Andrée Martin
Agence QMI

«J'étais tellement sûre que tout allait bien», raconte une mère un an après avoir perdu son fils

«J'étais tellement sûre que tout allait bien», raconte une mère un an après avoir perdu son fils

Andrée Martin

Martine Brault a saisi l'occasion de la Journée mondiale de la prévention du suicide, lundi, pour parler de son fils, Patrick, qui s'est enlevé la vie le 6 septembre 2017. Il avait 20 ans. Mme Brault n'a jamais vu venir le drame.

«Patrick, oh mon Dieu... Pat... Au printemps avant qu'il se suicide je le regardais aller et j'étais tellement sûre que tout allait bien. Je me disais que j'ai réussi. Je n'ai pas besoin de m'inquiéter. Il s'en va en ingénierie, un jour il va se marier, il va faire des enfants...», a raconté Mme Brault.

Mais dans les faits, Patrick était dépressif. Dans les jours qui ont suivi son suicide, des amis du jeune homme ont confié à sa mère qu'il était dépressif, qu'il était triste depuis longtemps, qu'il pensait que les gens ne l'aimaient pas, qu'il ne trouverait jamais une femme. En somme, Patrick voyait le négatif dans tout. Ses amis n'ont pas su comment l'aider.

«Patrick ne s'est jamais confié à des adultes ou à des gens plus outillés en santé mentale, a expliqué Mme Brault. Il s'est seulement confié à ses amis, des amis qui n'ont jamais été outillés pour reconnaître les signes inquiétants. S'il te dit qu'il ne veut pas aller voir le psychologue, qu'est-ce que tu fais? Ils ne sont pas outillés. Mon gars n'a pas reconnu qu'il avait des signes de la dépression. Ses amis non plus. Et maintenant il est mort. Alors je me dis il faudrait outiller la population.»

Depuis le décès de son fils, Martine Brault fait de la prévention du suicide son cheval de bataille. Elle interpelle les élus. Elle demande au gouvernement de «mettre ses culottes» et croit qu'en cette période d'élection la population devrait demander aux politiciens ce qu'ils comptent faire pour diminuer le taux de suicide.

«Je veux que ça cesse, affirme Martine Brault. Au Québec, ça fait 40 ans qu'on a 1100 suicides par année. Et on ne fait rien. C'est comme si on avait un avion Dash 8 avec 50 personnes à bord qui s'écrasait sur le Québec à toutes les deux semaines depuis 40 ans. Est-ce qu'on aurait attendu autant d'écrasements avant d'agir? Non. Mais c'est ça qu'on fait avec le suicide.»

La gorge nouée, Martine Brault lance un ultime message aux personnes aux prises avec des idées noires.

«Il y a beaucoup de personnes suicidaires qui vont penser qu'on va être mieux sans eux, mais ce n'est pas vrai. Quand on perd notre enfant, notre conjoint, notre meilleur ami, tout le monde est un peu démoli par ça. Je ne souhaite pas ça à personne. J'aurais tellement voulu qu'il me parle parce que j'aurais tout fait pour l'aider. Il avait juste à demander. Il n'y a pas une journée que je n'y pense pas», a dit Mme Brault.



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