Catherine Bouchard
Agence QMI

Agonisant, il est abandonné par des ambulanciers

Agonisant, il est abandonné par des ambulanciers

Glenn Dumont souffrait de graves blessures.Photo Fotolia

Catherine Bouchard

Devant l'inaction d'ambulanciers de Québec, les membres d'une famille américaine ont assisté, impuissants, au décès d'un des leurs, à la suite d'un accident de motoneige dans le parc des Laurentides, rapporte la station de radio FM93.

Glenn Dumont souffrait de graves blessures après l'accident survenu le 2 mars dernier, à environ trois kilomètres de l'Étape.

M. Dumont, un résident du Maine, a été victime d'un violent face-à-face. Un homme de Québec, Martin Allaire, qui est rapidement arrivé sur les lieux a tenté d'aller chercher des secouristes, mais sans succès. «Ils m'ont demandé où était l'accident, j'ai dit à environ trois kilomètres. Je leur ai demandé s'ils étaient prêts. L'ambulancière a dit non, qu'ils ne pouvaient pas aller là», a raconté M. Allaire.

Le bon samaritain a proposé de leur prêter son équipement de motoneige, afin de les apporter vers le site de l'accident, mais il s'est buté à un second refus. «La réponse que j'ai reçue c'est '‘non, on ne va pas dans le bois, le patient doit se rendre ici''», a-t-il enchaîné.

Les ambulanciers ont remis des couvertures à M. Allaire et selon les propos rapportés, ce sont des services de secours de Stoneham qui devaient intervenir dans une telle situation.

Pendant ce temps, M. Dumont est tombé en arrêt cardio-respiratoire. «Les gens sur place lui ont fait le massage cardiaque pendant une grosse heure de temps», a-t-il expliqué.

Également sur place, Mathieu Gardner a tenté du mieux qu'il a pu d'aider M. Dumont ainsi que sa famille. «J'essayais de les rassurer, pour ne pas que l'on ait l'air d'une gang de broche à foin. Excuse, mais on avait l'air d'une république de bananes. On n'était même pas capable de secourir quelqu'un à deux kilomètres de là», a-t-il dénoncé en ondes.

«On a tout fait pour le ramener. Ce qui est le plus choquant, c'est que tu sais que quelqu'un, à côté de toi, décide de prendre son café assis dans l'ambulance, parce qu'il ne veut pas s'asseoir sur une motoneige», a pesté M. Gardner.

Selon Martin Bérubé, directeur adjoint à la Corporation des techniciens ambulanciers (CTAQ), «les paramédicaux n'ont pas le mandat d'intervenir ailleurs que sur les routes». Toujours sur les ondes du FM93, M. Bérubé a ajouté que «les paramédicaux sont régis par un protocole ministériel. Ils ont des obligations avant d'intervenir dans des voies non carrossables. On ne voudrait pas qu'ils deviennent victimes à leur tour en portant secours».

Ils doivent attendre des ressources spécialisées dans ce type d'évacuation.

La CTAQ a refusé de répondre aux questions du Journal de Québec.

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