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Des agents de prison attaqués aux fluides corporels

Des agents de prison attaqués aux fluides corporels

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RENOUS, N.-B. - Des agents correctionnels canadiens dénoncent des gestes disgracieux pratiqués par certains détenus qui n'hésitent pas à lancer divers fluides corporels sur les gardiens.

Les agents s'inquiètent pour leur santé, d'autant que les fluides lancés ne se limitent pas à des crachats au visage.

«Ce que les détenus font, c'est qu'ils ramassent de l'urine, du sperme, des excréments, et quand un agent passe, ils leur lancent ça au visage», a expliqué à l'Agence QMI le conseiller en communications à la CSN, Dave Parent.

Les détenus visent la bouche des agents correctionnels, dans l'espoir qu'ils ingèrent les fluides.

Les agents se sont donné rendez-vous jeudi matin pour manifester devant l'établissement Atlantique à sécurité maximale de Renous, au Nouveau-Brunswick, pour dénoncer la situation.

Des gestes qui perdurent

Le Syndicat des agents correctionnels du Canada lutte contre ce phénomène depuis des années, mais la situation a pris de l'ampleur il y a quelques semaines à l'établissement Atlantique, en raison de la présence de quelques durs à cuire.

Les agents correctionnels, qui subissent ces attaques, ne peuvent pas savoir si les détenus sont atteints de maladies transmissibles ou mortelles, parce que leur dossier médical est confidentiel.

Selon le syndicat, cela occasionne aux agents un stress intense, qui peut durer plusieurs semaines, soit le temps nécessaire avant de connaître les résultats de tests médicaux confirmant qu'ils n'ont pas été infectés par une maladie.

«On voudrait que chaque détenu produise un échantillon de sang, mais ce n'est pas possible en raison de la Charte canadienne des droits et libertés», a expliqué M. Parent.

Travail sécuritaire Nouveau-Brunswick (TSNB), l'équivalent de la CSST au Québec, a rejeté toutes les réclamations déposées par les agents correctionnels, considérant qu'il ne s'agissait pas d'un accident de travail.

«On se fait dire que ces attaques font partie des conditions d'embauche. Dans une lettre au TSNB, un membre de la direction de l'établissement Atlantique affirme que ce genre d'attaque n'est pas couvert, car il est inhérent à notre travail», a dénoncé par communiqué le président du Syndicat des agents correctionnels de la région Atlantique, Doug White.

Le syndicat demande à Travail sécuritaire Nouveau-Brunswick de reconsidérer sa décision sur les réclamations. Il réclame aussi un plan d'action afin d'éviter ce genre d'agression à l'avenir.

Une problématique répandue

Le problème ne se limite pas qu'au Nouveau-Brunswick. Le même type de comportement est observé dans tous les établissements fédéraux.

«C'est fréquent. Il y a une animosité. Les détenus n'aiment pas les agents correctionnels, mais certains détenus poussent l'animosité jusqu'à lancer des liquides corporels», a affirmé M. Parent.

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