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Québec: un fonds indépendant pour favoriser les reportages à l'étranger

Québec: un fonds indépendant pour favoriser les reportages à l'étranger

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Un fonds indépendant destiné à aider les journalistes québécois, salariés comme pigistes, à partir en reportage à l'étranger, présenté comme une première au Canada, a été lancé jeudi à Montréal lors d'une conférence de presse.

Le « Fonds québécois en journalisme international », doté d'un budget de 75 000 dollars canadiens pour sa première année, prévoit d'accorder des bourses allant de 500 à 9000 dollars à des journalistes basés dans la province francophone et proposant des reportages originaux à l'étranger, ont présenté les trois reporters à l'origine de ce projet.

« Avec la migration des revenus de la publicité vers les géants du web, les rédactions ont de moins en moins d'argent pour financer des reportages à l'étranger », a expliqué l'un d'eux, Guillaume Lavallée, journaliste à l'AFP d'origine québécoise. Les médias locaux, avec un marché restreint de huit millions de personnes, peinent selon lui à « rentabiliser » leurs reportages à l'étranger.

Ce fonds a été financé par plusieurs organisations privées et publiques, qui se sont engagées sur trois ans, ainsi que par des dons du public. Les bourses seront attribuées par un jury de trois journalistes expérimentés et couvriront uniquement les frais de reportage, a précisé Jean-Frédéric Légaré-Tremblay, ancien journaliste et chercheur à l'Université de Montréal.

Les médias québécois ne comptent qu'une dizaine de correspondants permanents à l'étranger, ont souligné les organisateurs.

En mai dernier, plusieurs syndicats de journalistes canadiens avaient écrit une lettre ouverte au premier ministre Justin Trudeau pour l'alerter sur la situation « catastrophique » des médias dans ce pays en raison de l'effondrement des revenus publicitaires face à la concurrence des géants de l'internet.

Entre 2007 et 2017, les journaux canadiens ont enregistré une baisse de 45 % de leurs revenus publicitaires. « Au Québec, c'est près de 50 % des emplois qui ont été perdus dans les médias écrits » à cause de cette crise, selon ces syndicats.



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