Harold Gagné
Agence QMI

Accouchement quasi-fatal: elle poursuit pour 2 millions $

Harold Gagné

SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU - Une femme qui a frôlé la mort après son accouchement dans un hôpital de Saint-Jean-sur-Richelieu poursuit maintenant la direction de l'établissement de santé et deux médecins pour deux millions de dollars.

En avril 2012, Nancie Lapointe subit une césarienne à l'Hôpital du Haut-Richelieu. Sa fille Ève nait en bonne santé. Par contre, la mère se réveille avec des douleurs abdominales et se plaint d'avoir des nausées.

«J'ai le sentiment qu'on ne fait rien, qu'il ne se passe rien. Je cris, je cris, je cris», raconte-t-elle. Sa tension artérielle est très faible, elle est en état de choc.

Une infirmière, inquiète, demande à la Dre Nathalie Cyr, qui a pratiqué la césarienne, de venir au chevet de la patiente. L'infirmière écrit dans le dossier médical de Nancie Lapointe que «Dre Cyr est avisée que j'aimerais qu'elle vienne voir et examiner la patiente, elle me répond qu'on attend que la tension artérielle remonte, qu'il n'y a rien d'autre à faire présentement. Je l'avise que ça me rassurerait, elle ne veut pas venir.»

L'état de Nancie Lapointe continue de se détériorer. Un médecin des urgences lance un code bleu, entreprend des manœuvres de réanimation et note «que le docteur Cyr ne pense pas que la patiente souffre d'un saignement intra-abdominal. Elle suspecte plutôt une embolie pulmonaire.»

Selon la poursuite, le médecin des urgences prescrit négligemment de l'héparine, ce qui accroit davantage les saignements. Neuf heures après la césarienne, un examen de résonnance magnétique révèle la présence de 3,5 litres de sang dans son ventre.

Gérer les complications

La poursuite est engagée par l'avocat spécialisé Jean-Pierre Ménard.

«La complication arrive dans à peu près 1% des cas, mais il faut le gérer comme il faut. Les règles de l'art enseignent qu'il faut que le médecin vienne et qu'on découvre les sites de saignements», estime-t-il.

La Dre Cyr pratique finalement une hystérectomie abdominale. La patiente est ensuite transférée à l'hôpital Saint-Luc où ses artères utérines sont embolisées pour arrêter les saignements.

Nancie Lapointe se rappelle qu'elle est alors passée bien près d'y passer «Mon système au complet ne fonctionne plus bien, à tous les niveaux.»

Elle a subi une nécrose de la glande hypophysaire, qui est le chef d'orchestre de toutes les glandes du corps. Mme Lapointe a souffert d'insuffisance rénale, d'œdème pulmonaire, d'insuffisance du foie, des reins, de la glande thyroïde, des ovaires. Cela lui cause un diabète insipide, de la fatigue chronique, des troubles de la concentration. Elle était enseignante, mais elle est devenue inapte à tout emploi.

Dans sa poursuite, Mme Lapointe réclame plus de 2 millions de dollars aux deux médecins, de même qu'à la direction de l'hôpital, principalement en pertes salariales, de même que 30 000 dollars parce que la Dre Cyr n'aurait pas porté assistance à une personne en danger.

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