Kathleen Frenette
Agence QMI

Une agente correctionnelle coupable d'entrave par amour

Une agente correctionnelle coupable d'entrave par amour

Annie Galibois s'est rendue au motel Le Jardin, situé sur le boulevard Hamel à Québec, pour y attendre son soupirant. Photo Archives / Agence QMI

Kathleen Frenette

QUÉBEC - Une ancienne agente de libération conditionnelle du Canada a été reconnue coupable vendredi, au palais de justice de Québec, d'avoir entravé le travail des policiers en mai 2014, lorsqu'elle s'est fait prendre au motel en compagnie d'un détenu avec qui elle a eu des «rapprochements amoureux».

Annie Galibois cumulait 14 années de service et elle travaillait à la maison de transition Marcel-Caron située dans le quartier Saint-Sauveur, lorsqu'elle a fixé un rendez-vous à Éric Arsenault (accusé en 2001 de complot dans le but de tuer son ex-conjointe) en raison «d'une attirance certaine, d'un intérêt et du désir de voir si cela allait fonctionner».

Le lendemain, comme prévu, Galibois - qui a payé une chambre 40 $ pour quatre heures de location - s'est rendue au motel Le Jardin du boulevard Hamel pour y attendre son soupirant, qui s'y est présenté une heure plus tard, soit vers 18 h.

«Il y a eu des discussions et des rapprochements physiques, puis, vers 19 h 10, on a cogné à la porte. Surpris, Éric a pris ses vêtements et il est allé dans la salle de bain, alors que, moi, je me suis mise présentable et j'ai ouvert», a raconté la femme de 46 ans qui, depuis les événements, travaille comme éducatrice.

Selon la version racontée par les policiers, Galibois aurait fait savoir qu'elle était seule lorsque les agents lui ont posé la question.

Dépassée par les événements

Dans le cadre de son procès, l'accusée, sans nier formellement la chose, a surtout admis qu'elle «ne se souvenait pas de la question posée» et elle a ajouté être «dépassée» par les événements depuis sa mise en accusation.

«Vous savez, je suis désillusionnée de voir comment on peut, en tant qu'agent de la paix, écrire des choses qui ne sont pas vraies dans un rapport. En aucun temps je n'ai voulu entraver leur travail et ce que je sens, c'est de l'acharnement», a-t-elle dit, avant de se faire ramener à l'ordre par le juge Hubert Couture.

Questionnée par son avocat, Me Rabih Habib, à savoir si elle connaissait le dossier d'Éric Arsenault ainsi que les conditions auxquelles il devait se soumettre, l'accusée a soutenu qu'elle avait «une idée», mais qu'elle ne «connaissait pas les conditions spécifiques».

Toutefois, en contre-interrogatoire, la poursuivante, Me Sonia Lapointe, lui a fait admettre que c'est par texto qu'elle avait transmis le numéro de la chambre à Arsenault.

«Il pouvait avoir un cellulaire?» a demandé la procureure. «Oui, oui, c'était permis dans ses conditions», a alors répondu tout de go Galibois.

Finalement, le juge a retenu que la femme avait des motifs pour mentir aux policiers, soit celui de se protéger elle-même ou encore de protéger son ami de cœur.

Au lendemain des événements, Annie Galibois avait démissionné de son poste parce qu'elle était «très consciente d'avoir contrevenu à son code d'éthique professionnel».

Elle reviendra en cour le 20 juin pour les représentations sur la peine. 

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