Se disant démuni devant les problèmes de violence conjugale et d'abus des femmes musulmanes de Montréal, un poste de quartier de la police de Montréal (SPVM) a demandé l'aide de Norah Shariff pour mieux comprendre et aider cette communauté.
C'est après avoir lu le livre choc de Norah Shariff que la sergente-détective Manon Gagné a décidé d'entrer en contact avec l'auteure.
«C'est l'enfer pour atteindre les femmes musulmanes, dit la policière du poste 37, sur le Plateau-Mont-Royal. Elles ont peur de nous approcher et leur communauté est très fermée. Elles ne savent même pas qu'on peut les aider.»
Dans Les Secrets de Norah, Mme Shariff revient sur l'enfer de sa jeunesse, quand elle vivait entre son père violent et les principes rigides de ses grands-parents.
Conseils de Norah Shariff
Manon Gagné a pensé que la jeune femme pourrait conseiller les agents du SPVM sur leur approche avec les musulmanes.
La policière a obtenu l'accord de son commandant, Alain Larivière, pour rencontrer Mme Shariff.
Ce dernier a été enchanté par cette idée, lui qui est aussi mandataire du dossier de la violence conjugale et intrafamiliale au SPVM.
«On a intérêt à ce que la communauté musulmane comprenne bien notre rôle et avec Mme Shariff, on pense que nos agents pourraient mieux comprendre ces gens», explique-t-il.
Éclairer la police
Norah Shariff a rapidement accepté de collaborer avec la police. Une rencontre entre les deux parties doit bientôt avoir lieu.
«C'est sûr que les musulmanes qui ont été violentées hésitent à appeler la police, elles ont honte, dit-elle. Plusieurs ne font pas confiance aux représentants de la loi, elles ignorent qu'elles peuvent être aidées.»
La jeune femme espère vraiment pouvoir faire une différence. «Quand elles vivent des difficultés, c'est dix fois pire pour elles d'en parler à la police, je veux aider à faire changer cela», dit-elle.