Noël végé, sans gluten, etc.: finie la dinde traditionnelle?

Noël

Cette année, on fait une croix sur la dinde traditionnelle?Photo Fotolia

Delphine Jung

Qui dit fêtes de fin d'année dit dindes, rôtis de porc farcis, cretons et même foie gras. Des plats que ne consomment pas les végétariens ou végétaliens. Les allergiques aussi, peuvent se retrouver face à des situations compliquées. Comment faire face alors au poids de la tradition que portent ces plats? Comment passer malgré tout de bonnes fêtes de fin d'année lorsqu'on a un régime alimentaire différent?

Le Noël en famille de Mikhail Kabacoubdzi n'est plus le même depuis deux ans. Avant, il mangeait comme tout le monde les plats typiques des Fêtes. Aujourd'hui, il est «végane». Il ne consomme donc plus de viande, de poisson, d'œufs ou encore de lait. Et ça complique un peu les choses.

Impossible évidemment d'imposer un plat que certains pourraient considérer comme «au rabais». On ne plaisante pas avec la dinde rôtie aux épices de grand-maman! Plutôt que d'imposer, il a donc décidé de faire découvrir. «J'ai amené mes plats véganes et tout le monde a pu les goûter. Ils ont découvert de nouvelles saveurs et se sont rendus compte qu'être végane, ce n'est pas forcément manger de la salade de quinoa».

Au menu: rôti de seitan (un aliment fabriqué à partir de protéine de blé) farci aux pommes de terre, canneberges, pommes et céleri, servi avec une sauce brune à base de champignons, cretons de lentilles et même tourtière aux choux fleur et pâté de «poulet» au soja texturé, pois et carotte. Mikhail Kabacoubdzi n'a pas chômé en cuisine.

 
 

«Manger végane ne veut plus dire forcément manger "grano".»

- Mikhail Kabacoubdzi

Certaines entreprises se sont même lancés dans le commerce des plats de fête traditionnels version végétale. L'association de défense de la cause animale belge Gaia par exemple, fondée il y a 25 ans, propose depuis quelques années ce qu'elle a baptisé du «faux gras». Une sorte de foie gras fait à base de levure alimentaire, d'amidon de pomme de terre, de truffes et de champagne. Le tout joliment emballé dans une conserve métallique imitant celles dans lesquelles on trouve le foie gras d'oie. Côté goût et texture, on n'est pas si loin. En tout cas, l'effet est plutôt réussi.

«Notre intention avec le faux gras est de véritablement proposer une alternative réelle et crédible au foie gras, 100 % respectueuse des animaux», a expliqué Ann De Greef, directrice de Gaia, ajoutant qu'en 2016, 26 tonnes de ce produit ont été vendues. «Nous avons vendu 185 000 boîtes en 2015 et 220 000 en 2016», précise encore Julien Richard, responsable communication chez Gaia.

À Montréal, Mikhail Kabacoubdzi, aussi directeur des ventes de l'épicerie végane Antidote Superalimentation, a décidé de proposer ses produits de Noël à la vente. «Il y a une demande qui augmente, surtout parce que désormais, manger végane ne veut plus dire forcément manger "grano", c'est aussi devenu synonyme de plats gourmands, goûteux et réconfortants», assure-t-il.

Un intérêt qui s'observe également dans les rayons des librairies ou les livres de recettes véganes et végétariennes pour Noël s'affichent. Noël végétal: recettes gourmandes et faciles d'Anna et Olivia Vigneron ou encore Joyeux Noël vegan de Marie Laforêt pour ne citer qu'eux.

Mais là encore, ces plats risquent de ne pas convenir à tous. Delphine Durand-Roy par exemple, en plus d'être végane, est allergique aux noix, arachides et certaines graines. Elle assure qu'«avec de telles restrictions alimentaires, c'est encore complexe pour moi de trouver des plats festifs à me préparer».

Un nouvel enjeu

Charlotte Ria, quant à elle, est allergique à la caséine depuis toujours et ne connaît pas le goût du cheddar. Conscient que les régimes «sans» (sans gluten, sans noix, sans lait, sans graines, etc.) sont un nouvel enjeu de société, elle a même cofondé un salon sur le sujet. «Pour sa première édition à Paris, nous avons accueilli 5 000 personnes sur trois jours, venus rencontrer les 75 exposants présents», explique-t-elle.

Pour elle, il est évident que les citoyens s'interrogent de plus en plus sur leur manière de consommer et souligne les nombreuses initiatives lancées par certains chefs et certaines marques. Noël semble alors moins compliqué: «Je trouve que l'offre actuelle de substituts est vraiment bonne aujourd'hui et ne cesse de s'agrandir», avance-t-elle.

À bas la dinde de Noël alors? Pas encore semblerait-il... «C'est une question de génération. L'esprit de Noël est encore très attaché à ces plats d'antan, mais je suis persuadée que d'ici 30 ans, cela aura changé et les modes de consommation seront encore totalement différents de ceux d'aujourd'hui», assure Charlotte Ria.

Tous, en tout cas, s'accordent à dire que c'est l'occasion de faire découvrir de nouveaux plats à sa famille. Parce qu'il n'y a pas que la dinde farcie dans la vie!

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