants volatiles libérant une odeur de transpiration.

Partis de ces connaissance, Chris Callewaert et son équipe ont mené une étude sur des jumeaux. L’un des deux présentait une mauvaise odeur tandis que l’autre non. Les scientifiques ont alors échangé les bactéries entre les deux. Pour cela, ils ont demandé au jumeau «sentant bon» de ne pas se laver pendant 4 jours afin que les bactéries, vivant en profondeur des aisselles, se développent et rejoignent la surface du corps.

Pendant ces mêmes jours, le frère «sentant mauvais» devait lui se laver quotidiennement les aisselles avec un savon anti-bactérien afin de préparer une surface vierge et accueillante pour les nouvelles bactéries. Chris Calleweart a ensuite récolté les peaux mortes contenant les «bonnes» bactéries du jumeau «sentant bon» puis les a tamponnées sur les aisselles du frère «sentant mauvais».

Ce dernier a vu ses odeurs corporelles rapidement disparaitre: «Les effets persistent depuis plus d’un an maintenant», a expliqué Callewaert «nous sommes très contents que ça fonctionne».

Des effets sur le long terme

Mais l’étude ne s’est pas arrêtée là. Les chercheurs ont décidé de répéter la procédure sur 18 autres binômes. Dans chaque cas, une personne «sentant bon» couplée avec une personne «sentant mauvais», généralement des membres proches.

Afin que l’étude soit scientifiquement valable, les chercheurs ont fait appel à un panel de 8 personnes chargées de juger l’odeur des personnes malodorantes avant et après chaque «transplantation». Résultat: sur les 18 binômes, 16 ont vu de nettes améliorations en à peine un mois.

La moitié du groupe a eu des effets sur le long terme, c’est-à -dire qui ont duré au moins 3 mois… Mieux que les déodorants 48 heures quand même. «Peut-être que la réponse est de changerleurs microbes avec ceux qui ne produisent pas ces composés volatils», a ajouté Emma Allen-Vercoe qui espère qu’une approche similaire pourrait être utile dans le traitement de certaines conditions cutanées, comme l’eczéma et le psoriasis.

Quelques astuces pour sentir bon

C'est grâce à ces essais que l’idée de créer un produit à base de bactéries est né. Chris Callewaert et ses collègues tentent à présent de trouver un mélange de bactéries qui pourraient être utilisés plutôt que de faire appel à un proche. «C’est encore très expérimental, mais je suis sûr que cela peut fonctionner», a-t-il affirmé.

En attendant de peut-être voir apparaitre le produit sur le marché, il existe d’autres moyens pour améliorer la flore bactérienne des aisselles. En effet, les microbes se nourrissent de lipides, composés qui incluent les graisses et les huiles donc il est possible d’essayer de limiter la consommation des aliments gras.

«Les gens qui mangent du fast-food et de la viande sentent plus mauvais, tandis que ceux qui se nourrissent de légumes sentent meilleur», a affirmé Callewaert. Se raser peut également aider, tout comme porter les bons vêtements. Lorsque nous portons des habits, nous transférons les bactéries sur le tissu et certains matériaux stimulent la croissance des bactéries associées aux mauvaises odeurs.

Le lavage des vêtements ne résout pas le problème. Le lavage contribue simplement à répandre les bactéries dans le contenu de la machine à laver. Le polyester en particulier est à éviter.

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