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Zika: le pape ne dit pas non à la contraception

Zika: le pape ne dit pas non à la contraception

Le pape FrançoisPhoto Alessandro Di Meo / Reuters

L'avortement est un «crime», mais la contraception peut exceptionnellement être un moindre mal, a affirmé jeudi le pape François, interrogé sur les moyens de combattre l'épidémie Zika, dans l'avion qui le ramenait du Mexique.

«L'avortement n'est pas un mal mineur, c'est un crime», tandis qu'«éviter une grossesse n'est pas un mal absolu», a dit le pape François devant la presse, dans une allusion aux méthodes contraceptives.

Faisant bien la distinction entre avortement et contraception, il a ainsi rappelé que Paul VI, pape de 1963 à 1978, avait permis à des religieuses d'utiliser au Congo des contraceptifs parce qu'elles étaient violées par des militaires.

Ces cas exceptionnels ne remettent toutefois pas en cause la doctrine du Vatican, qui a toujours combattu l'avortement et la contraception, mais sans les mettre au même niveau de faute.

«Il ne faut confondre le mal qui consiste à éviter la grossesse avec l'avortement. L'avortement n'est pas un problème théologique. C'est un problème humain, médical. On tue une personne pour en sauver une autre. C'est un mal en soi, ce n'est pas un mal religieux, mais un mal humain», a-t-il argumenté.

«Au contraire, éviter la grossesse n'est pas un mal absolu, et, dans les cas de Paul VI que j'ai cités, c'était clair. J'exhorterais aussi les médecins à tout faire pour trouver des vaccins», a-t-il ajouté à propos de Zika.

L'ONU a demandé début février aux pays touchés par le virus Zika, soupçonné de provoquer des malformations congénitales, d'autoriser l'accès des femmes à la contraception et à l'avortement.

Le Haut commissariat aux droits de l'Homme a, en particulier, visé les États d'Amérique du Sud, dont beaucoup n'autorisent ni l'avortement, ni la pilule contraceptive, et qui ont conseillé aux femmes d'éviter de tomber enceintes à cause du risque posé par Zika. Cette recommandation divise particulièrement les gouvernements latino-américains, partagés pour certaine entre leur attachement à la doctrine catholique et leur volonté d'endiguer un problème de santé publique majeur.

Le représentant du Vatican aux Nations unies l'archevêque Bernardito Auza est intervenu mardi au siège de l'Onu pour rappeler que l'abstinence sexuelle était le meilleur moyen d'éviter la contamination.

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