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Génome humain: plus de virus que prévu?

Génome humain: plus de virus que prévu?

Cela permettra peut-être à mieux comprendre l'évolution de l'humain.Photo Fotolia

Des chercheurs de l'Université du Michigan, aux États-Unis, ont identifié 19 nouveaux fragments d'ADN viral dissimulés dans le génome humain. L'avancée met en évidence l'influence conséquente que peuvent avoir certaines souches de virus d'un point de vue génétique et ce, dans la durée.

Les scientifiques pensent en effet que les morceaux d'ADN mis en évidence ont été laissés par des virus ayant infecté nos ancêtres, il y a quelques centaines de milliers d'années. Le nombre de ces portions connues, transmises de génération en génération, s'élève à ce jour et au regard de ces nouveaux résultats, à 36.

Pour parvenir à un tel constat, les chercheurs ont séquencé le matériel génétique de 2500 individus provenant du monde entier et l'ont comparé à l'aide d'un ensemble de techniques très sophistiquées au génome humain dit de «référence». Les résultats de cette analyse ont fait l'objet d'une publication dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

Dans le jargon des généticiens, les fragments d'ADN étrangers tels que ceux mis récemment en évidence sont appelés rétrovirus endogènes humains (HERV). À l'heure actuelle, on estime que 8 % du génome humain provient de virus. 

Des virus pas toujours inactifs

Ces séquences ont été à la base insérées à l'intérieur du matériel génétique de nos ancêtres par des virus infectieux. Elles ont ensuite été transmises au fil des générations et se retrouvent encore aujourd'hui dans notre génome.

«Ceci est le reste d'anciens évènements qui ne sont pas généralisés à l'ensemble de la population, mais qui sont survenus plutôt chez les ancêtres de certaines personnes vivant aujourd'hui», indique Jeffrey Kidd, de l'Université du Michigan. La présence de cet ADN viral est jusqu'ici considéré comme sans conséquence pathogène pour l'organisme et les virus sont inactifs, du moins pour la plupart.

«Il y a eu un certain nombre d'exemples d'autres HERV qui se sont insérés à côté de gènes humains et ont eu un impact sur leur expression». En effet, des recherches ont, par exemple, mis en évidence le rôle joué par un HERV dans l'apparition d'une couche de cellules qui protège le foetus durant la grossesse, des toxines présentes dans le sang de sa mère. 

Dans la nouvelle étude, les auteurs affirment que sur 2500 sujets, au moins 50 abritent au sein de leur matériel génétique les traces d'un ancien et mystérieux virus. Appartenant à la famille des HERV-K, il a été repéré intact sur le chromosome X des sujets. Une découverte qui pourrait ouvrir de nouvelles voies pour les chercheurs.

On ignore encore avec certitude si ce virus est capable de se reproduire ou de se répliquer chez les individus. «Celui a l'air d'être capable de produire des virus infectieux, ce qui pourrait être très excitant si c'est vrai car il nous permettrait d'étudier une épidémie virale qui est survenue il y a longtemps», indique dans un communiqué, John Coffin, virologue et principal auteur de l'étude.

Cette découverte pourrait également aider à mieux comprendre comment les rétrovirus et les humains ont évolué ensemble au cours des derniers millénaires. Les scientifiques espèrent maintenant poursuivre et étendre leurs travaux afin d'étudier la présence de cet ancien virus et voir si elle peut avoir des conséquences sur le génome et plus généralement la santé humaine.

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