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Radiographies gratuites: «on s'en va direct dans le mur»

Offrir des radiographies gratuites dans des cliniques privées n'est pas la solution pour désengorger le réseau public, soutient le président de l'Association des radiologistes du Québec.

Depuis le 29 décembre, les cliniques de radiologie privées peuvent offrir des échographies gratuites. Toutefois, de nombreux bureaux refusent de prendre des rendez-vous, parce qu'ils sont en négociation avec le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

«Le problème de fond, c'est qu'il y a des listes d'attente qui sont très élevées dans notre système de santé, a dit en entrevue à LCN Vincent Oliva, président de l'Association des radiologistes du Québec. La solution proposée par le ministre n'est pas une bonne solution: avec cette gratuité qu'il annonce dans les cliniques privées, on s'en va directement dans le mur. Les radiologistes ne veulent pas être complices de la déroute du système de santé.»

M. Oliva se défend de mener une «guéguerre» au ministre et dit qu'ils veulent proposer des solutions.

«On aimerait en discuter avec lui, mais il refuse nos mains tendues et nous impose une solution», dit-t-il.

Pas la solution

Selon lui, les gens qui allaient au privé n'attendaient pas, parce qu'ils payaient. La nouvelle situation créerait un retard au privé aussi. Le spécialiste se dit en faveur de la gratuité, mais n'en démord pas: ce n'est pas la solution.

«Si vous mettez une gratuité mur à mur du jour au lendemain dans les cliniques de radiologie, ils vont attendre autant que dans le système hospitalier», souligne-t-il. «Il faut l'implanter de façon progressive, et surtout, il faut envoyer les patients dans le réseau hospitalier. C'est là qu'on est présents: 90 % des radiologistes sont présents dans ce réseau-là.»

Le radiologiste propose, entre autres, d'étendre les heures de service des départements de radiologie dans le réseau hospitalier pour faire baisser les listes d'attente.

Pour ce qui est des femmes qui attendent pour une mammographie, M. Oliva précise que ces cas sont prioritaires dans les hôpitaux.

«C'est là que devrait se faire l'investigation du sein, de toute façon, explique-t-il. Le privé offrait une petite soupape. L'endroit désigné pour investiguer ce genre de pathologies là, en dedans d'une semaine, c'est dans les hôpitaux.»



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