Éric Thibault
Agence QMI

Benjamin Hudon-Barbeau ne se dit plus coupable

Éric Thibault

SAINT-JÉRÔME - Deux mois après avoir plaidé coupable pour sa spectaculaire évasion en hélicoptère de la prison de Saint-Jérôme le 17 mars 2013, Benjamin Hudon-Barbeau a changé d'idée. Et il souhaite aussi maintenant subir un procès en anglais.

C'est ce que l'ex-sympathisant des Hells Angels ‎a annoncé lundi matin, au palais de justice de Saint-Jérôme, après avoir congédié l'avocat qui le représentait.

L'homme de 29 ans prétend que Me Francis Cloutier l'a mal conseillé en lui suggérant de plaider coupable, le 11 janvier dernier.

Il a fait savoir qu'il souhaitait avoir un procès en anglais, une requête étonnante puisque sa langue maternelle est le ‎français.

«Je comprends que ça peut avoir l'air comique, mais il y a des choses que je ne comprends plus», a-t-il dit dans le box des accusés.

Échange animé

Le juge Marc David‎ n'a pas semblé apprécier cette volte-face, n'y trouvant «rien de comique».

«Vous êtes votre pire ennemi dans la vie, lui a-t-il lancé. Vous avez enregistré un plaidoyer de culpabilité devant moi, le 11 janvier, qui était éclairé et sans équivoque. Je vous ai alors expliqué qu'il y aurait des conséquences à votre décision, soit une peine qui pourrait être importante. Et là, vous voulez vous représenter seul? C'est un suicide judiciaire! Vous feriez une grave erreur.»

«Je le sais que c'est imbécile et que je ne suis pas facile. Mais j'ai besoin de temps pour réfléchir. La Couronne a dit des choses sur moi qui n'ont pas de bon sens. Je n'ai plus confiance au système», a répondu Hudon-Barbeau, de façon décousue et un peu confuse.

Sur la glace

Le juge David n'a toutefois pas statué sur la requête du prévenu et a même refusé de considérer que Me Cloutier ne soit plus l'avocat de Hudon-Barbeau pour le moment. Ces derniers ont convenu de se rencontrer pour tenter d'aplanir le différend et le juge a reporté le débat à la mi-avril.

Si le conflit devait persister encore et que Hudon-Barbeau tient toujours à subir un procès le mois prochain, le juge lui a «fortement suggéré» de se trouver un nouvel avocat pour la suite des procédures.

«Vous savez que la poursuite demande que je vous déclare délinquant dangereux et qu'ainsi, il serait possible que vous passiez le reste de vos jours en prison?», lui a-t-il rappelé.

«Oui, a convenu Hudon-Barbeau. Mais ça fait trois ans qu'on me garde au trou et ma santé est en train de me lâcher.»

Le prisonnier est présentement au Centre de détention de Rivière-des-Prairies, dans un secteur d'isolement.

Le procureur de la poursuite, Me Steve Baribeau, a qualifié de «complètement frivole» le virage à 180 degrés de Hudon-Barbeau.

«Il ne faudrait pas que cela fasse en sorte de paralyser et faire déraper le dossier», a-t-il mentionné, lui qui devait faire témoigner un enquêteur de la SQ et un dirigeant des services correctionnels, lundi, dans le cadre ‎des représentations sur la peine.

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