Les limites de l’hypersexualisation des jeunes sont
encore repoussées. Des compagnies ciblent maintenant
des bambins, en leur présentant des images de fillettes
sexy, aux lèvres pulpeuses et qui portent des chandails
bedaine.
Après les strings destinés aux
jeunes filles d’à peine neuf ans, la
mode sexy s’adresse maintenant à
des enfants de deux ans. Le film
Bratz Babyz, destiné à un public
de cet âge, présente des dessins
animés de très jeunes filles à l’allure
coquine.
Assises dans des sièges d’auto
pour enfant, elles portent des vêtements
qui laissent voir leur ventre,
ont de longues tignasses coiffées
comme les stars et portent des
bijoux et de longs cils. Elles tiennent
aussi d’une main un biberon
et de l’autre un cellulaire.
« Ce sont des bébés et ils portent
des couches », s’insurge Lilia
Goldfarb,chef des services de leadership
au YWCA, qui donnait
cette semaine une conférence lors
des journées professionnelles du
Centre jeunesse de Montréal.
« On cible les enfants dès la
naissance», dénonce-t-elle.«Les
gens ne se rendent pas compte
qu’on présente des choses comme
ça. On dirait qu’on ne les voit
plus», ajoute Mme Goldfarb.
Sexy inc.
Même si elles ont à peine deux
ans, les jeunes filles trempent déjà
dans la culture de l’hypersexualisation.
Il n’est donc pas étonnant
qu’en vieillissant les adolescentes
veulent à tout prix emprunter le
look ultrasexy des Pussycat Dolls
ou de Britney Spears, estime Lilia
Goldfarb.
Dans un documentaire intitulé
Sexy inc. et présenté au personnel
du Centre jeunesse, on souligne
que les jeunes filles sont soumises
à de plus en plus de pression pour
répondre aux standards des films
pornos.
« Le stéréotype chez les filles
c’est d’être ultra-féminines, sexy
et soucieuses de satisfaire l’homme
», explique Mme Goldfarb,
ajoutant que les adolescentes aspirent
à un rôle d’objet sexuel
décoratif.
Les marques
Comme elles n’ont de personnalité
que par leur apparence, les
adolescentes accordent une place
très importante à leurs vêtements.
«Si elles n’ont pas de
marques, elles ne sont personne »,
laisse tomber Lise Durocher, sexologue
au Centre jeunesse de
Montréal.
Lilia Goldfarb abonde dans le
même sens.«Je vois des filles qui
n’ont rien à manger, mais elles
portent des jeans de marque »,
dit-elle.
Le stéréotype chez les garçons
est tout le contraire. Il doit être un
joueur endurci, fort et avoir une
masculinité bâtie autour du harcèlement
sexuel.