Camille Gaïor
Agence QMI

Attentats de Bruxelles: l'effet de souffle dévastateur

Attentats de Bruxelles: l'effet de souffle dévastateur

Ce type de blessures doit être pris au sérieux.Photo Evan Lamos / AFP

Camille Gaïor

MONTRÉAL - La violence de l'explosion dans le métro de Bruxelles, un endroit exigu et clos, a causé une forte pression sur les organes internes des victimes, selon des médecins, qui préviennent du risque fatal de ces plaies pourtant invisibles.

«L'effet de souffle ou le changement de pression dû à une explosion dans un endroit clos peut causer des blessures qui ne sont pas nécessairement apparentes, prévient l'urgentologue Alain Vadeboncœur. Les organes internes qui contiennent de l'air comme les intestins ou les poumons peuvent se performer à cause de ce jeu de pression.»

Ce type de blessures doit être pris au sérieux selon lui, car les symptômes et les complications peuvent survenir jusqu'à plusieurs jours après les évènements.

«Les victimes actuelles sont décédées des complications immédiates, mais pour ceux qui ont des lésions internes, tout peut arriver», a-t-il ajouté.

Si ses pensées vont d'abord aux victimes, il rappelle que ces blessures non visibles compliquent l'évaluation des patients et donc le travail des ambulanciers.

«À Paris, par exemple, si quelqu'un a reçu une balle dans le ventre on sait où intervenir, alors que pour une explosion, à peu près tous les organes peuvent être touchés», a mentionné l'urgentologue.

«L'impact psychologique peut tuer»

En plus des blessures physiques, la psychologie des victimes est un élément essentiel à prendre en compte, rappelle Dr Nicolas Bergeron, président de Médecins du Monde et psychiatre au CHUM.

«Les troubles post-traumatiques combinés à un problème de santé mentale font augmenter le risque de suicide, l'impact psychologique peut tuer», a-t-il souligné.

Les premiers jours seraient d'ailleurs déterminants pour éviter aux victimes de développer des syndromes post-traumatiques. «Il faut les protéger immédiatement de tous les stresseurs additionnels, les rapprocher de leur famille et rapidement retrouver une routine, un certain calme», a-t-il précisé.

Plus de blessés

L'augmentation du nombre de victimes au fil des prochaines heures est très probable selon Pierre-Alain Clément de la Chaire Raoul-Dandurand à l'UQAM, puisque les attentats-suicides font en moyenne quatre fois plus de victimes que les attentats classiques, de type colis piégé ou arme automatique.

«Les kamikazes peuvent plonger au cœur de leur cible, sans se faire repérer, a expliqué M. Clément. La nature de l'arme [explosif dissimulé] faite aussi plus peur, les victimes se sentent impuissantes face à quelqu'un qui est prêt à s'exploser à n'importe quel moment.»

Aussi sur Canoe.ca:



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos