Yves Poirier
Agence QMI

Les débardeurs du Port de Montréal en colère

Les débardeurs du Port de Montréal en colère

Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin

Yves Poirier

L'entrée en vigueur de nouveaux horaires de travail avive les tensions entre les débardeurs du port de Montréal et leur employeur, a appris TVA Nouvelles.

Des centaines de travailleurs affiliés au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) ont appris jeudi dernier que de nouveaux horaires de travail seront bientôt en vigueur. Dimanche, ils se sont réunis dans une salle de réception de l'arrondissement Saint-Léonard, à Montréal, pour prendre connaissance des changements aux horaires qui surviennent au moment où s'amorce un processus de conciliation visant à renouveler la convention collective qui arrivera à échéance à la fin de l'année.

«Jeudi dernier, l'employeur a envoyé une lettre nous annonçant des modifications extraordinaires aux horaires de travail. Non seulement lundi, on va réduire le personnel, on modifie aussi leur horaire de travail. Les syndiqués avaient un horaire de travail où ils étaient en rotation pour permettre la productivité 24 h sur 24 h. Maintenant, il va y avoir des pauses dans la journée. Les gens qui s'arrangeaient avec leurs collègues travailleurs pour commencer à 8 h 20 au lieu de 7 h pour aller porter leur enfant à la garderie sont tous obligés à partir de demain matin de se pointer à 7 h. C'est un changement fondamental de leurs conditions de travail», a expliqué un conseiller syndical du SCFP, Michel Murray, à TVA Nouvelles.

Selon lui, les syndiqués sont en «furie» contre le port de Montréal. «On va prendre des recours contre l'employeur au Conseil canadien des relations industrielles», a assuré M. Murray, qui précise que les horaires imposés «n'ont jamais été utilisés par les compagnies maritimes au cours des 40 dernières années».

«On considère qu'en pleine négociation, c'est uniquement un geste de provocation de la part de l'employeur», a poursuivi le conseiller syndical.

12 congédiements

Par ailleurs, Michel Murray en a profité pour dénoncer vivement de nombreux congédiements chez ses membres.

«On est rendu à 12 congédiements jusqu'à maintenant et à 950 jours et plus depuis le début de l'année de mesures disciplinaires données à nos membres. Les débardeurs sont tannés de ce régime oppressif. Depuis cinq ans que le nouveau régime patronal en place, le nouveau régime de l'Association des employeurs maritimes, nous attaque. C'est le culte de la rapidité, de la productivité et de la domination. Les débardeurs ne se laisseront p¬¬as traîner comme des moutons à l'abattoir, le sourire aux lèvres, sans qu'il ne se passe rien. Si nous n'avons pas de contrat de travail d'ici la fin de l'année, nous aurons droit aux moyens de pression à partir du 1er janvier et c'est certain que nous allons les exercer si nous n'avons pas un contrat à la satisfaction de nos débardeurs», a martelé M. Murray.

Questionné par TVA Nouvelles sur le type de congédiements, M. Murray a qualifié certains d'entre eux de «niaiseries».

«Nous les débardeurs, on fait notre travail sur les quais. Or, les patrons, du haut de leur bureau de 12 pieds par 12 pieds, aussitôt que le débardeur lève le ton, d'un simple coup de crayon, ils congédient nos membres, ils chamboulent¬¬¬¬¬ la vie familiale, ils chamboulent la vie des enfants en disant on se reverra en arbitrage dans trois ans. Les congédiements, ça va de l'absentéisme à des niaiseries. Ils ont même congédié notre vice-président syndical actif qui a envoyé une lettre aux compagnies du Port de Montréal en leur disant qu'elles n'avaient pas fait de planifications, qu'on était dans un merdier total par rapport aux opérations et parce qu'il a envoyé cette lettre, notre vice-président du syndicat a été congédié», a raconté le conseiller syndical.



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