Michael Nguyen
Agence QMI

La justice doit se pencher sur les gens autoreprésentés, dit le juge en chef

La justice doit se pencher sur les gens autoreprésentés, dit le juge en chef

Photo d'archives

Michael Nguyen

La justice doit se pencher sur le phénomène grandissant des gens qui se représentent seuls, afin de réduire les délais, mais aussi pour maintenir la confiance du public envers le système, croit le juge en chef de la Cour supérieure.

« Les plaideurs non représentés sollicitent beaucoup plus de temps de cour et de ressources judiciaires en comparaison avec les parties [avec un avocat] », a expliqué le juge en chef Jacques R. Fournier lors d'une allocution ce jeudi au palais de justice de Montréal.

Le juge en chef s'adressait à la communauté juridique, dans le cadre de la rentrée judiciaire dans la métropole. Les juges en chef des autres tribunaux ont également fait des discours, ainsi que la ministre de la Justice Stéphanie Vallée.

Selon le juge Fournier, les gens qui se représentent seuls sont à risque de se perdre dans les méandres du système, souvent complexe pour les non initiés.

« Certains finiront par y laisser leur couple, leur travail ou leur santé », a-t-il dit.

Et une solution serait d'améliorer l'accès à l'aide juridique, a-t-il dit, citant une étude indiquant que pour chaque dollars investi dans ce service, le système pourrait économiser six fois plus d'argent.

« Même si l'économie était marginale, il demeure néanmoins que cela aurait un effet bénéfique indéniable », a-t-il dit.

Ces mots ont causé une salve d'applaudissements de la part des avocats de l'aide juridique, qui étaient en grève ce jeudi afin de réclamer la parité salariale avec les procureurs de la Couronne.

La juge en chef de la Cour du Québec Lucie Rondeau a de son côté affirmé que son tribunal va s'efforcer de se rapprocher des citoyens. Cela se traduira par de l'éducation juridique, que ce soit à travers des capsules web ou des vidéos sur YouTube, entre autres.

Elle souhaite également l'utilisation d'un langage clair, en comparaison avec tous les termes juridiques difficiles à comprendre pour les non-initiés.

La ministre de la Justice Stéphanie Vallée, qui quittera la vie politique après les élections provinciales, a de son côté vanté les accomplissements pour moderniser le système de justice, ainsi que l'ajout de ressources afin de passer au travers de la crise des délais judiciaires qui sévissait depuis des années.

Elle a également pris le temps de s'adresser aux avocats de l'aide juridique, sans convention collective depuis plus de trois ans.

« Je suis persuadée qu'on pourra en arriver à une entente, a-t-elle dit. Vous permettez un meilleur accès à la justice. »



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