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«Ne vous couchez pas fâché», c'est prouvé!

«Ne vous couchez pas fâché», c'est prouvé!

L'étude n'a porté que sur des volontaires masculins.Photo Fotolia

Les souvenirs liés à des émotions négatives sont plus difficiles à oublier après une nuit de sommeil, montre une étude en neurosciences publiée mardi.

«Avec la consolidation (des souvenirs) qui a lieu pendant la nuit, de rapides changements se produisent dans l'organisation de la mémoire émotionnelle», qui font qu'une nuit suffit pour diminuer la capacité à supprimer des souvenirs non souhaités, explique cet article, publié dans la revue scientifique Nature Communications.

L'équipe de sept chercheurs, basés en Chine, aux États-Unis et au Royaume-Uni, a demandé à un groupe de 73 étudiants de sexe masculin de mémoriser des associations entre des paires d'images: des photos montrant un visage neutre d'une part et des images provoquant la répulsion d'autre part.

Ils leur ont ensuite montré de nouveau les photos de visages, en leur demandant d'éliminer volontairement le souvenir négatif qu'ils y avaient associé.

La même activité a ensuite été répétée le lendemain, avec d'autres images.

«Les résultats ont montré que les participants avaient plus de mal à supprimer les souvenirs négatifs après une nuit de sommeil», expliquent les auteurs.

Pendant l'expérience, ils ont mesuré l'activité du cerveau des participants. Cela leur a permis d'observer que «les circuits neuronaux impliqués dans l'élimination des souvenirs, initialement centrés sur l'hippocampe, sont ensuite devenus plus dispersés dans le cerveau, un changement qui semble être ce qui rend les souvenirs négatifs plus difficiles à supprimer».

Des études précédentes sur le contrôle cognitif avaient montré que les gens pouvaient éliminer des souvenirs de façon volontaire, mais on ne connaissait pas l'influence du sommeil sur cette capacité, a expliqué à l'AFP Yunzhe Liu, de l'Institut pour la recherche sur le cerveau de Pékin et en cours de thèse au Centre pour la neuroimagerie de la fondation Wellcome Trust, à Londres.

L'étude n'a porté que sur des volontaires masculins car «des différences entre les sexes ont été rapportées en matière de régulation des émotions et de contrôle cognitif», a précisé le chercheur.

«Cette étude suggère que le bon vieux conseil "Ne vous couchez jamais fâché" a un certain fondement. Il vaut mieux résoudre une dispute avant d'aller au lit», a ajouté Yunzhe Liu.

Ces résultats impliquent aussi «qu'il y a peut-être des raisons neurobiologiques qui expliquent la difficulté à éliminer des souvenirs et des émotions négatifs dans des cas de troubles affectifs» tels que le syndrome de stress post-traumatique, ajoute l'article.



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