Le corps d'une dame de 80 ans morte dans la solitude la plus totale, a été découvert par les pompiers hier matin dans une résidence de Pointe-Claire dans l'ouest de Montréal, semant la consternation chez les voisins et relançant le débat sur l'isolement des aînés.
«C'était une femme formidable, soupire Theresa Hubbard, voisine de la défunte. Ça faisait plusieurs jours qu'on ne la voyait pas sortir, on commençait vraiment à se demander ce qui se passait.»
Répondant à une alarme d'incendie vers trois heures dimanche matin, les pompiers ont découvert le cadavre de Rita St-Aubin derrière la porte de la chambre 804 de la résidence Edwin-Crawford.
La dépouille était dans un état de décomposition avancée. La mort pourrait avoir eu lieu il y a une semaine.
«Elle stationnait souvent sa voiture à côté de la mienne et on se parlait, se remémore Donald Power, surintendant de l'immeuble. Elle était très gentille. Ça faisait plusieurs années qu'elle habitait ici.»
«Nous allons longtemps la regretter», ajoute Theresa Hubbard.
Très pénible
Cette mort dans la solitude fait vivement réagir les résidents de l'endroit.
«Ici, beaucoup de gens sont toujours seuls, déplore Nick Boassaly, 71 ans. Nous, les personnes âgés, on souffre de ça.»
«Ça nous prend quelqu'un pour nous embrasser, nous dire qu'on est aimé,» ajoute-t-il avec un trémolo dans la voix. «Nous sommes constamment mis de côté. C'est pénible. Très pénible.»
Jeannine Corriveau, présidente du comité de loisir d'Edwin-Crawford qui organise justemment des activités sociales pour briser l'isolement des résidents, partage cette opinion.
«Tout le monde a le coeur gros aujourd'hui», dit-elle.
«Moi, ma famille vient me voir souvent. Mais il faut absolument que l'on aide toutes les personnes âgées qui n'ont personne pour prendre soin d'eux.»
La résidence Edwin-Crawford est une habitation à loyer modique (HLM) qui abrite environ 135 personnes âgées autonomes.