Michel Bellemare
Agence QMI

Le conseil intervient pour calmer la grogne

Le conseil intervient pour calmer la grogne

Photo courtoisie, Musée des beaux-arts du Canada

Michel Bellemare

Le conseil d'administration du Musée des beaux-arts du Canada intervient pour calmer la grogne dans l'affaire du tableau de Chagall qu'il veut vendre pour faire l'achat d'une oeuvre ancienne, propriété de la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Québec.

Depuis que le directeur général du musée, Marc Mayer, a annoncé, plus tôt ce mois-ci, que son institution voulait acquérir le tableau «Saint Jérôme entendant les trompettes du Jugement dernier», réalisé à la fin des années 1770 par le peintre français Jacques-Louis David, avec les profits de la vente d'une oeuvre de Marc Chagall, «La tour Eiffel», les critiques fusent de toutes parts.

M. Mayer est notamment accusé de vouloir se départir à tort d'un tableau faisant partie du patrimoine national, en plus de vouloir priver le Québec et la ville de Québec, particulièrement, d'une pièce significative de son histoire. Le David avait été donné par des immigrantes françaises à la paroisse Notre-Dame de Québec dans la foulée du violent incendie qui avait détruit sa basilique et tout ce qui s'y trouvait en décembre 1922.

Lundi, M. Mayer, et la présidente du conseil d'administration du musée, Françoise Lyon, ont écrit dans une lettre conjointe que «le Musée a suivi les échanges sur cette question avec attention et a été sensible à la passion manifestée par les nombreux commentaires et lettres reçus».

«Notre offre n'a aucunement pour but d'empêcher les musées québécois d'acheter l'oeuvre, peut-on aussi lire dans la lettre. Nous ne nous engageons pas non plus dans une course aux enchères [...]. L'oeuvre a un lien historique avec le Québec et le Musée serait heureux qu'une stratégie de financement adéquate permette aux Québécois de réaliser leur souhait d'en devenir propriétaires.»

M. Mayer et Mme Lyon ajoutent toutefois qu'ils attendent «donc les résultats de ces démarches avant d'entamer d'autres processus en vue d'acquérir le tableau, tout en maintenant notre engagement pour le respect de l'intérêt national et la conservation de cette oeuvre d'art magnifique au Canada».

Ils expliquent par ailleurs que si le Musée des beaux-arts du Canada en devenait un jour le détenteur, «nous envisageons avec plaisir l'idée de mettre sur pied des ententes de prêts à long terme avec des musées du Québec».

Les deux musées québécois intéressés à acheter conjointement le saint Jérôme de David, soit le Musée de la civilisation à Québec, qui en est dépositaire, et le Musée des beaux-arts de Montréal, ont bien accueilli le message.

«Nous pouvons dire que nous sommes soulagés de constater ce changement de ton de la part du MBAC pour travailler en collégialité, a mentionné Nathalie Bondil, la directrice générale du musée montréalais. Nous remercions le conseil du MBAC pour son intervention.»

«Cela permet d'envisager ce dossier de manière plus posée et plus sereine », a ajouté le directeur général du Musée de la civilisation», Stéphan La Roche, ajoutant que son musée et celui de Mme Bondil «poursuivront leurs démarches dans un esprit de collégialité afin de trouver une solution pérenne».

Les deux musées québécois ont conjointement demandé à la ministre de la Culture du Québec de classer le tableau de David comme objet patrimonial et attendent encore une réponse.

Par ailleurs, le conseil d'administration du Musée des beaux-arts du Canada dit avoir réexaminé sa décision relative à «La tour Eiffel» de Marc Chagall «et procédera comme prévu à sa vente aux enchères le 15 mai».



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