Kathryne Lamontagne
Agence QMI

Le conjoint de Lise Thibault se vide le cœur

Kathryne Lamontagne

QUÉBEC - Émotif, en colère, l'accompagnateur (et conjoint) de Lise Thibault a sommé Québec Philanthrope de «préparer les chèques» pour acquitter les sommes réclamées à l'ex-lieutenante-gouverneure, critiquant au passage le travail des autorités, des juges et même de son avocat dans cette affaire.

C'est à un point de presse un peu hors de l'ordinaire auquel Réal Cloutier a convié la presse, jeudi matin. Armé de documents, il a tenté de démontrer que la Fondation Québec Philanthrope - qui gère le fonds Lise Thibault - n'avait d'autre choix que de payer certains des montants réclamés par la cour, autant au criminel qu'au civil.

Rappelons que Lise Thibault a été condamnée à 18 mois de prison après avoir plaidé coupable à des accusations d'abus de confiance et de fraude envers deux paliers de gouvernement. Elle doit rembourser 200 000 $ au fédéral et 100 000 $ au provincial. L'ex-représentante de la Reine est aussi poursuivie pour 92 000 $ au civil, par le gouvernement du Québec.

Ski assis

Affirmant mener «son propre combat» dans cette affaire, M. Cloutier prétend qu'il revient à Québec Philanthrope de payer pour les dépenses reliées au ski assis. Ces dernières sont réclamées par l'État, puisqu'elles ont été acquittées à l'époque par des fonds émanant du bureau de la lieutenante-gouverneure.

Il exige ainsi que soit émis un chèque de 83 628 $ au gouvernement du Québec pour couvrir les services d'un instructeur de ski assis et le salaire d'une employée de l'État qui a travaillé pour la Fondation Lise-Thibault. Il affirme que Mme Thibault a plein droit sur la manière de disposer des 272 000 $ qui dorment dans ce coffre.

Au fédéral, il a peiné à démontrer quelle partie des 200 000 $ réclamés pourrait être incluse dans les activités de la Fondation. «J'ai un tableau qui parle de 47 000 $ sur 200 000 $», a-t-il lancé, affirmant ne pas connaître les détails de la somme.

Amer

Amer envers le processus judiciaire, M. Cloutier a multiplié les élans verbaux, déblatérant, documents en main, sur les lacunes du procès. M. Cloutier a même affirmé avoir encouragé Mme Thibault à plaider coupable.

«Je lui ai dit: Lise, Lise, plaide coupable parce que tu vas mourir là, tabarouette. C'est la vérité, elle était plus capable. Il n'y a pas personne ici qui, à 76 ans, va être capable de vivre ce que cette femme-là va vivre», a-t-il expliqué.

M. Cloutier refuse de porter l'affaire en appel. L'homme affirme que Mme Thibault a tourné la page, elle qui écrit sa biographie et aide les détenues à lire et à écrire derrière les barreaux. Réal Cloutier entend tout de même poursuivre ses sorties médiatiques, une par semaine a-t-il mentionné, pour «dire toute la vérité».

Instances critiquées

Il a critiqué au passage le travail du juge Carol St-Cyr, qu'il a qualifié de «fatigué» pendant le procès au criminel. Il s'en est aussi pris au travail des avocats. «Les discussions de corridor, les négociations dans les bureaux et le flagornage en cour, je ne suis pas capable», a-t-il pesté.

Il a laissé entendre que le procureur de Mme Thibault, Me Marc Labelle, était intervenu «selon ses capacités».

«Il y a une différence entre défendre un Hells Angel accusé au criminel et défendre Lise Thibault», a-t-il commenté.

Celui qui milite pour un règlement à l'amiable dans les procédures civiles a aussi exhorté le juge en chef associé de la Cour supérieure, Robert Pidgeon, «que ça procède». Il a invité la juge responsable du dossier, Suzanne Hardy-Lemieux, à le contacter. «Qu'elle m'appelle, j'irai moi la rencontrer pour faire la démonstration», a-t-il conclu.

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