Christopher Nardi
Agence QMI

Le SCRS a mis fin à une enquête sur l'extrême droite quelques mois avant l'attentat de Québec

Le SCRS a mis fin à une enquête sur l'extrême droite quelques mois avant l'attentat de Québec

Photo d'archives Annie T. Roussel

Christopher Nardi

Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) a mis fin à une enquête sur les mouvements de l'extrême droite à peine quelques mois avant l'attentat à la mosquée de Québec, révèle un nouveau rapport.

«La fusillade qui a coûté la vie à six musulmans au début de l'année 2017 dans une mosquée de Québec a soulevé des questions concernant la façon dont le SCRS enquête sur un comportement extrémiste qui n'est pas lié à l'extrémisme islamiste», peut-on lire dans le rapport annuel du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS) publié mercredi.

Celui-ci nous apprend qu'au moins depuis 2012, le SCRS avait lancé une enquête sur l'extrémisme de droite au Canada et les risques potentiels pour la sécurité des Canadiens.

Or, en mars 2016, l'organisme a décidé de mettre fin au dossier, jugeant que tout était bien sous le contrôle des forces policières.

«À la suite d'un examen interne du SCRS qui a révélé que la majorité des activités rattachéesà extrémisme de droite se traduisaient par des activités licites de défense de causes, de protestation ou de manifestation de désaccords, ou s'y apparentait, le SCRS a jugé que le contexte actuel de la menace ne remplissait plus les critères déclencheurs d'enquêtes», écrivent les membres du CSARS au sujet de la fin de l'enquête en 2016.

Dix mois plus tard, en janvier 2017, Alexandre Bissonnette faisait irruption dans la mosquée de Québec et tuait six personnes à coups de balles.

Le SCRS a donc rouvert l'enquête, et le CSARS a indiqué qu'il continuerait à surveiller «la façon dont l'enquête du SCRS sur l'extrémisme de droite s'adaptera à tout changement du niveau de cette menace au Canada».

Toujours des données illégales

Malgré un jugement lapidaire de la Cour fédérale en 2016 qui révélait que le SCRS conservait des données privées sur des Canadiens illégalement, l'organisme ne se conforme toujours pas à la Loi, s'inquiète aussi le comité.

«Les politiques du SCRS en cequi a trait aux informations de tiers collectées en vertu d'un mandat et aux ensembles de données en masse établis sans mandat ne sont pas encore alignées sur la loi, telle que décrite dans la décision de la Cour fédérale. De plus, la capacité du SCRS à respecter ses engagements en matière d'élaboration de politiques rend le CSARS soucieux», peut-on lire dans le rapport.



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