Lise Giguère
Agence QMI

France: vignobles et châteaux au fil de l'eau

Une croisière fluviale sur la Garonne

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Lise Giguère

Dernière mise à jour: 12-09-2014 | 09h52

Les croisières fluviales font de plus en plus d'adeptes, et pas seulement auprès de ceux dont les tempes grisonnent...

Ce n'est cependant qu'en 2011 qu'un navire de CroisiEurope, le Princesse d'Aquitaine, a commencé à sillonner la Gironde, dévoilant pour la première fois les beautés du sud-ouest de la France par le biais de son grand fleuve.

L'accueil positif a aussitôt fait accourir deux concurrents (Viking et Uniworld) et a même obligé CroisiEurope à se doter d'un second navire, le Cyrano de Bergerac. C'est à bord de ce dernier, que nous avons pu, à notre tour, découvrir le «Patrimoine secret et insolite» de l'estuaire de la Gironde et de la Garonne.

Né de la rencontre de la Garonne et de la Dordogne, l'estuaire de la Gironde est le plus grand d'Europe. D'abord sillonné par les Vikings (9e siècle) qui pillent les bateaux de commerce transportant de l'étain ou du cuivre, il devient au 12e siècle la voie d'accès du roi d'Angleterre. C'est au même moment que le commerce explose. On y transporte du vin, des produits de la mer (morue, crevettes blanches, esturgeon) et des... esclaves. Eh oui, Bordeaux a été le deuxième port négrier de France.

Ces diverses activités font la fortune des marchands bordelais. L'architecture des vieux entrepôts et hangars, aujourd'hui reconvertis en appartements ou en restaurants, témoignent cette époque prospère. C'est juste en face de ces derniers, au Quai des Chartrons, que le Cyrano de Bergerac accueille la centaine de passagers qu'il va mener pendant six jours et cinq nuits à la découverte d'une partie de l'Aquitaine.

De découverte en découverte

Après l'accueil, la visite du navire, l'installation et le premier repas, les passagers se retrouvent sur le pont soleil pour admirer les rives de Bordeaux illuminés. Pour cette première nuit et pour les suivantes, le navire restera amarré aux différents quais prévus à l'itinéraire, permettant ainsi d'admirer les rives de la Gironde avec ses vignobles, ses marais, ses falaises, ses maisons troglodytes, ses cabanes de pêcheurs et ses châteaux.

Quand on atteint Pauillac, les passagers montent alors à bord de l'autocar qui les mène vers la Route des châteaux où sont réunis les vignobles de certaines des plus prestigieuses appellations du Médoc (Saint-Julien, Cordeillan-Bages, Haut-Médoc, Cos d'Estournel, Châteaux Lafite-Rothschild, Latour, Mouton Rothschild, Château Margaux, etc.). Bien que l'on fasse la visite de quelques châteaux, aucun arrêt n'est malheureusement prévu au musée Mouton Rothschild dans lequel sont exposés les étiquettes réalisées par des peintres de renom (Picasso, Miró, Cocteau et, plus près de nous Riopelle) aux côtés d'objets rares reliés au monde du vin.

Au Château Margaux, dont le vin est considéré comme l'un des meilleurs au monde, un court arrêt permet d'admirer de loin et de photographier ce château reconstruit à l'époque médiévale, dans lequel on produisait déjà du vin au temps des Romains

Sur le chemin du retour, la guide multiplie les anecdotes et se montre si enthousiaste que l'on en vient à se dire qu'il vaudrait la peine de revenir sur cette Route des châteaux afin de visiter les chais (caves) de toutes ces appellations dont les différents terroirs peuvent faire varier les prix entre 20 et 2000 euros la bouteille.

Au deuxième jour, le Cyrano de Bergerac est amarré au pied de l'imposante citadelle de Blaye que l'on visite avant de partir à la découverte de la Route de la corniche, qui longe la Dordogne et mène à l'endroit exact où cette dernière s'unit à la Garonne pour former l'estuaire de la Gironde. Un bref arrêt dans le village de Bourg plonge ensuite le groupe dans l'époque médiévale et nous rappelle la riche histoire de ce coin de pays.

Le jour suivant, nous remontons la Dordogne afin d'atteindre Libourne, où le navire s'amarre pour permettre une excursion à Saint-Émilion. Après avoir admiré le clocher de l'église monolithe qui servait de point de repère aux pèlerins qui faisaient route vers St-Jacques de Compostelle, nous entrons dans cette immense église souterraine, entièrement creusée dans le rocher calcaire, au 11e siècle. On se perd ensuite dans les petites rues pentues de cette cité médiévale, inscrite au Patrimoine de l'Unesco, dans laquelle de nombreuses boutiques invitent à apprendre les étapes de fabrication du vin et, bien entendu à le goûter. Qui peut dire non à un Saint-Émilion?

Pour chacune des excursions, d'excellents guides nous accompagnent. Passionnés et enthousiastes, ils multiplient les anecdotes. On nous raconte que la France a conquis l'Aquitaine parce que Talbot, le meilleur défenseur du roi d'Angleterre, avait abusé du vin nouveau. C'est à ce même roi que l'on doit la popularité des vins de Bordeaux parce qu'il avait pu en goûter dans un restaurant gastronomique qui coûtait 1000 $... au 17e siècle! Est-ce que ces histoires sont vraies? Auraient-elles été enjolivées avec quelques verres de vin? Qu'importe, elles font sourire et invitent à potasser l'histoire de l'Aquitaine.

C'est à Bordeaux, là où il a commencé, que prend fin ce périple. Cette fois-ci, les passagers y passeront la journée entière et la nuit. Ils auront droit à un tour guidé de cette ville, également classée au Patrimoine de l'Unesco, depuis que ses vieilles pierres calcaires (18e siècle), noircies par le temps, ont retrouvé leur lustre grâce au grand ménage ordonné par son maire Alain Juppé.

En soirée, à nouveau réunis sur le pont soleil pour un dernier verre, les passagers trinqueront en se remémorant les vignobles qui s'étendent à perte de vue, les appellations prestigieuses qui ont défilé devant leurs yeux, les villages aux rues pentues et étroites et toutes ces anecdotes historiques, désormais gravées dans leurs mémoires.



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